
Pour ce chassé-croisé du mois d’avril 2026, où toutes les zones pourront profiter des vacances de printemps ce week-end, les distributeurs ne se sont pas faits trop prier pour nous concocter un programme de sorties des plus variés. En effet, comme souvent, il y a un peu de tout à l’affiche de votre multiplexe ou votre salle art et essai depuis hier, avec notamment une belle présence des productions françaises. Mais peu importe que votre cœur de cinéphile penche en faveur de comédies locales soit populaires, soit loufoques, de films de science-fiction américains ou bien du retour du grand Gus Van Sant, sept ans après Don’t Worry He Won’t Get Far On Foot, l’essentiel sera de braver le timide appel du printemps et de fréquenter votre salle obscure la plus proche, au lieu de vous prélasser à l’extérieur !
Les trois films qui devraient carrément vous inciter à vous y rendre en courant ont pour thème commun les complications de l’amour, au fil des âges de leurs personnages respectifs. Ainsi, nos coups de cœur hebdomadaires parlent des ébats de pré-adolescents dans la nouvelle comédie du tandem Toledano / Nakache Juste une illusion qui joue à fond la carte de la douteuse nostalgie des années 1980. Puis de ce qui reste des vrais premiers amours de l’adolescence dans le labyrinthique Morlaix de Jaime Rosales, qui a particulièrement plu à notre critique maison Jean-Jacques. Pour finir tragiquement mais avec une grande maestria filmique à travers l’épopée turque sur les mariages arrangés Hayat de Zeki Demirkubuz.
Également dignes d’intérêts nous paraissent le drôle de double programme au ton férocement décalé que vous pourriez former à partir de Affection affection de Maxime Matray et Alexia Walther et Une fille en or de Jean-Luc Gaget, tout comme la double mise en accusation de la barbarie sous forme de documentaire, grâce à The Mad Dog of Europe de Rubika Shah sur l’Hollywood du début des années 1940 infiltré par les Allemands nazis et Looking for Yotam de Georges Benayoun sur le triste sort d’une otage israélienne lors de la guerre récente en Palestine.
Enfin, le film le plus exquis de la semaine bénéficie également de la stratégie de distribution la plus originale : la ressortie du somptueux Topsy-Turvy se fait au rythme d’une drôle de tournée, une seule salle de répertoire à la fois, où un verre de saké sera offert à chaque spectateur. Bien que l’on apprécie l’idée d’une exclusivité joyeusement arrosée, on regrette en même temps le nombre hautement réduit de séances dédiées à cette œuvre atypique, mais indubitablement magistrale de l’immense Mike Leigh !

Affection affection de Maxime Matray et Alexia Walther (France, Comédie dramatique, 1h39) avec Agathe Bonitzer, Nathalie Richard et Christophe Paou
Bagarre de Julien Royal (France, Comédie d’action, 1h37) avec Nassim Lyes, Anaïde Rozam et Ramzy Bedia
La Corde au cou de Gus Van Sant (États-Unis, Thriller, 1h44) avec Bill Skarsgård, Dacre Montgomery et Cary Elwes
L’Eden de Cheyenne-Marie Carron (France, Drame, 1h14) avec Johnny Amaro, Dan Kadosh et Sofiane Kaddour (critique)
La Fille du Konbini de Yuho Ishibashi (Japon, Drame, 1h16) avec Erika Karata, Haruka Imo et Kazuma Ishibashi
Good Luck Have Fun Don’t Die de Gore Verbinski (États-Unis, Science-fiction, 2h14) avec Sam Rockwell, Juno Temple et Haley Lu Richardson
Hayat de Zeki Demirkubuz (Turquie, Drame, 2h40) avec Miray Daner, Burak Dakak et Cem Davran
Juste une illusion de Éric Toledano et Olivier Nakache (France, Comédie dramatique, 1h56) avec Louis Garrel, Camille Cottin et Pierre Lottin
Looking for Yotam de Georges Benayoun (France, Documentaire, 1h22)
The Mad Dog of Europe de Rubika Shah (France, Documentaire, 1h23)
Morlaix de Jaime Rosales (France, Drame, 2h04) avec Aminthe Audiard, Mélanie Thierry et Samuel Kircher (critique)
La Petite graine de Mathias Rifkiss et Colas Rifkiss (France, Comédie dramatique, 1h38) avec Louise Massin, Sébastien Chassagne et Oussama Kheddam
Le Réveil de la momie de Lee Cronin (États-Unis, Horreur, 2h14) avec Jack Reynor, Laia Costa et May Calamawy
Truly Naked de Muriel D’Ansembourg (Pays-Bas, Drame, 1h42) avec Caolan O’Gorman, Safiya Benaddi et Andrew Howard
Une fille en or de Jean-Luc Gaget (France, Comédie romantique, 1h26) avec Pauline Clément, Arthur Dupont et Émilie Caen (critique)
Reprises
Ginza Cosmetics (1951) de Mikio Naruse (Japon, Drame, 1h27) avec Kinuyo Tanaka, Ranko Hanai et Yuji Hori
Topsy-Turvy (1999) de Mike Leigh (Royaume-Uni, Comédie dramatique, 2h40) avec Jim Broadbent, Allan Corduner et Timothy Spall















