Cannes 2016 : Queer Palm pour Sébastien Lifhsitz

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Queer Palm 2016

La a pour la première fois été attribuée à un documentaire. Les Vies de Therèse de , présenté à la , est consacré à une pionnière du féminisme et du combat pour les homosexuels, Thérèse Clerc. La militante infatigable avait déjà témoigné dans son précédent film Les Invisibles et l’a contacté pour qu’il filme ses derniers instants quelques mois avant sa mort à l’âge de 88 ans en février dernier. Ce documentaire d’un peu moins d’une heure a bouleversé les spectateurs de la Croisette et reste l’un des rares films marquants de l’édition 2016 de la Quinzaine qui a fait étonnamment profil bas cette année, les rattrapages parisiens répareront peut-être cette injustice. Des images d’archives et un ultime témoignage saisissent l’importance de son engagement politique et social.

les vies de therese

Communiqué officiel : «En récompensant c’est un double prix que s’est offert le jury. Une palme pour Sébastien Lifshitz et son film émouvant qui sait nous raconter une femme et ses combats, mêlant vie privée et engagement politique, balayant les époques, questionnant la sexualité, bousculant les rôles que la société nous impose. Le réalisateur pose un regard tendre sur cette femme, un regard amoureux, plein de vénération mais qui offre au spectateur la juste distance que nécessite la représentation de cette femme combattante au seuil de la mort. Et c’est aussi une palme pour Thérèse Clerc, décédée le 16 février 2016, pour cette femme qui a su, en traçant son propre chemin, nous ouvrir la voie, nous rappelant sans cesse combien notre désir et notre sexualité peuvent et doivent nourrir notre combat pour une société plus juste». Le prix sera d’ailleurs également remis à la famille de Thérèse Clerc.

Les Vies de Thérèse succède à de Todd Haynes primé l’an dernier. Précédemment, de Gregg Araki, d’Oliver Hermanus, de Xavier Dolan, L’Inconnu du lac d’Alain Guiraudie et de Matthew Warchus (Quinzaine des Réalisateurs 2014) ont été «QueerPalmisés».

gabber lover

La Queer Palm du court-métrage revient à d’, présenté dans le cadre de la , coming of age délicat où deux adolescentes sont confrontées à leur affection et à la résistance de l’une d’entre elles à cette attirance. Un joli film, sobre mais réalisé avec soin, produit au sein de la Femis, avec la participation, en tant que «réalisateur intervenant» de… Sébastien Lifshitz. «Un film limpide à la réalisation maîtrisée, un film sensible surtout dans lequel la réalisatrice narre d’une façon aiguë et fine la confrontation de son personnage à sa situation intime comme sociale. Un film de coming out où l’on apprend à faire face à son désir, à lui donner enfin libre court. Gabber lover est un film dont nous ne doutons qu’il apportera un message libérateur aux jeunes spectateurs» selon le communiqué officiel du jury.

16 autres films étaient en compétition pour la Queer Palm 2016 : les longs-métrages Aquarius de Kleber Mendonça Filho, Mademoiselle de Park Chan Wook, Ma Loute de Bruno Dumont, The Neon Demon de Nicolas Winding Refn et Rester Vertical d’Alain Guiraudie (compétition), Le Cancre de Paul Vecchiali (sélection officielle, séance spéciale), La Danseuse de Stéphanie Di Giusto (Un Certain Regard), Divines de Houda Benyamina et Fiore de Claudio Giovannesi (Quinzaine des Réalisateurs), Apnée de Jean-Christophe Meurisse et Grave de Julia Ducournau (Semaine de la Critique), Willy 1er de Ludovic & Zoran Boukherma, Marielle Gautier et Hugo P. Thomas (ACID) et les courts-métrages In The Hills de Hamid Ahmadi (Cinéfondation), Prenjak (In the Year of Monkey) de Wregas Bhanuteja, Le Soldat vierge de Erwan Le Duc et Superbia de Luca Tóth (Semaine de la Critique). Constatons l’absence de Juste la fin du monde de Xavier Dolan, qui pourtant aurait été un candidat légitime, le réalisateur ayant exprimé son rejet viscéral d’un tel prix.

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