
Arizona Distribution Tous droits réservés
En cette mi-avril 2026, le monde entier ne parle que d’un seul film. Grâce à sa sortie simultanée à travers la planète, à un battage médiatique soutenu et au mythe qui entoure toujours son sujet, près de dix-sept ans après sa mort, la biographie filmique à la gloire de Michael Jackson va certainement déplacer les foules. Et puisque le film de Antoine Fuqua paraît globalement honorable, quoique foncièrement aseptisé, on ne va pas non plus trop s’offusquer de l’engouement qu’il est en train de provoquer. Toutefois, il est fort dommage que l’histoire du roi de la pop éclipse un nombre plus que conséquent d’autres films également à l’affiche depuis hier, qui méritent encore infiniment plus que Michael le détour par votre salle obscure la plus proche ! En fait, le choix nous paraît si abondant qu’on vous invite à regarder aussi au-delà de nos recommandations prioritaires.
Comme chaque semaine ou presque, celles-ci sont au nombre de trois. Et trois œuvres qui ne pourraient guère être plus différentes l’une de l’autre. Il y a le documentaire sur le travail créatif de l’Orchestre de Paris, Nous l’orchestre de Philippe Béziat, qui permet une immersion totale dans les coulisses et les répétitions de la Philharmonie à la Porte de Pantin. Puis le coup de cœur sentimental de la semaine à travers le drame de réfugiés Rohingyas en Birmanie Les Fleurs du manguier de Akio Fujimoto. Pour finir sur le mélodrame gay Drunken Noodles de Lucio Castro et ses drôles de tapisseries érotiques.
Néanmoins, il serait impardonnable de passer sous silence les deux films que notre critique maison Jean-Jacques a particulièrement apprécié cette semaine : le documentaire Alice au pays des colons de Yanis Mhamdi qui nous rappelle tristement le magistral No Other Land sur une problématique tragiquement proche, ainsi que le pas moins tendu A voix basse de Leyla Bouzid. A ces deux brûlots contés au féminin, on voudrait ajouter le bref documentaire de montage La Grève de Gabrielle Stemmer dans lequel il est question de la grève du sexe par voie de lecture du pamphlet féministe d’Ovidie. Sans oublier trois regards supplémentaires tout à fait dignes d’intérêt sur la condition des femmes : le film d’horreur néo-zélandais Marama de Taratoa Stappard, la tragédie tchadienne Soumsoum La Nuit des astres de Mahamat-Saleh Haroun et la comédie fantastique sur une poupée gonflable qui prend soudainement vie dans La Poupée de Sophie Beaulieu.
Pas assez de cette dizaine de films hors des sentiers battus, le programme hebdomadaire des ressorties se montre, lui aussi, des plus alléchants. Vous y trouverez le chapitre final de la grande rétrospective que le distributeur Potemkine Films a consacré au maître Werner Herzog depuis le mois de novembre dernier, ainsi qu’un programme de quatre longs-métrages muets de l’un des génies du burlesque hollywoodien des années 1920, tombé hélas un peu dans l’oubli au profit de Chaplin et Keaton, l’inimitable Harold Lloyd (1893-1971).

A voix basse de Leyla Bouzid (France, Drame, 1h53, distribué sur 114 copies) avec Eya Bouteraa, Hiam Abbass et Marion Barbeau (critique)
Alice au pays des colons de Yanis Mhamdi (France, Documentaire, 1h45) (critique)
L’Arnaqueuse de Wilfried Méance (France, Comédie, 1h23, distribué sur 275 copies) avec Fadily Camara, Josiane Balasko et Jean-Pascal Zadi
Caravane de Zuzana Kirchnerova (République Tchèque, Drame, 1h43) avec Ana Geislerova, David Vostrcil et Juliana Olhova (critique)
Didy de Gaël Kamilindi et François-Xavier Destors (Suisse, Documentaire, 1h24) (critique)
Drunken Noodles de Lucio Castro (États-Unis, Drame, 1h22) avec Laith Khalifeh, Ezriel Kornel et Matthew Risch
Les Fleurs du manguier de Akio Fujimoto (Japon, Drame, 1h39, distribué sur 78 copies) avec Muhammad Shofik Rias Uddin et Shomira Rias Uddin
La Grève de Gabrielle Stemmer (France, Documentaire, 0h55)
Marama de Taratoa Stappard (Nouvelle-Zélande, Horreur, 1h29) avec Ariana Osborne, Toby Stephens et Umi Myers
Michael de Antoine Fuqua (États-Unis, Biographie filmique, 2h07) avec Jaafar Jackson, Colman Domingo et Nia Long
Nous l’orchestre de Philippe Béziat (France, Documentaire musical, 1h29)
La Poupée de Sophie Beaulieu (France, Comédie, 1h20) avec Vincent Macaigne, Zoé Marchal et Cécile De France
Pour le meilleur de Marie-Castille Mention-Schaar (France, Drame, 1h57) avec Pierre Rabine, Lilly-Fleur Pointeaux et Sandrine Bonnaire
Première ligne de Merzak Allouache (Algérie, Comédie, 1h26) avec Nabil Asli, Fatiha Ouared et Idir Benaïbouche
Soumsoum La Nuit des astres de Mahamat-Saleh Haroun (Tchad, Drame, 1h41, distribué sur 44 copies) avec Maïmouna Miawama, Ériq Ebouaney et Achouackh Abakar Souleymane
La Terre de mon grand-père de Martin Esposito (France, Documentaire, 1h28, distribué sur 20 copies)
Un lugar más grande de Nicolas Défossé (Mexique, Documentaire, 1h55, distribué sur 35 copies)
Vil et misérable de Jean-François Leblanc (Canada, Comédie, 1h54) avec Fabien Cloutier, Pier-Luc Funk et Anne-Elisabeth Bossé
Reprises
Les Odyssées de Werner Herzog Le Rêve (1968-1993) de Werner Herzog (Allemagne) : Signes de vie, Au pays du silence et de l’obscurité, La Grande extase du sculpteur sur bois Steiner, Cœur de verre, Woyzeck, Fitzcarraldo (critique) et Les Cloches des profondeurs
Harold Lloyd en quatre films (1923-1928) de Fred Newmeyer, Sam Taylor, Lewis Milestone et Ted Wilde (États-Unis, Comédie) avec Harold Lloyd : Monte là-dessus, Vive le sport !, Le Petit frère et En vitesse















