Les sorties du 10 juillet 2024

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Sons © 2024 Nikolaj Möller / Nordisk Film Production / Les Films du Losange Tous droits réservés

En cette toute dernière ligne droite avant l’été, rythmée par la fête nationale et une finale de la coupe d’Europe de foot qui sera en toute probabilité remportée par l’Espagne dimanche, les sorties cinéma lèvent, elles aussi, le pied cette semaine. Seule une dizaine de nouveaux films sont à l’affiche à partir d’aujourd’hui. Et si jamais, vous n’y trouvez pas votre compte – ce qui serait étonnant, puisque bon nombre de genres sont couverts par les distributeurs sans peur face au trou estival –, les ressorties se tiendront prêtes, afin de prendre le relais d’une façon tout à fait convaincante. Bref, cette mi-juillet 2024 ne marquera certainement pas l’Histoire du cinéma et même pas celle du box-office. Mais elle vous fournit un nombre très raisonnable de prétextes pour votre mettre à l’abri dans une salle obscure des petits coups de chaleur et des orages occasionnels.

Le thème commun de nos trois recommandations principales de la semaine ne correspond pourtant guère au farniente et à l’insouciance de rigueur en cette saison chaude. En effet, le genre policier se distingue par des histoires désespérément sombres, venues de Chine côté masculin avec Only the River Flows de Wei Shujun, sélectionné l’année dernière au Festival de Cannes dans la section Un certain regard, ainsi que côté féminin du Danemark à travers le tour de force de Sidse Babett Knudsen dans Sons de Gustav Möller et une prestation plus sobre de notre trésor national Isabelle Huppert lors de ses retrouvailles avec André Téchiné dans Les Gens d’à côté, quarante-cinq ans après Les Sœurs Brontë.

En guise de supplément à la qualité plus discutable, le cinéma américain s’y met également, à partir de ce mercredi, aux histoires de femmes policières malmenées par les vestiges d’un passé malheureux dans Longlegs de Osgood Perkins.

Here © 2023 Erik De Cnodder / Quetzalcoatl / Kunstencentrum Buda / KC nOna / 1080 Films / JHR Films
Tous droits réservés

La légèreté est davantage de mise parmi les autres sorties de la semaine. Avec le petit point appréciable en plus que la plupart de ces films disposent d’une durée des plus raisonnables, dépassant à peine l’heure et demie. Il en va ainsi du poétique Here de Bas Devos, présenté l’année dernière au Festival de Berlin dans la section désormais abandonnée des Encounters. De même pour les comédies françaises à l’arrière-goût doux-amer mais aussi à l’esprit un peu fou-fou Le Médium de Emmanuel Laskar et La Récréation de juillet de Pablo Cotten et Joseph Rozé.

Curieusement, ce sont les films américains restants qui vous demanderont le plus gros investissement de temps, soit pour mettre en valeur les exploits dans l’espace de la NASA dans To the Moon de Greg Berlanti, soit pour les quatrièmes aventures des minions, quoiqu’il en soit suffisamment divertissantes pour ne pas s’ennuyer en leur compagnie bordélique, voire anarchiste.

Du côté des films en reprise, votre emploi du temps devra faire preuve de souplesse cette semaine. Tandis qu’il est encore facile d’y faire glisser l’un des plus beaux courts-métrages de l’Histoire du cinéma, Une partie de campagne de Jean Renoir, mieux vaut bloquer sa journée pour découvrir enfin la version restaurée de l’épique Napoléon vu par Abel Gance, projetée en une seule fois à la Cinémathèque Française les dimanches du mois de juillet ou bien en deux parties de plus de trois heures chacune ailleurs. Trois heures, c’est également la durée du magistral Val Abraham de Manoel De Oliveira, l’occasion idéale pour tester si nous sommes toujours aussi réceptifs au style épuré du maître portugais, disparu en avril 2015. Puis, le cinéma latino américain est remis à l’honneur à travers le documentaire musical Saravah de Pierre Barouh et une mini-rétrospective de l’actrice mexicaine Ninon Sevilla.

Pour finir en beauté sur l’un des films les plus doucement poétiques de Emir Kusturica, parti loin des Balkans au milieu des années 1990 pour le loufoque Arizona Dream et son couple improbable formé par Faye Dunaway et Johnny Depp, à la différence d’âge de vingt-deux ans tout de même.

Arizona Dream © 1993 Constellation / Hachette Première / UGC / Studiocanal / Malavida Films Tous droits réservés

Creation of the Gods de Wuershan (Chine, Fantastique, 2h28) avec Huang Bo, Hsiang Fei et Xuejian Li

Les Gens d’à côté de André Téchiné (France, Drame, 1h25) avec Isabelle Huppert, Hafsia Herzi et Nahuel Pérez Biscayart (critique)

Here de Bas Devos (Belgique, Drame, 1h23) avec Stefan Gota, Liyo Gong et Cédric Luvuezo

Longlegs de Osgood Perkins (États-Unis, Policier, 1h41) avec Maika Monroe, Nicolas Cage et Blair Underwood

Le Médium de Emmanuel Laskar (France, Comédie fantastique, 1h20, distribué sur 12 copies) avec Emmanuel Laskar, Louise Bourgoin et Maud Wyler

Moi moche et méchant 4 de Chris Renaud (États-Unis, Animation, 1h35)

Only the River Flows de Wei Shujun (Chine, Policier, 1h42, distribué sur 99 copies) avec Yilong Zhu, Chloe Maayan et Tianlai Hou (critique)

La Récréation de juillet de Pablo Cotten et Joseph Rozé (France, Comédie dramatique, 1h20) avec Andranic Manet, Alassane Diong et Carla Audebaud

Sons de Gustav Möller (Danemark, Drame carcéral, 1h40) avec Sidse Babett Knudsen, Sebastian Bull et Dar Salim

To the Moon de Greg Berlanti (États-Unis, Comédie historique, 2h11) avec Scarlett Johansson, Channing Tatum et Woody Harrelson

Reprises

Arizona Dream (1993) de Emir Kusturica (États-Unis, Comédie dramatique, 2h22) avec Johnny Depp, Faye Dunaway et Jerry Lewis

Trilogie Dead or Alive (1999-2002) de Takashi Miike (Japon, Policier) : Dead or Alive, Dead or Alive 2 Birds et Dead or Alive Final

Napoléon vu par Abel Gance (1927) de Abel Gance (France, Drame historique, 7h16) avec Albert Dieudonné, Vladimir Roudenko et Edmond Van Daële

Saravah (1969) de Pierre Barouh (Brésil, Documentaire musical, 1h)

Ninon Sevilla La Vénus d’or du cinéma mexicain (1949-1954) de Alberto Gout, Emilio Fernandez et Julio Bracho (Mexique) : L’Aventurière, Victimes du péché et Prends-moi dans tes bras

Une partie de campagne (1946) de Jean Renoir (France, Court-métrage, 0h40) avec Sylvia Bataille, Georges Saint-Saens et Jeanne Marken

Val Abraham (1993) de Manoel De Oliveira (Portugal, Drame, 3h07) avec Leonor Silveira, Cécile Sanz De Alba et Luis Miguel Cintra

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