Test Blu-ray 4K Ultra HD : The Marvels

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The Marvels

États-Unis : 2023
Titre original : –
Réalisation : Nia DaCosta
Scénario : Megan McDonnell, Nia DaCosta, Elissa Karasik
Acteurs : Brie Larson, Teyonah Parris, Iman Vellani
Éditeur : Marvel
Durée : 1h45
Genre : Fantastique, Super-héros
Date de sortie cinéma : 8 novembre 2023
Date de sortie DVD/BR/BR4K : 13 mars 2024

Carol Danvers, alias Captain Marvel, doit faire face aux conséquences imprévues de sa victoire contre les Krees. Des effets inattendus l’obligent désormais à assumer le fardeau d’un univers déstabilisé. Au cours d’une mission qui la propulse au sein d’un étrange vortex étroitement lié aux actions d’une révolutionnaire Kree, ses pouvoirs se mêlent à ceux de Kamala Khan – alias Miss Marvel, sa super-fan de Jersey City – et à ceux de sa « nièce », la Capitaine Monica Rambeau, désormais astronaute au sein du S.A.B.E.R. D’abord chaotique, ce trio improbable se retrouve bientôt obligé de faire équipe et d’apprendre à travailler de concert pour sauver l’univers. Un seul nom pour cela : « The Marvels » !

Le film

[3,5/5]

Avec sa « Phase 4 », qui marquait le début de la Saga du Multivers, l’Univers Cinématographique Marvel ou MCU a commencé à se décliner non plus uniquement sous le forme de films de cinéma, mais également sous la forme de séries TV. Le background et les personnages des séries diffusées sur Disney+ sont donc dorénavant étroitement connectés avec ceux des films, ce qui nécessite un certain investissement de la part du spectateur. En effet, en dépit de quelques flashbacks et explications rapides à l’attention des cinéphiles suivant l’évolution du MCU en dilettante, la compréhension et la fluidité narrative de The Marvels nécessite tout de même à priori d’avoir préalablement vu trois séries diffusées sur Disney+ ces dernières années : WandaVision (2021), Ms. Marvel (2022) et Secret Invasion (2023).

Si vous êtes un lecteur régulier de comics, et en particulier de comics Marvel, vous savez pertinemment que de nombreuses séries sont connectées entre elles, et que la lecture d’un run consacré à un personnage en particulier nécessite régulièrement la lecture d’autres comics issus de séries différentes. Il s’agit là d’une des particularités les plus notables de la bande dessinée américaine, en partie liée à son rythme de publication, que l’on ne retrouve que très peu dans la bande dessinée « classique » européenne, même si bien entendu les choses ont également beaucoup évolué dans ce sens dans le Neuvième Art européen ces vingt dernières années. Ce que l’on veut dire par là, c’est que le MCU est également en train d’évoluer, de muter, pour ne plus spécifiquement s’adresser à un public « occasionnel » comme auparavant, mais essentiellement à un public de « fans ». Cette évolution semble naturelle, à moins de se voir obligé à jouer éternellement la carte des reboots et des sempiternelles « origin stories » à destination d’un public de béotiens.

Le lecteur de comics Marvel est assidu, et suit avec attention les différentes sorties que lui propose la Boite à Idées au fil des semaines. C’est tout particulièrement vrai aux Etats-Unis bien entendu, où les comics sont généralement vendus à bas prix (5 dollars en moyenne) ; ça l’est un peu moins dans le reste du monde. Le pari de Marvel Studios avec les phases 4 et 5, qui se concentrent sur la notion de Multivers, est de créer autour du MCU le même engouement qu’autour de ses comics. Par conséquent, afin de ne pas vous voir perdus au sein de la multitude de personnages proposés par The Marvels, il vaudrait mieux que vous sachiez qui sont Carole Danvers (Captain Marvel), Monica Rambeau (WandaVision), Kamala Khan (Ms. Marvel), mais également Nick Fury, les Kree et les Skrulls (Secret Invasion), Valkyrie (Thor Ragnarok), Kate Bishop (Hawkeye) ou encore Hank McCoy (X-Men).

Mais le fait de s’adresser non plus au public traditionnel des blockbusters mais à un public de fans a forcément des conséquences au box-office, et The Marvels en est le parfait exemple : avec des recettes de « seulement » 206 millions de dollars au box-office mondial, le film de Nia DaCosta a en effet enregistré le plus mauvais score dans les salles depuis la création du MCU en 2008. Mais si on considère que les spectateurs s’étant déplacé afin de voir le film dans les salles ont également – pour la plupart – un abonnement à Disney+, l’affaire n’est peut-être pas si mauvaise pour Marvel

The Marvels mélange donc personnages du MCU issus à la fois du grand écran et de la télévision, dans un crossover régulièrement efficace, même si on frôle parfois la surcharge. La multitude de personnages tend en effet à rendre le scénario de Megan McDonnell, Nia DaCosta et Elissa Karasik un peu trop chaotique pour son propre bien : la caractérisation des trois personnages féminins principaux manque un peu de profondeur. C’est un peu dommage pour Brie Larson, Iman Vellani et Teyonah Parris, qui manquent globalement d’occasions de briller et de tirer leur épingle du jeu au cœur de ce gloubi-boulga spatial bordélique mais paradoxalement vraiment attachant. Mais le personnage le plus « sacrifié » au cœur de la narration de The Marvels est sans aucun doute Dar-Benn (Zawe Ashton), qui en dépit de ses motivations liées à des erreurs de Carol dans Captain Marvel, ne parvient jamais à dépasser le statut de simple « méchante » un peu trop unilatérale.

The Marvels pourra également surprendre par ses régulières ruptures de ton. En effet, les relations qui unissent Carol et Kamala sont extrêmement différentes de celles qui lient Carol à Monica, et le scénario du film passe régulièrement et sans transition de passages humoristiques impliquant Kamala et sa famille à d’autres beaucoup plus tragiques quand il s’agit d’évoquer l’histoire de Monica, le destin de sa mère étant intrinsèquement lié à l’histoire de Carol. Les scénaristes du film tentent tant bien que mal de jongler avec ces éléments disparates, mais la réunion de ces différents points d’intrigue déconnectés peine à réellement trouver son chemin de façon réellement homogène dans l’union des trois super-héroïnes que nous propose le film.

Pour autant, si vous avez apprécié les différents films et séries du MCU qui trouvent ici leur point de convergence, il vous sera probablement impossible de nier le plaisir de gosse ressenti à la découverte de The Marvels, qui s’amuse régulièrement de sa propre folie et nous propose un humour souvent assez irrésistible, avec certains passages carrément from outer space, comme cette visite sur une planète où tous les habitants s’expriment en chantant et en dansant, en mode Les Demoiselles de Rochefort. De plus, l’idée de réunir les trois héroïnes par le biais d’un enchevêtrement quantique (qui se solde par des apparitions/disparitions des personnages les uns à la place des autres) lorsqu’elles utilisent leurs pouvoirs simultanément est amusante, et permet à Nia DaCosta – et à ses monteurs Catrin Hedström et Evan Schiff – de nous proposer des scènes d’action assez inédites, tout en restant toujours parfaitement lisibles et réglées comme du papier à musique. Mine de rien, il s’agit là un véritable tour de force technique, comparable à celui des génies de chez Pixar pour Vice Versa : l’ensemble est en effet tellement fluide qu’on en vient à oublier totalement la complexité de cette narration morcelée en trois espaces distincts.

Le Blu-ray 4K Ultra HD

[4/5]

Disponible depuis la mi-mars sous les couleurs de Marvel, The Marvels s’offre un beau transfert au format Blu-ray 4K Ultra HD. D’une façon assez curieuse cependant, le film, tourné en 4K, n’a finalement bénéficié que d’un master 2K, ce qui, dans l’absolu, tend à beaucoup rapprocher les versions Blu-ray et 4K disponibles au sein de l’habituel Combo édité par Marvel. En y regardant de plus près, bien entendu, le transfert au format Blu-ray 4K Ultra HD est légèrement supérieur à son équivalent en 1080p, mais la différence n’est pas forcément aussi spectaculaire qu’à l’accoutumée : le niveau de détail est un peu plus fin, notamment sur les décors en arrière-plan et les costumes, et on notera surtout une différence dans le rendu des couleurs, notamment sur les scènes à effets spéciaux les plus « lumineuses », et ce grâce à la technologie HDR10, qui nous offre des tonalités vives absolument superbes – et d’autant plus spectaculaires que les trois super-héroïnes ont des pouvoirs liés à la lumière. A l’inverse, les noirs sont également renforcés, notamment sur les plans prenant place dans l’espace : les contrastes sont affirmés, les noirs profonds et les étoiles très brillantes. Du beau travail ! Côté son, c’est en revanche un vrai festival de dynamisme : The Marvels nous est proposé en Dolby Atmos en VO, et s’impose sans peine par sa spatialisation extrêmement efficace, proposant des effets parfois surprenants, dont l’impact est encore renforcé par un caisson de basses carrément survitanimé. La répartition et le placement des voix est très subtil et le tout délivre une parfaite efficacité, c’est superbe. Très légèrement en retrait par rapport à sa grande sœur, la version française mixée en Dolby Digital+ 7.1 a un peu de mal à tenir la distance en comparaison, mais parvient néanmoins à nous proposer une immersion folle.

Du côté des suppléments, on commencera avec un commentaire audio de Nia DaCosta et Tara DeMarco (VOST). La réalisatrice et la superviseuse des effets visuels y reviennent sur les effets visuels du film, tout en discutant des défis techniques et créatifs représentés par le film. Elles y évoquent entre autres le mélange entre effets pratiques et effets numériques, les décors, l’équilibre entre le réalisme et la tentation « esthétique ». Elles expliquent également que les échanges de corps mis en scène par le film fonctionnent selon un code de couleurs. Nia DaCosta partagera également avec le spectateur sa passion pour les comics (et notamment pour les X-Men), et admettra s’être d’abord opposée à certaines idées du scénario, tels que le numéro musical sur la planète Hala, mais elle l’a finalement gardé en constatant qu’il fonctionnait parfaitement. Si le commentaire est marqué par quelques silences, il reste cependant globalement sympathique, informatif très intéressant ! Pour les autres bonus, il faudra se diriger vers le Blu-ray du film – on commencera avec une featurette qui fera office de making of (11 minutes) et reviendra sur la conception du film, de son histoire aux décors, en passant par les costumes et les maquillages. On continuera ensuite avec les carnets de bord (6 minutes), qui permettront à Iman Vellani (Ms. Marvel) de nous faire visiter les coulisses de la prooduction avec l’enthousiasme contagieux qu’on lui connait. On poursuivra avec le traditionnel bêtisier (2 minutes), que l’on regardera principalement pour les improvisations hilarantes de Samuel L. Jackson. Enfin, on terminera avec une sélection de quatre scènes coupées (6 minutes). La première met en scène une (autre) apparition de Tessa Thompson dans le rôle de Valkyrie, la deuxième introduit le foulard que Ms. Marvel finira par utiliser en guise d’arme, la troisième met en scène une séance de yoga initiée par la mère de Kamala (Zenobia Shroff), et la dernière est une course poursuite entre Miss Marvel et Ty-Rone, le bras droit de Dar-Benn, incarné à l’écran par Daniel Ings.

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