Damages, saison 5, épisode 2

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Elle est là. Enfin là ! La Damages des débuts. Dense et manipulatrice. Une série capable du juste équilibre : en donner assez pour la devinette, et bien trop peu pour être sûr d’avoir deviné. La recette – remise au goût du jour – du chef d’oeuvre de la saison 1. Attention, « paranoia is a strange thing ».

Difficile, pour la suite, de ne pas décevoir, quand la première saison d’une série met déjà la barre au sommet ; comme Damages l’avait fait. La critique aura été dure, fustigeant – à raisons – des douzaines d’épisodes qui échouent à reproduire le génie du mélange équilibré entre l’affaire Frobisher et la dynamique Patty/Ellen.

La deuxième saison se contentera de tirer sur la corde de la première. La troisième de construire une histoire de famille captivante. La quatrième d’approfondir la psychologie de ses héroïnes. Sans qu’aucune ne tourne à la catastrophe.

Une succession de relatifs échecs sérieusement mise à mal par la promesse d’un retour aux sources. Un vent d’optimisme souffle sur Damages.

Méfiez-vous des apparences

Cet été, Damages ouvre la piste. Les femmes mènent et vous danserez le twist. Le twist habile, celui qui réussit à tous les coups. Il est construit sur la longueur, de petits pas, parfaitement rythmé, et vous emmènera là où vous pensez aller ; pour toujours mieux vous surprendre.

A 8 épisodes de la fin, il est bien temps de la retenir, la leçon favorite des scénaristes de Damages. Depuis le premier épisode de la série, ils ne cessent de militer en sa faveur : les apparences sont trompeuses, méfiez-vous en.

Une morale qu’Ellen rapprend de la manière forte, remise au fait de la puissance d’une Patty qu’elle pensait pouvoir prendre à son propre jeu. Un excès de confiance particulièrement saisissant quand, face à son jeune client, elle ose prétendre savoir « comment Patty fonctionne » sans se tromper. Erreur. Patty réussit à corrompre Ellen, la culpabiliser et obtenir ce qu’elle veut.

Au bout du compte, c’est la débutante qui perd l’échange de coups sournois, dont la révélation finale – à la limite du poussif – pourra gêner les plus exigeants ; bien que Damages n’ait jamais misé sur le réalisme, et sans oublier qu’une connivence nous échappe peut-être. Car c’est bien le bras droit de Channing McClaren qui finit de convaincre Ellen de menacer le juge (de là à dire qu’il est du côté de Patty, il n’y a qu’un pas).

Un grand tour de passe-passe qui n’oublie pas de jouer de la réalisation : pour révéler le mensonge de Channing et finalement faire comprendre qui découvrira la supercherie. Lui qui est peut-être plus coupable qu’on ne le pense, alors qu’on prêtait déjà le meurtre du personnage de Jenna Elfman à l’inarrêtable Patty Hewes.

A suivre

Du sang neuf de poids, il en fallait depuis la mort de Tom, bras droit de Patty, ami d’Ellen, lien entre les deux femmes. Un rôle que Janet McTeer (vue aux côtés de Glenn Close dans Albert Nobbs) personnifie déjà avec brio, incarnant la nouvelle associée d’Ellen, embauchée pour ses anecdotes et son histoire avec une Patty Hewes qu’elle avoue « ne pas aimer ». Une grande femme qui, à n’en pas douter, sort de sa retraite avec son propre agenda en tête. Sa propre revanche ? A suivre.

Tandis que, du côté des vétérans, dans l’ombre de la grande avocate, Bill Herndon se dévoile peu à peu : efficace et sympathique, mais a priori sans abri, ni vêtements, ni consommation modérée d’alcool. Sera-t-il l’un des derniers hommes que Patty va sacrifier ? A suivre.

Alors que l’avenir, lui aussi, s’effeuille au rythme des flashforward. Patty appelle Ellen et serait innocente ; tandis qu’il est maintenant certain qu’Ellen a rencontré quelqu’un sur le toit, peut-être l’homme qui apparaît à la toute fin. Qui sait ? A suivre.

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