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À la une DVD — 01 avril 2019
Test Blu-ray : Suspiria (2018)

(2018)

 
États-Unis, Italie : 2018
Titre original : –
Réalisation :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 2h32
Genre : Horreur
Date de sortie cinéma : 14 novembre 2018
Date de sortie DVD/BR : 3 avril 2019

 

Susie Bannion, jeune danseuse américaine, débarque à Berlin dans l’espoir d’intégrer la célèbre compagnie de danse Helena Markos. Madame Blanc, sa chorégraphe, impressionnée par son talent, promeut Susie danseuse étoile. Tandis que les répétitions du ballet final s’intensifient, les deux femmes deviennent de plus en plus proches. C’est alors que Susie commence à faire de terrifiantes découvertes sur la compagnie et celles qui la dirigent…

 


 

Le film

[5/5]

Annoncé depuis de nombreuses années maintenant, le projet de remake de Suspiria a fait réagir en masse les amateurs de cinéma de genre à travers le monde entier. Sorti en 1977, le film original signé était – et est toujours – en effet considéré comme l’un des plus grands chefs d’œuvres de son auteur, et sans le moindre doute possible l’un des plus grands films d’épouvante des années 70 : une véritable date, un film fondateur, adoré par un nombre incalculable de cinéphiles. Par conséquent, la simple évocation de la mise en chantier d’un remake a provoqué une véritable levée de boucliers de la part de la communauté des amateurs de fantastique… Ce sont ensuite carrément les piques acérées qui ont été brandies, et les marmites d’huile bouillante ont été largement préparées quand le nom de Luca Guadagnino est arrivé dans les discussions. Non seulement on mettait en chantier un remake absolument inutile, mais en plus, celui-ci était confié à un cinéaste n’ayant aucune expérience dans le genre horrifique, ayant débarqué sur le devant de la scène en 2017 avec Call me by your name, un drame romantique ?

A la découverte du film terminé, nombreux sont celles et surtout ceux qui doivent aujourd’hui amèrement regretter d’avoir loupé une occasion de fermer leur gueule. Ça fait mal de l’admettre, croyez-moi, car en tant qu’inconditionnel du Suspiria original (qui demeure à mon sens le meilleur film jamais tourné par le maestro Argento), je faisais partie des « loups » prêts à déchiqueter vivant le pauvre Guadagnino pour avoir ne serait-ce qu’un instant envisagé l’idée criminelle de produire un remake de ce monument de l’horreur. Et finalement, BAM. BAM dans ma gueule. Parce que ce Suspiria cuvée 2018 n’est en aucun cas un simple remake. On peut même dire qu’il n’a pas grand chose à voir avec l’original, si ce n’est la trame imaginée par Dario Argento et , qui retrouve ici sa place au générique. On est d’avantage en présence d’une variation sur le même thème, une relecture, un complément, une « réinvention » presque, qui mettra à l’amende en un peu plus de deux heures et trente minutes la plupart des cinéastes ayant œuvré dans l’horreur ces quinze, vingt, trente dernières années (rayez la mention inutile).

A la croisée des chemins entre cinéma d’horreur et d’auteur, le Suspiria de Luca Guadagnino s’avère véritablement une œuvre unique et personnelle, tenant presque du miracle en ces temps d’uniformisation du cinéma de genre. Ambitieux, imposant, souvent impressionnant, le film prend régulièrement le contre-pied de son modèle, misant sur la création d’un véritable climat d’oppression, d’horreur viscérale. Si Argento jouait plutôt en son temps la carte du sadisme et du formalisme, Guadagnino prend donc quant à lui le parti d’installer une atmosphère malsaine, dominée par l’omniprésence des femmes (le seul personnage masculin est d’ailleurs incarné par Tilda Swinton, qui affiche un triple-rôle au générique du film), des femmes dont les corps sont malmenés autant que l’esprit et l’âme. Vaguement nébuleux par moments, le film pourra certes agacer ceux qui, encore trop contrariés de voir un autre qu’Argento s’amuser avec la mythologie des « Trois mères », resteront à la porte du film. Mais le talent de Guadagnino est bien qu’à l’image d’Argento en 1977, il ne livre pas son film « clés en mains » : au spectateur de faire son chemin au sein de l’obscurité dense et foutraque que propose Suspiria, dont la narration et l’atmosphère virent brutalement, d’une séquence à l’autre, du cérébral au « sensitif » pur. Unique, sans concession, le film proposera par ailleurs dans sa dernière partie d’accompagner le spectateur encore plus loin que ne l’avait fait Argento en 1977, en se « lâchant » totalement avec une séquence aussi sanglante et hystérique que littéralement époustouflante. Du grand Art, et à coup sûr un film qui sera amené à marquer les mémoires autant que l’original, dans un genre à la fois voisin et résolument différent.

Pardon donc à Luca Guadagnino, qui signait avec cette œuvre extraordinaire – et bien plus personnelle qu’elle n’y paraît – l’un des meilleurs films de l’année 2018.

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

Aussi exigeant et difficile d’accès soit-il, Suspiria n’a pas, avec seulement un peu plus de 33.000 entrées en France, rencontré le succès qu’il méritait. Heureusement, le Blu-ray édité par Metropolitan Vidéo devrait remettre les pendules à l’heure, et permettre au chef d’œuvre de Luca Guadagnino de rencontrer son public. C’est d’autant plus clair que le Blu-ray de Suspiria représente la référence, le top du top en matière de rendu Haute-Définition : le piqué est précis, avec des couleurs somptueuses, des noirs profonds et des contrastes au top niveau. La définition et l’encodage sont irréprochables, tout est littéralement impeccable, il n’y a absolument rien à redire. Côté son, version originale et version française bénéficient de puissants mixages DTS-HD Master Audio 5.1 ; les deux pistes sonores se valent (même si on préfère naturellement la VO), et proposent une immersion absolue au cœur du film, assurant une ambiance sonore extraordinaire, d’un dynamisme littéralement époustouflant.

Dans la section suppléments, outre les traditionnelles bandes-annonces du film ainsi que de quelques sorties estampillées Metropolitan Vidéo, on se penchera sur les coulisses du tournage à travers une série de featurettes de trois à quatre minutes chacune, consacrées au statut de « remake » du film, aux séquences de danse (avec un entretien avec le chorégraphe Damien Jalet) et, pour terminer, aux maquillages et effets spéciaux – même si, curieusement, le rôle masculin de Tilda Swinton est passé sous silence, tout comme durant la promotion du film, où le rôle du Dr. Klemperer était attribué à un certain .

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles