Biopic Critiques de films — 09 février 2016
Critique : Steve Jobs

Steve Jobs 2016 Oscar, Fassbender

Etats-Unis – 2016
Titre original : Steve Jobs
Réalisateur :
Scénario :
Acteurs : , ,
Distribution : Universal Pictures International France
Durée : 2h 02
Genre : Biopic, Drame
Date de sortie : 3 février 2016

Note : 4,5/5

Trois ans après Jobs, le premier biopic sur le gourou d’Apple (décédé en 2011) interprété par Ashton Kutcher, le film Steve Jobs sort le 3 février 2016. Une chose est certaine, Steve Jobs dispose de sérieux atouts avec un réalisateur talentueux, Danny Boyle (Trainspotting, Slumdog Millionaire), un scénario écrit par le génie Aaron Sorkin (Le Stratège, The Social Network) et disposant d’un casting bien supérieur à son concurrent (Michael Fassbender, Kate Winslet, Seth Rogen).

Synopsis : Dans les coulisses, quelques instants avant le lancement de trois produits emblématiques ayant ponctué la carrière de Steve Jobs, du Macintosh en 1984 à l’iMac en 1998, le film nous entraîne dans les rouages de la révolution numérique pour dresser un portrait intime de l’homme de génie qui y a tenu une place centrale.

Steve Jobs Michael Fassbender

Un trio époustouflant

Depuis la mort de Steve Jobs en 2011, plusieurs projets sur le parcours de l’homme d’affaires ont été portés à l’écran, aussi bien des documentaires (comme l’excellent Steve Jobs: The Man in the Machine d’Alex Gibney) que des fictions (Jobs avec le piètre Ashton Kutcher). Danny Boyle débarque avec un projet haut de gamme, une machine taillée pour les OscarsSteve Jobs. Film qui, rappelons-le a connu de nombreuses mésaventures puisque David Fincher et Christian Bale ont abandonné le projet en amont.

La force de Steve Jobs réside essentiellement dans le trio Sorkin – Boyle – Fassbender. Sorkin qui signe le scénario n’a jamais aussi bien appliqué le slogan d’Apple « Think different », en effet l’auteur ose le pari audacieux de construire le film sur seulement trois instants clés de la vie de Steve Jobs : le lancement du Macintosh, celui du NeXTcube et enfin la présentation de l’iMac. La force du récit est de ne pas s’intéresser aux discours eux mêmes, qui sont tous devenus cultes depuis mais à la préparation de ceux-ci et aux quelques minutes qui précédent l’événement. Le film se focalise ainsi sur les coulisses et non sur le devant de la scène.

Steve Jobs

Danny Boyle de retour au sommet

Danny Boyle a su magnifier le scénario de Sorkin en lui apportant une mise en scène dynamique, le réalisateur changeant de format constamment (16 mm, 35mm et numérique). La caméra est en mouvement perpétuel tout en collant à son héros Steve Jobs qu’elle ne quitte jamais. Le film est totalement immersif, le spectateur est emporté dans les coulisses de l’innovation, suivant le visionnaire Jobs quelques minutes avant ses conférences, dans son état de stress le plus intense. Tout va très vite, l’homme enchaîne avec brio, tel un rouleau compresseur que rien n’arrête, les décisions cruciales, la résolution des problèmes et des conflits. C’est fluide, équilibré, ça s’enchaîne avec une aisance déconcertante.

Le dernier élément clé d’un bon film est son casting, pour un biopic, l’acteur principal est même l’élément fondamental à toute réussite. A ce jeu là Michael Fassbender montre une nouvelle fois son talent, et son ambition de ne pas repartir bredouille des Oscars cette année. Dans ce tourbillon de sentiments, ce stress constant, cet univers dans lequel l’intime de ce PDG pesant des milliards, se mélange toujours au professionnel. Les affaires revêtent des allures plus intimes que sa vie personnelle, jetée au yeux de tous comme si cet aspect était relayé au second plan de son existence.

Fassbender enchaîne les répliques aiguisées avec une fluidité impressionnante, le lancement des nouveaux produits Apple devient captivant, intense, l’échec d’un produit devient une tragédie. Le marketing est simplement l’élément vital de ce gourou du consumérisme. Fassbender est épaulé par Kate Winslet (qui interprète son assistante Joanna Hoffman) et Seth Rogen dans le rôle de Steve Wozniak. Deux second rôles tout aussi brillants dans ce drame qui subliment le projet et magnifient cet hommage.

Conclusion

Il existe des projets dans lesquels tout semble avoir fonctionné parfaitement, une synergie totale qui en font des œuvres uniques, Steve Jobs en fait partie. L’association d’un grand scénariste, d’un grand réalisateur et de grands acteurs transforme ce film en une oeuvre brillante, hors norme et audacieuse. Bravo !

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Julien

Cet article a été rédigé par Julien Mathon, fondateur et rédacteur du site Critique Film. Lire tous ses articles