Test Blu-ray : Imaginary

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Imaginary

États-Unis : 2024
Titre original : –
Réalisation : Jeff Wadlow
Scénario : Jeff Wadlow, Greg Erb, Jason Oremland
Acteurs : DeWanda Wise, Tom Payne, Taegen Burns
Éditeur : Metropolitan Vidéo
Durée : 1h44
Genre : Fantastique, Horreur
Date de sortie cinéma : 6 mars 2024
Date de sortie DVD/BR : 5 juillet 2024

Lorsque Jessica retourne dans sa maison d’enfance avec sa famille, sa plus jeune belle-fille Alice développe un attachement étrange pour un ours en peluche qu’elle a trouvé dans le sous-sol et nommé Chauncey. Tout commence par des jeux innocents, mais le comportement d’Alice devient de plus en plus inquiétant. Jessica comprend alors que Chauncey est bien plus qu’un simple jouet…

Le film

[3,5/5]

En l’espace d’une vingtaine d’années, le nom de Jason Blum est devenu incontournable dans le petit monde du fantastique et de l’horreur sur grand écran. En adoptant des méthodes de production drastiques, proches de celles d’un Roger Corman dans les années 70, le producteur est parvenu à faire de Blumhouse Productions un véritable empire, enchainant depuis une quinzaine d’années les films d’horreur à budget restreint, et révélant de grands cinéastes (James Wan, Jordan Peele…). En règle générale, les films produits par Blumhouse privilégient la mise en place d’un concept et d’une ambiance à de quelconques – et coûteux – artifices techniques. Les effets spéciaux sont généralement peu nombreux, et les idées utilisées avec parcimonie, une à la fois, afin de ne pas trop rapidement user les concepts.

On manque encore un peu de recul pour se rendre compte de l’impact qu’auront eu les productions Blumhouse sur le fantastique du début du vingt-et-unième siècle, mais il y a fort à parier que d’ici vingt, trente ans, on salue le travail de Jason Blum de la même façon que l’on admire aujourd’hui celui de Roger Corman. S’offrant très régulièrement d’énormes succès dans les salles obscures, Jason Blum continue de miser sur de petits budgets, ce qui permet aux cinéastes de son cheptel de bénéficier d’une certaine liberté créative, dans les limites bien sûr de leur budget limité. L’attachement à un « concept » fort – dans Imaginary, il s’agit de l’ami imaginaire représenté par le nounours Chauncey – permet de plus d’axer l’essentiel de la promotion du film sur celui-ci, et par conséquent de réduire les coûts de casting en allant chercher des acteurs que personne ne connait.

Au générique d’Imaginary, on trouvera donc, pour les rôles principaux, DeWanda Wise, Taegen Burns, Pyper Braun, Betty Buckley et Tom Payne. Mais qu’il s’agisse d’acteurs quasi-inconnus du grand public importe peu : le public s’est en effet déplacé sur la promesse d’un ami imaginaire prenant la forme d’un nounours psychopathe, et avec 39 millions de dollars de recettes à travers le monde, le film de Jeff Wadlow a largement amorti ses 13 millions de budget, même si on conçoit que cette fois-ci, la bascule budget/recettes n’est peut-être pas aussi spectaculaire qu’à l’accoutumée avec les productions Blumhouse.

A la découverte du film, on imagine cependant fort bien les raisons pour lesquelles Imaginary a un peu moins bien fonctionné que les films d’horreur habituellement produits par Jason Blum : le public a en effet pensé que l’ours Chauncey était un nouveau boogeyman « classique », qui alignerait les victimes à la manière des poupées Chucky et Annabelle, de l’androïde M3GAN ou des automates de Five Nights at Freddy’s. En réalité, le concept d’Imaginary est un peu différent, puisque, sans trop rentrer dans les détails de l’intrigue, il se base bel et bien sur le concept de l’ami imaginaire. Et si le scénario imaginé par Jeff Wadlow, Greg Erb et Jason Oremland utilisera dans un premier temps les codes du genre, cela sera pour mieux les détourner par la suite, en nous proposant un dernier acte tout à fait cohérent avec sa thématique, mais s’opposant sans aucun doute de façon assez radicale à ce que le public s’attendait à voir.

Cela dit, si on conçoit tout à fait le côté déceptif qu’elle peut avoir pour les ados s’étant déplacés dans les salles en s’attendant à voir Chauncey courser les personnages avec un couteau de cuisine, la dernière demi-heure d’Imaginary est sans aucun doute possible la meilleure du film, dans le sens où elle nous donne enfin à voir quelque chose d’un peu différent, s’écartant volontairement de nos habitudes de spectateur et nous proposant de plus une poignée d’idées visuelles assez remarquables. Bien sûr, on sent flotter au-dessus du film l’influence d’autres longs-métrages, tels que Labyrinthe (Jim Henson, 1986), Hellraiser II : Les écorchés (Tony Randel, 1988) ou encore Freddy V : L’Enfant du cauchemar (Stephen Hopkins, 1989), mais Jeff Wadlow parvient à développer un style qui lui est propre. Très sympathique !

Le Blu-ray

[4/5]

Les amateurs de cinéma horrifique le savent bien : côté Blu-ray, Metropolitan Vidéo ne craint personne : rodé à l’encodage Haute-Définition depuis de nombreuses années maintenant, l’éditeur nous prouve, galette après galette, sa maîtrise incontestée du support. L’image de cette édition Blu-ray d’Imaginary ne fait pas exception à la règle : le piqué est d’une belle précision, les couleurs sont naturelles et éclatantes, et la gestion des noirs ne présente pas la moindre faille… En effet, les contrastes laissent s’affirmer des noirs profonds et denses, ce qui était essentiel si l’on considère que le film se déroule essentiellement de nuit. Côté enceintes, VF et VO sont encodées dans des mixages DTS-HD Master Audio 5.1 très spectaculaires, immersifs et volontiers tonitruants quand les jump-scares font leur apparition. Du beau boulot technique !

Dans la section suppléments, on trouvera tout d’abord un commentaire audio de Jeff Wadlow et DeWanda Wise, qui sera à réserver aux anglophones confirmés puisqu’il nous est proposé en VO sans sous-titres. Intéressants, les deux intervenants souligneront notamment certains petits détails et thèmes qui pourraient échapper au spectateur lors du premier visionnage. On continuera ensuite avec un intéressant making of (19 minutes), artificiellement divisé en quatre parties. Jason Blum, Jeff Wadlow, les acteurs et l’équipe reviendront sur la thématique « universelle » des amis imaginaires, sur les costumes, le bestiaire du film et les effets spéciaux et bien entendu sur la dernière partie du film : l’architecture des lieux, le soin apporté aux petits détails… Enfin, on terminera avec « d’autres cauchemars », à savoir une sélection de bandes-annonces éditeur ; on y retrouvera avec plaisir les trailers de Warm Bodies, La Maison du mal, L’Internat, Esther 2 – Les Origines, The Boy, Monstrous, Lazarus Effect, Jessabelle, Follow_Dead (que l’on n’avait pas reçu à sa sortie mais qui a l’air sympa), La Proie du Diable et Loups-Garous. Très bon choix !

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