Critique : Silentium

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Allemagne : 2015
Titre original : –
Réalisation :
Scénario :
Acteurs : Prius Agreiter, Kornelia Kreidler, Walburga Wolf
Distribution :
Durée : 1h25
Genre : documentaire
Date de sortie : 1er novembre 2017

3/5

Originaire du Jura Souabe, l’écrivain et réalisateur allemand avait écrit un reportage sur le couvent de Habsthal lorsqu’il était écrivain en résidence dans la ville de Albstadt et le souvenir qu’il avait gardé de ce lieu l’a conduit à lui consacrer tout un film. Ce couvent, vieux de 750 ans, jadis très important, n’abrite plus en permanence que 4 moniales, un prêtre et 26 moutons.

Synopsis : Quatre religieuses, vingt-six moutons et un couvent. Loin de la civilisation moderne, au bord du Jura Souabe, les règles de Saint Benoit sont strictement respectées depuis des siècles par les sœurs de Notre-Dame. Leur vie est guidée par la prière et le travail. Mais la spiritualité et la tranquillité du couvent doivent se confronter à la vie moderne et à la laïcité.

Dans le silence d’un couvent

C’est dans un silence presque absolu, seulement brisé par des bruits de pas dans un couloir puis par le tintement d’une cloche, que nous introduit dans le couvent de Habsthal. Pendant toute la durée du film, nous allons partager le quotidien de quatre religieuses bénédictines et d’un prêtre qui vivent en permanence dans ce couvent, derniers survivants d’un passé florissant. Ce quotidien, respectueux des règles de Saint-Benoît, est fait de prières, de tâches diverses, de réunions permettant d’élaborer l’agenda de la semaine, d’offices religieux, de repas pris en commun, de lectures allant des textes sacrés à la presse quotidienne et aussi de jeux de société apportant leur part de gaieté et de rires : un couvent qui a un pied dans le retirement et la spiritualité, un pied dans l’ouverture et la gestion des affaires quotidiennes. C’est ainsi qu’il arrive que des visites du couvent soient organisées et les hôtes sont toujours bien accueillis. De temps en temps, une des sœurs s’exprime face à la caméra, sur son arrivée au couvent ou sur le travail qui l’occupe une grande partie de la journée. Kornelia, la mère supérieure, est la plus jeune des 4 moniales, la seule à ne pas porter de lunettes. Quant à la plus âgée, elle vit dans ce couvent depuis 66 ans.

Le manque de vocation

  a choisi de ne jamais intervenir vocalement dans son film. Il faut dire que, s’occupant déjà de l’image et du son, sa tâche était déjà suffisante. Autre choix : est un film en couleurs mais, la plupart du temps, on a l’impression de visionner un film en Noir et Blanc, avec une prédominance du blanc et du gris. Lorsqu’on entend parler d’une époque pas si lointaine où le couvent abritait près de 60 religieuses et lorsqu’on voit l’âge des 4 sœurs qui restent présentes, on prend conscience que le problème principal du couvent réside dans le manque de vocation chez les jeunes femmes d’aujourd’hui. Mais, comme le dit l’une des religieuses : « Je souhaite surtout que Dieu ne cesse jamais d’être loué dans notre couvent. Peu importe par qui, qu’ils soient laïcs ou autres, pourvu que ça continue ».

Conclusion

Aller partager, durant près d’une heure et demie, le quotidien de 4 moniales et d’un prêtre dans un couvent où règne le plus souvent un silence absolu peut apparaître, a priori, comme une tâche à la limite du supportable. Pourtant, lorsque le film se termine, on se dit que, quel que soit son degré de croyance religieuse, ce « voyage » peu commun valait la peine d’être vécu.

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