Festival de Cannes 2016 News — 25 mai 2016
Cannes 2016 : deux techniciens honorés

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Le de l’artiste technicien est remis cette année à la coréenne , 47 ans, pour sa direction artistique précieuse de Mademoiselle de Park Chan-wook avec qui elle travaille depuis Oldboy en 2003, signant notamment entre temps les décors de Thirst et Je suis un cyborg. Ce prix couronne sa création sur ce film, mise en valeur par le cinéaste qui explore les coins et recoins du manoir où se déroule l’essentiel de l’action, entre autres lieux, mais souligne par la même occasion sa filmographie déjà fort impressionnante. Elle a signé les décors de Memories of murder, et Mother de Bong Joon-ho ainsi que de A bittersweet life de Kim Jee-woon. Elle est la première chef décoratrice a remporter ce prix depuis son changement de nom, Emile Ghigo ayant reçu une mention pour The Search en 2014.

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Le prix a été attribué de 1951 à 2001 sous l’appellation de Grand prix de la Commission Supérieure Technique remis lors de la soirée de clôture, avant de disparaître pendant une année puis de revenir sous son nom actuel en 2003 grâce à la détermination du directeur de la photographie .

Les précédents lauréats :
2003 : Tom Stern, directeur de la photographie de Mystic River de Clint Eastwood
2004 : Éric Gautier, directeur de la photographie de Clean d’Olivier Assayas et Carnets de Voyage de Walter Salles
2005 : Leslie Shatz, ingénieur du son, pour le design sonore de Last Days de Gus Van Sant et pour le traitement visuel de Sin City
2006 : pour le montage de Babel d’Alejandro Iñárritu
2007 : Janusz Kaminski, directeur de la photographie de Le Scaphandre et le Papillon de Julian Schnabel
2008 : Luca Bigazzi, chef opérateur et Angelo Raguseo, mixeur, pour Il Divo de Paolo Sorrentino
2009 : , mixeur, pour Map of the sounds of Tokyo d’Isabel Coixet
2010 : et Jon Taylor pour le mixage de Biutiful
2011 : pour la photo de La Piel que habito de Pedro Almodóvar
2012 : Charlotte Bruus Christensen, directrice de la photo de La Chasse de Thomas Vinterberg
2013 : Antoine Héberlé, directeur de la photo de Grigris de Mahamat-Saleh Haroun
2014 : pour la photo de Mr Turner de Mike Leigh, mention spéciale à Emile Ghigo pour les décors de The Search de Michel Hazanavicius
2015 : Tamas Zanyi pour le son du film Le Fils de Saul de László Nemes

Tamas Zanyi (au centre, à gauche) Sound Designer du film Le fils de Saul recevant son Prix Vulcain de la main de László Nemes (au centre, à droite), en présence de Pierre William Glenn, président de la CST, en septembre à l’Espace Pierre Cardin.

Tamas Zanyi (au centre, à gauche) Sound Designer du film Le fils de Saul recevant son Prix Vulcain de la main de László Nemes (au centre, à droite), en présence de Pierre William Glenn, président de la CST, en septembre 2015 à l’Espace Pierre Cardin.

Valeria Golino, Peter Suschitzky, Alba Rohrwacher, Matteo Garrone et Juliette Binoche (photo : Pauline Maillet)

Valeria Golino, Peter Suschitzky, Alba Rohrwacher, Matteo Garrone et (photo : Pauline Maillet)

Autre grand technicien honoré, le directeur de la photo anglais Peter Suschitzky, né en 1941, reçoit le 4ème prix Angénieux pour l’ensemble de sa carrière, succédant à (2013), Vilmos Zsigmond (2014) et Roger Deakins l’an dernier. Il a reçu son prix en présence de réalisateurs et d’acteurs avec lesquels il a travaillé : Matteo Garone et Alba Rohrwacher (Tale of Tales pour lequel il a gagné le David di Donatello), Juliette Binoche (Cosmopolis de David Cronenberg), Valeria Golino (Ludwig Van B.) et Viggo Mortensen (Les Promesses de l’ombre, A History of Violence, A Dangerous Method, tous de Cronenberg encore).

En plus des films cités, il a été le chef opérateur d’autres films du cinéaste canadien depuis Faux Semblants, avec notamment Crash ou eXistenZ et le plus récent Maps to the Stars mais a aussi travaillé avec des personnalités qui couvrent le spectre du cinéma, de Peter Watkins (l’extraordinaire La Bombe, terrifiant docu-fiction sur les conséquences d’une attaque nucléaire sur l’Angleterre) à Tim Burton (Mars Attacks !), de Joseph Losey (Deux Hommes en fuite) à M. Night Shyamalan (After Earth) et Matteo Garrone, de John Boorman (Leo The Last, 1970 et Tout pour réussir qui a quelques fulgurances visuelles même s’il ne s’agit pas du film le plus marquant du réalisateur de Délivrance) à Ken Russell (Liztomania, 1975 et Valentino, 1977) et Jacques Demy (Le Joueur de flûte) mais aussi Peter Yates pour Krull. Il a signé les images du film culte The Rocky Horror Picture Show et de L’Empire contre-attaque et a été primé aux Genie Awards pour quatre longs-métrages de Cronenberg (Faux Semblants, Le Festin Nu, Crash ou Les Promesses de l’ombre). Il est le fils d’un autre grand nom de la profession, , aujourd’hui âgé de 103 ans et qui a mis en images un chef d’oeuvre du cinéma noir anglais, Get Carter de Mike Hodges en 1971, ainsi que l’angoissant et poétique Théâtre de sang de Douglas Hickox en 1973.

Alba Rohrwacher, Peter Suschitzky, Matteo Garrone, Juliette Binoche et Viggo Mortensen (photo : Pauline Maillet)

Alba Rohrwacher, Peter Suschitzky, Matteo Garrone, Juliette Binoche et Viggo Mortensen (photo : Pauline Maillet)

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Pascal Le Duff

Cet article a été écrit par Pascal Le Duff, rédacteur en chef cinéma sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles