Test Blu-ray : L’ombre d’Emily
Révélé en 2011 avec Mes meilleures amies, Paul Feig a par la suite rapidement enchainé les comédies potaches (Les flingueuses, Spy, S.O.S. fantômes), servant la soupe avec plus ou moins de succès à Melissa McCarthy et autres talents comiques féminins au tournant des années 2010. En ayant connaissance de ce parcours de cinéaste, il était bien difficile d’imaginer la tonalité que prendrait L’ombre d’Emily, thriller adapté de « Disparue », le premier roman de Darcey Bell. Et contre toute attente, le film de Paul Feig se révèle une réussite, évoluant en funambule entre les genres, et nous proposant au final à la fois une comédie efficace ET surtout un thriller très solide.
Test Blu-ray : The Cloverfield paradox
S’il y a bien une chose que l’on ne pourra pas reprocher à J.J. Abrams sur sa franchise Cloverfield, c’est bien d’avoir voulu enchaîner les films afin de surfer sur l’effet de mode déclenché par le premier film en 2008. Au contraire, il aura non seulement fallu attendre huit ans pour voir débarquer la première suite au film de Matt Reeves, mais 10 Cloverfield Lane prenait le contre-pied total du film original, plongeant le spectateur au cœur d’un huis-clos étouffant, et ne concédant à montrer les extraterrestres que dans les toutes dernières minutes du film. L’idée était donc de détourner les attentes du spectateur, de l’amener à voir un spectacle résolument différent, une « extension » explorant le même univers (le « Cloververse »), sans aucun point commun ou presque avec le premier film.
Test DVD : La petite sirène
Écartons dès le départ toute confusion possible : même si les studios Disney font en sorte, depuis quelques années, de mettre en boite des adaptations « live » de leurs grands classiques animés, La petite sirène ne fait en aucun cas partie de cette vague ; on suppose d’ailleurs que le « véritable » film live des aventures d’Ariel finira par arriver d’ici quelques années. Cette méprise carabinée, dont on ne pourra que penser qu’elle est, à la base, une volonté délibérée des producteurs afin de surfer sur cette vague de films produits par Disney, est sans doute à l’origine de la volée de bois vert critique que s’est pris de plein fouet cette variation sur le thème de la petite sirène, réalisée par Blake Harris et Chris Bouchard.
Test DVD : Donbass
avec ses beaux plans séquence assez longs, avec la grande énergie qu'il dégage, avec son mélange détonnant de drame et de bouffonnerie, "Donbass est", cinématographiquement parlant, une œuvre très accomplie.
Test Blu-ray : Burning
Le Coréen Lee Chang-dong était en compétition à Cannes avec Burning, adaptation fascinante d’une nouvelle de Haruki Murakami, « Les granges brûlées ». Après le triangle amoureux au fort potentiel dramatique, l’histoire vire au film noir lorsque Jongsu soupçonne son rival d’être lié à cette disparition.
Test Blu-ray : Mandy
Le nom de Panos Cosmatos ne vous sera pas nécessairement inconnu : vous aviez en effet peut-être découvert le cinéma du film de George P. Cosmatos lors de l'édition 2011 de l’Étrange Festival, où le public présent dans la salle avait pu découvrir, médusé, son premier film Beyond the black rainbow, gros délire hardcore de science-fiction, aussi fascinant que réellement abstrus, mais qui laissait apparaître une réelle personnalité derrière la caméra. Depuis ces premiers pas dans la cour des « grands », les spectateurs qui avaient été charmés par son premier film, tout autant que ceux qui avaient été déroutés par ce dernier, attendaient la suite, attendaient de voir ce que ce jeune prodige, comparable par exemple à un Ben Wheatley, allait nous proposer au cœur de son deuxième film. Sauf que voilà, Ben Wheatley, découvert à peu près au même moment (et dont le cinéma sera, lui aussi, loin de mettre tout le monde d'accord), a signé cinq films entre Kill list (2011) et l'année dernière, auxquels on pourra ajouter plusieurs téléfilms, courts-métrages et épisodes de série TV.
Test Blu-ray : Equalizer 2
Puisque le premier Equalizer avait remporté un franc succès en 2014, Antoine Fuqua et Denzel Washington ont naturellement décidé de remettre le couvert. Et Denzel de reprendre donc le rôle de Robert McCall, "égaliseur" de son état, un sage porté sur l'ultra-violence, à la fois juge, jury et bourreau, old school en un mot, du genre à redresser les injustices sociales à grands coups de défonçages de gueules et de tortures en tous genres. Une fois qu'il s'est bien défoulé - la brutalité de cet Equalizer 2 est toujours aussi décomplexée (voire disproportionnée), merci Antoine Fuqua - McCall observe ses contemporains avec l’œil du philosophe, range les poings américains, rince ses jointures baignées de sang impur et se plonge dans la lecture d'un bon vieux bouquin de Proust.
Test DVD : Invasion (Kiyoshi Kurosawa)
Avec Invasion, on n’est certes pas parti aussi loin dans le délire grandiloquent de la suprématie de l’amour, sur fond d’effets spéciaux improbables, que dans Real du même réalisateur.
Test DVD : L’amour est une fête
Avec L'amour est une fête, Cédric Anger se promène avec une tonalité légère dans un témoignage distancié de la libération des mœurs. Il retrouve Guillaume Canet (La prochaine fois je viserai le cœur) qui apporte un peu de profondeur avec ses doutes éthiques. Il forme un duo étonnant avec Gilles Lellouche plus fasciné que lui par cet univers.
Test DVD : Billionaire Boys Club
C’est bien connu, certains rôles peuvent à jamais marquer une carrière d’acteur. Il existe en effet des acteurs qui seront à jamais assimilés aux personnages qu’ils ont incarné à l’écran ; même s’ils essaient de se débarrasser de cette image par trop envahissante qui leur colle à la peau, ils ne parviennent jamais à s’en libérer totalement. Dans le cas de Kevin Spacey, ce sont en quelque sorte les « événements » qui l’ont rattrapé : suite aux accusations de harcèlement sexuel dont il a été la cible courant 2018, l’acteur est devenu persona non grata à Hollywood, et la pire crainte de tous les producteurs : il est redevenu, plus de vingt ans après Usual Suspects (Bryan Singer, 1995), le « Keyser Söze » de l’usine à rêves.
Test Blu-ray : Shéhérazade
Unanimement reconnu par la critique comme l'un des plus beaux films de l'année 2018, Shéhérazade semble avoir mis tout le monde d'accord : Positif, Les Cahiers, Télérama, Le Monde, Le JDD, Le Figaro, Libé, La Croix... Tout le monde s'accorde pour célébrer la justesse de ton du premier film de Jean-Bernard Marlin, qui a ailleurs obtenu en juin dernier le prestigieux prix Jean Vigo. Et c'est vrai que Shéhérazade est un joli film, autant qu'une plongée en immersion dans les us et coutumes d'une poignée de jeunes paumés marseillais, issus d'une génération littéralement sacrifiée, abandonnée par tous (parents, école, institutions), et n'ayant ni la culture ni les codes pour parvenir à « grandir » ou à évoluer dans le « bon sens ».
Test Blu-ray : Searching – Portée disparue
Searching – Portée disparue fait le pari de présenter l’intégralité de son intrigue policière par le biais d’écrans d’ordinateurs, de téléphones, de télévision ou de vidéos de surveillance.



















