Critique : Une Femme douce

0
Alors que nous vivons actuellement une période dont le pessimisme n’a d’égal que le cynisme ambiant, voir Dostoïevski être adapté dans le cadre d’un film réalisé par un ukrainien est révélateur de notre époque contemporaine. Dans sa manière d’ausculter la société tsariste, et d’analyser avec une acuité formidable la psyché de l’âme slave, l’écrivain russe a su retranscrire mieux que quiconque une certaine forme de déliquescence sociétale de l’époque, celle d’avant les révolutions d’octobre 1917. D’aucuns y ont vu les prodromes de la sédition populaire amenant la prise de pouvoir par les Bolcheviks. Le nouveau film de Sergei Loznitsa, qui concourait en sélection officielle au dernier festival de Cannes, s’inscrit dans le courant du cinéma russe contemporain (bien que le cinéaste soit d’origine ukrainienne), à forte connotation sociale. Soit une cinématographie se faisant le reflet d’un pays miné par la corruption, le cynisme et une violence inhérente à tout régime autoritaire replié sur sa grandeur de jadis. Un siècle sépare l’événement historique précité avec la sortie de ce long-métrage, mais au-delà de cette distance temporelle symbolique, Loznitsa, à l’instar de Dostïevski, bien qu’ils différent dans leurs manières de s’exprimer, se rejoignent sur cette façon à révéler les tares et dysfonctionnement de la société russe.

Critique : Espèces menacées

0
Pour un cinéaste, s’attaquer à un récit choral a, on l’imagine, quelque chose d’assez stimulant, de par les possibilités quasiment illimitées de types de narration, et de croisements d’intrigues qui finissent en général par se mêler en une seule grande histoire. Cela peut donner des monuments de virtuosité entre les mains de scénaristes habiles et de grands metteurs en scène, mais le risque est généralement de tomber dans la confusion, ou d’oublier des personnages en cours de route. Le réalisateur Gilles Bourdos s’est inspiré des nouvelles d’un auteur américain dont la particularité est de décrire des rapports familiaux troublés et complexes, mais qui voulait s’éloigner de la structure type de ce genre de récit choral, où tous les personnages croisés au long du film seraient réunis dans un grand final lyrique. Cette note d’intention est tout à fait visible dans le résultat final, où le cinéaste excelle à construire de longues séquences laissant les comédiens libres de développer de vraies situations, à l’aide de dialogues finement écrits sonnant de manière particulièrement authentique …

Critique : Jubilée (Derek Jarman)

0
Ce mercredi 21 juin sort dans un coffret DVD ainsi qu’en salle, un hommage à Derek Jarman. Cinéaste anglais, figure punk, anarchiste et militant LGBT, il aura entre autres révélé Tilda Swinton aux yeux de tous. Ce sont quatre de ses films que vous pouvez (re)découvrir : Last of England, Sebastiane, La tempête, et enfin Jubilée, son deuxième film.

Critique : Kóblic

0
Avec Kóblic, Sebastián Borensztein apporte la preuve qu'il peut se montrer tout aussi à l'aise dans le drame que dans la comédie douce-amère.

Critique : Entre deux rives

0
Kim Ki-duk dresse avec lucidité un portait très sombre de la division entre les deux Corées au travers du parcours kafkaïen d'un homme ordinaire pris dans les filets d'un de ces états avant de l'être dans les filets de l'autre.

Critique : Ana mon amour

0
La vie est dure en Roumanie. Le reflet qu'en donne la sélection de films qui arrivent jusque sur les écrans français laisse en effet supposer que tout n'est que misère affective et sociale dans ce pays d'Europe de l'Est. Car même si le cinéma roumain peut se réjouir ces dernières années d'une vitalité et d'une reconnaissance rarement atteintes auparavant, la somme de ces regards depuis l'intérieur sur une culture en fait peu connue en Occident a de quoi pousser à la dépression les spectateurs les plus fragiles.

Critique : Rara

0
Sur fond d'une histoire vraie, Pepa San Martin et sa co-scénariste Alicia Scherson ont tiré un film très juste et très pudique, un film qui sait se montrer militant sans pour autant verser dans une vision manichéenne de la situation et des personnages qui la vivent

Critique : Ava

0
Un pari audacieux dont le résultat est bluffant !

Critique : Bonheur académie

0
Libre à chacun de choisir l'activité de relaxation estivale qu'il préfère. Pendant que certains partent bronzer sous le soleil des canicules tropiques ou visitent les monuments de pays lointains dans un flux de tourisme de masse qui n'est pas prêt à tarir, d'autres choisissent les mois de la saison chaude pour se ressourcer intérieurement et se libérer des contraintes du quotidien. Un camp de séminaire particulièrement bizarre se trouve en Croatie, où les adeptes du culte des Raéliens se réconfortent mutuellement au cours de stages hebdomadaires, censés renforcer leur plénitude prêchée par les dogmes de cette pseudo-religion inspirée par des extra-terrestres.

Critique : Kids return

0
Takeshi Kitano est de retour ! A cette annonce, susceptible de déclencher des effusions de joie chez les admirateurs du maître japonais, il faudrait cependant joindre un bémol quelque peu doux-amer. Car si le public français a le privilège au début du mois d'août de voir trois films signés Kitano sur grand écran, il convient de préciser qu'il s'agit de la ressortie en copies restaurées d'œuvres issues de sa période faste, pendant la deuxième moitié des années 1990.

Critique : Ce qui nous lie (deuxième avis)

0
Malgré l'excellente prestation des interprètes de "Ce qui nous lie", on ressort de la projection avec l'impression mi-figue, mi-...raisin d'un film qu'on aurait souhaité aimer davantage.

Critique : Le jour d’après

0
Un film qui, sans atteindre des sommets, a le mérite d'être un peu plus intéressant, plus riche, plus profond que ce que Hong Sang-soo nous propose depuis des années.

Derniers articles

Test Blu-ray : Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la...

0
Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé s’amuse à brouiller les pistes, à mélanger les genres, à faire danser le spectateur entre le giallo classique et le gothique à la Edgar Allan Poe.

Critique : Reconnu coupable

Tour à tour l’épouvantail du monde du travail de demain et la vague promesse d’une vie plus facile, l’intelligence artificielle n’a certainement pas fini de faire parler d’elle. En attendant que les choses se tassent et qu’on en voie un peu plus clairement à quoi ressemblera notre quotidien à travers le filtre de cet outil à double tranchant, elle a tout loisir de déclencher les passions, les fantasmes et les pires craintes apocalyptiques.

Critique Express : Urchin

0
"Urchin" est un film social. Un film social en provenance de Grande-Bretagne, a priori, on serait tenté de faire le rapprochement avec le cinéma de Ken Loach, sauf qu'il en diffère grandement sur au moins un point, un point très important qui plus est.

Comment attirer les bonnes personnes sans chercher à se faire passer pour quelqu’un d’autre

0
Les algorithmes de la plupart des applications de rencontre sont conçus pour encourager les utilisateurs à « swiper » autant que possible plutôt que...

Test Blu-ray : Le Sourire de la Hyène

0
Le Sourire de la Hyène déploie d’emblée une atmosphère étrange, comme si le film avait décidé de se lover dans un coin sombre du giallo pour mieux observer ses personnages se débattre dans leurs mensonges.