Dossiers — 31 octobre 2017
Halloween 2017 : Retour sur 10 films d’horreur

A l’occasion de la nuit d’, notre chroniqueur Aubin vous propose de revenir sur dix films d’horreur qui ont fait date, histoire d’agrémenter votre soirée du 31 octobre. Un classement garanti 100% subjectif (mais où est donc Massacre à la tronçonneuse ?) et, comme tous les goûts sont dans la nature, aussi hétéroclite que possible.

 

 

N°10 – The réalisé par Hideo Nakata (1997)

L’ambiance transmise est oppressante et malsaine, mettant le spectateur mal à l’aise, l’idée est brillante et le twist final inattendu et amoral. Chaque aficionado des films d’horreur connaît le postulat de départ de Ring, classique des films d’horreur japonais. Parodié dans Scary Movie, ce concept brillant fait naître la peur à travers un objet : un court-métrage basé sur le montage épileptique d’images horrifiques, conceptuelles, symboliques et surtout oppressantes, qui défilent sous le regard inquisiteur du spectateur. Cette cassette fait froid dans le dos et permet une bonne introduction aux événements à venir. Cependant Hideo Nakata ne parvient pas à maintenir la peur à un véritable état de crainte, le spectateur n’est pas vraiment bousculé, et une fois l’intérêt pour la cassette passé, les effets horrifiques tombent parfois à plat (malgré quelques images récurrentes et une omniprésence usuelle de l’objet). Ring se lance ensuite dans une histoire d’esprit classique dont le dénouement demeure cependant incertain. Après quelques péripéties communes du genre, Ring réserve une conclusion efficace. Un twist final inattendu, qui remet parfois en doute un scénario parfois brouillon, scénario plus explicite dans le remake de Gore Verbinski sorti en 2002. Quoi qu’il en soit, Ring trouve sa quintessence dans cet ultime plan, cette conclusion étonnante et amorale, représentative du cinéma asiatique : un art sombre, froid, minimaliste, catalytique et âpre.

 

 

N°9 – La Nuit des Morts-Vivants réalisé par George A Romero (1970)

Immense classique du cinéma horrifique, La Nuit des Morts-Vivants est le précurseur des films de zombies, une œuvre immémoriale qui a défini les codes du genre. Les films de zombies doivent tout à Romero, qui a défini l’horreur comme vecteur social. Il est le premier et surtout le meilleur pour parler de problèmes sociaux à travers ses films de zombies. Zombie (1978) était une plaidoirie sur la société de consommation, La Nuit des Morts-Vivants est une expression de l’inégalité raciale. Fait de bric et de broc, ce long-métrage est une œuvre ambitieuse malgré son budget totalement désuet. Les décors sont simples, l’ambiance froide et oppressante, et les zombies ont pris un petit coup de vieux mais restent des figures horrifiques légendaires, des ombres qui avancent inexorablement dans la nuit, à la recherche de chair fraîche.

 

 

N°8 – réalisé par (2015)

Un brillant film d’horreur qui allie parfaitement une ambiance oppressante, une histoire étonnante, une inquiétude omniprésente, des musiques psychés dérangeantes, et une esthétique renversante. It Follows est une œuvre intense et profonde, absolument grandiose. Paranoïa omniprésente, le cinéaste à la merveilleuse idée de créer un mal anodin, qui ressemble à n’importe quel passant. La bête, visible uniquement par la personne contaminée, ressemble à n’importe qui, ce qui accentue l’épouvante. Le danger est invisible, omnipotent, calme, une forme humaine lancinante et inquiétante. La performance de David Robert Mitchell est renversante, distillant une ambiance sublime, et crée une véritable allégorie des dommages des maladies sexuellement transmissibles. It Follows est intelligent et sort du carcan habituel des films horrifiques modernes. Un des meilleurs films d’horreur de ces dernières années.

 

 

N°7 – Evil Dead réalisé par Sam Raimi (1983)

Distillant une violence gore et impressionnante et une mélancolie réconfortante, ce Evil Dead, classique de l’épouvante, est une réussite qui tient pour son étonnant mélange d’ironie et de peur. Porté par des effets spéciaux en stop motion aujourd’hui kitsch, pourtant à la fois nostalgiques et impressionnants, le film de Raimi, plus de 30 ans après, continue de passionner et de surprendre, rappelant parfois le génie zombifilique de Romero. La particularité de Evil Dead c’est sa capacité à mélanger humour et horreur dans un joyeux et flippant grand huit horrifique et gore.

 

 

N°6 – Le Projet Blair Witch réalisé par Daniel Myrick et Eduardo Sanchez (1999)

Tourné camera à la main, Blair Witch est le film le plus rentable de l’histoire du cinéma. Avec son budget minuscule et ses moyens primaires, le film a explosé le box-office. Une caméra, une forêt et quelques adolescents et Blair Witch est né. Mentor du found foutage, style cinématographique devenu emblématique de l’horreur, nombreuses sont les œuvres qui ont marché dans les pas de Blair Witch, notamment REC, grande réussite du genre. Très oppressant, le film est fait lui aussi de bric et de broc. Pour autant, la peur est présente et profonde, reposant sur la suggestion. Daniel Myrick et Eduardo Sanchez ne dévoilent jamais rien, ne montrent jamais le danger, ne le matérialisent pas. La suggestion est toujours la meilleure partie des films d’horreur, en témoigne Les Dents de la Mer qui reste oppressant, mais seulement jusqu’à l’apparition du requin, qui a pris un sacré coup de vieux. Blair Witch repose entièrement sur ce principe de suggestion, jusqu’à son final, où, peut-être, la sorcière va apparaître ?

 

 

N°5 – réalisé par (2015)

The Visit remplit tout son cahier des charges. Une histoire intéressante, un fond sociétal pertinent sur le conditionnement des personnages âgées et l’internat des fous, des interprètes de qualité, une mise en scène réussie en tout point. Le côté formel du film atteint la perfection. Quant au côté horrifique, le réalisateur réserve des moments exceptionnellement inquiétants. La peur est pure, naturelle, et vigoureuse. On regrettera simplement le dénouement qui désacralise ce qu’a construit le film et qui fait baisser la tension par la fermeture de la porte sur le fantasmagorique qui flottait sur le long-métrage. Une épreuve effrayante et revigorante, dont les ressorts horrifiques sont terriblement flippants. The Visit est sans doute le film le plus flippant de ce top.

 

 

N°4 – Psychose réalisé par Alfred Hitchcock (1960)

La musique, aujourd’hui, culte, ne fait qu’appuyer le suspense et l’effroi que procure ce film. Les plans sont somptueux, les acteurs parfaits, la mise en scène et le scénario sans faille. Un immense classique qui presque 60 ans plus tard est toujours aussi bluffant, innovant et jamais égalé. De l’Art a l’état brut. La représentation parfaite du cinéma de Hitchcock, maître du suspense, qui crée des films crescendos. Psychose est la représentation parfaite de son cinéma, qui représente bien le souci du détail, et son perfectionnisme, a l’image de la scène de la douche qui a été tournée en une semaine et avec une dizaine de caméras. Une fin qui laisse sur le cul et un dernier plan des plus habiles. Hitchcock a réinventé encore une fois le cinéma et crée un long métrage des plus inquiétants, avec uniquement des éléments rationnels. Il venait de recréer la peur rationnelle au cinéma. Il offre à Perkins le rôle de sa vie, et signe un de ses plus grands chefs d’œuvres.

 

 

N°3 – L’Exorciste réalisé par (1974)

Un des plus grands classiques de l’histoire du cinéma horrifique. William Friedkin dresse le portrait d’un prête qui perd progressivement la foi, sollicité pour venir en aide à une petite fille possédée par un démon. Les effets horrifiques fonctionnent, et restent encore aujourd’hui oppressants, voir impressionnants. Telle la scène où Linda Blair descend les escaliers à l’envers, scène horrifique par excellence. Ce huis-clos oppressant est devenu un classique inégalé, qui a inspiré de nombreuses suites, remakes et parodies (Scary Movie 2, South Park). William Friedkin et son humour douteux nous réservent quelques répliques savoureuses tandis que la conclusion demeure définitivement sombre.

 

 

N°2 – réalisé par (1982)

Carpenter a créé un classique incontesté et instantané, une œuvre froide et profonde. Dans ce décor arctique, Kurt Russell doit affronter une menace invisible, un métamorphe qui peut prendre l’apparence de n’importe qui ou n’importe quoi. It Follows a repris ce phénomène de paranoïa, de ne pas savoir d’où vient le danger. En stop motion, le monstre est impressionnant, véritablement imposant. Une manifestation démoniaque, rebutante, et totalement culte.

 

 

N°1 – Alien le huitième passager réalisé par (1979)

Alien est certainement un des plus grands films d’horreur de tous les temps. Par son rythme parfait, son esthétique dark, le design de l’Alien qui atteint la perfection, tout droit sorti d’un cauchemar sexuel et malsain, l’œuvre de Ridley Scott est fédératrice. Un métrage immense, une pépite de la science-fiction moderne, anxiogène et fascinante, intrigante et oppressante, qui repose énormément, lui aussi, sur la suggestion, sur l’absence. La peur est distillée par l’absence du monstre à l’écran, sa présence pèse sur le film mais ses apparitions sont rares, ce qui crée une figure horrifique bluffante. Ridley Scott crée la peur par l’absence plutôt que par l’image. Parti pris qu’il a depuis laissé totalement tomber avec Prometheus et Alien Covenant.

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Auteur

Aubin Bouillé
Aubin Bouillé

Jeune étudiant en droit, je comble mon temps libre en écrivant des articles cinématographiques. Cinéphile dans l'âme, je suis un grand amateur de cinéma américain, ma jeune adolescence ayant été portée par Quentin Tarantino, David Fincher et les frères Coen. J'espère que mes papiers vous plairont et bonne visite sur Critique_Film :)

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