Test Blu-ray 4K Ultra HD : Aquaman et le Royaume perdu

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Aquaman et le Royaume perdu

États-Unis : 2023
Titre original : Aquaman and the Lost Kingdom
Réalisation : James Wan
Scénario : David Leslie Johnson-McGoldrick
Acteurs : Jason Momoa, Patrick Wilson, Yahya Abdul-Mateen II
Éditeur : Warner Bros.
Durée : 2h04
Genre : Fantastique, Super-héros
Date de sortie cinéma : 20 décembre 2023
Date de sortie DVD/BR/4K : 1 mai 2024

Black Manta, toujours hanté par le désir de venger son père, est maintenant plus puissant que jamais avec le légendaire Trident Noir entre ses mains. Pour l’anéantir, Aquaman doit s’associer à son frère Orm ancien roi d’Atlantide et actuellement emprisonné. Ensemble, ils devront surmonter leurs différences pour protéger leur royaume et sauver le monde d’une destruction irréversible…

Le film

[3/5]

Voilà une dizaine d’années que l’on souligne, sur critique-film, les qualités et les défauts des différentes déclinaisons de l’univers DC Comics, qu’il s’agisse de séries TV, de films d’animation ou de films à destination du grand écran. La comparaison – inévitable – avec les univers multi-supports développés durant la même période par Marvel n’est pas à l’avantage de DC, qui dans tous les domaines semble avoir un train de retard sur son concurrent de toujours, et manque globalement de cohérence, d’audace, et d’une « vision » claire à apporter à leurs projets. Dans le but de redresser la barre et de remettre le studio dans le droit chemin, James Gunn a récemment été nommé à la tête de DC Studios. Attendu comme le messie chez Warner et DC, le scénariste / réalisateur de The Suicide Squad a donc entrepris de réorganiser le DCEU ; le premier projet estampillé James Gunn à voir le jour chez DC sera Superman : Legacy, prévu pour l’été 2025.

Dans un sens, Aquaman et le Royaume perdu est donc un film « charnière » : il s’agit en effet du dernier film déjà en production au moment de la nomination de James Gunn, et représente de ce fait les derniers vestiges d’une époque bientôt révolue, au cœur de laquelle les décisions des financiers et des différents conseils d’administration de DC prenaient le pas sur toute vision ou cohérence artistique. Lancé un peu plus de cinq ans après la bonne surprise que constituait le premier film, Aquaman et le Royaume perdu est une suite qui dénote d’une volonté claire de DC de nous proposer un quasi-copié/collé du premier film, mais qui, fatalement, s’avère un peu bancale. Quand on vous raconte pour la deuxième fois la même blague, en y ajoutant deux/trois nuances, est-ce que vous riez toujours autant que la première fois ?

Toujours calqué sur le modèle décalé et rigolard des aventures de Thor chez Marvel, Aquaman et le Royaume perdu s’ouvre sur une séquence loufoque où notre héros souriant saute d’un hippocampe géant pour mettre une branlée à de méchants pirates. On comprendra rapidement qu’il s’agit d’une histoire racontée par Arthur Curry / Aquaman (Jason Momoa) à son fils Arthur Jr. Après avoir changé quelques couches et s’être fait pisser dessus, Aquaman descendra une poignée de Guinness pendant que sa femme Mera (Amber Heard) plie le linge. La suite du film récapitule les événements du premier Aquaman, pour mieux préparer le spectateur au retour des deux méchants du premier film, à savoir Black Manta (Yahya Abdul-Mateen II) et Orm (Patrick Wilson). Quand on vous parlait de copié/collé… Alors bien sûr, Black Manta est « plus puissant », et Orm est « plus gentil », mais en gros, on prend les mêmes et on recommence.

La justification du retour du personnage d’Orm est d’ailleurs un des points les plus étranges de l’intrigue d’Aquaman et le Royaume perdu. Selon les propos d’Aquaman, Orm est en effet « le seul à pouvoir l’aider » à affronter Black Manta. Heu, les gars, la Justice League, ça vous dit quelque-chose ? N’aurait-il pas été plus judicieux de faire appel à Batman, Flash ou Wonder Woman plutôt que de se lancer dans une mission commando afin de faire s’évader un repris de justice ? Cela dit, si absurde soit-elle, cette décision de faire sortir Orm de la geôle où il croupissait permet au film de mettre en scène leurs retrouvailles, ainsi que la fraternité réticente qui renait entre les deux personnages, notamment par le biais d’une série de scènes de combat en équipe qui constituent probablement la meilleure partie du film.

Pour le reste, Aquaman et le Royaume perdu lève un peu le pied sur les effets spéciaux en CGI, notamment en ce qui concerne les décors kitsch surchargés de couleurs, et nous propose des effets visuels globalement plus satisfaisants que ceux du premier film, qui donnaient parfois l’impression de cinématiques PlayStation non finalisées. Pour autant, on aura toujours droit à une série de batailles à grande échelle truffées d’images de synthèse très inégales – une marque de fabrique de DC Studios, qu’on espère voir disparaître sous le règne de James Gunn. Le scénario tend certes un peu à se disperser, mais parvient à conserver une tonalité relativement uniforme, ne faisant pas trop le yoyo entre les scènes solennelles et les bouffonneries. Enfin, et surtout, on appréciera que la durée du film ait été revue à la baisse : les films issus du DCEU ont régulièrement tendance à dépasser les deux heures trente, voire même de flirter avec les trois heures. Aquaman et le Royaume perdu quant à lui n’affiche que 2h04 au compteur, générique compris : c’est peut-être bien là le point le plus positif du film de James Wan.

Le Blu-ray 4K Ultra HD

[5/5]

Aquaman et le Royaume perdu vient de sortir au format Blu-ray 4K Ultra HD chez Warner Bros. Contrairement à la grande majorité des films de super-héros, le film de James Wan a été diffusé dans les salles en Scope, mais débarque en UHD au format 1.78, un format large qui correspond tout à fait au format de la plupart des écrans modernes, et « maximise » de ce fait le rendu visuel de l’ensemble, un peu comme en IMAX. Et qu’on se le dise : si le rendu 4K du premier Aquaman était déjà éblouissant, le transfert UHD d’Aquaman et le Royaume perdu le surpasse en tous points. Le niveau de détail est saisissant, et le film nous offre un rendu visuel tout simplement époustouflant, en mode quasi non-stop du début à la fin. Les textures, les couleurs, les éléments d’arrière-plan, les niveaux de noir, les blancs extrêmement lumineux, la saturation des couleurs en mode overdose de rainbow : de toute évidence, c’est un festival de money shots de la mort qui tue, et l’ensemble tire encore clairement parti de sa présentation en Dolby Vision / HDR10, qui accentue encore les couleurs et l’intensité du feu d’artifice. Une tuerie ! Côté son, évidemment, ça dépote également, d’autant que la branche française de Warner Bros. a fait l’effort de proposer le film en Dolby Atmos à la fois en VO et en VF (deux pistes qui seront décodées en Dolby TrueHD 7.1 sur les amplis non compatibles). Les amateurs de gros son et de super-héros seront ravis, d’autant que dans les deux cas, on est en présence de mixages extrêmement bourrins : l’immersion est optimale pour le spectateur, la spatialisation joue la carte de l’efficacité tonitruante, et la grande majorité du film présentant un champ sonore largement actif, vos esgourdes ne trouveront pas plus de repos que vos mirettes. Du lourd !

Du côté des suppléments, comme à son habitude, Warner Bros. nous propose un ensemble plutôt fourni de featurettes carrées et informatives. On commencera avec un making of (21 minutes), qui donnera évidemment la parole à la star Jason Momoa et au réalisateur James Wan, mais également au patron de la branche « comics » de chez DC, le légendaire Jim Lee, au chef décorateur Bill Brzeski et à d’autres membres clés de l’équipe. On y reviendra sur les différents défis relevés sur le tournage du film, notamment en ce qui concerne les scènes sous-marines. On y reviendra ensuite plus précisément sur les décors du film (10 minutes), sur la relation Arthur / Orm (4 minutes), sur le personnage de Black Manta (10 minutes) ainsi que sur la cité de Necrus (6 minutes), dans laquelle on découvrira – un peu trop brièvement – la création visuelle du royaume perdu, son histoire dans les comics ainsi que les dessous du combat final tourné en plan-séquence. On continuera avec un focus sur deux séquences d’action du film : la scène d’évasion d’Orm du monde des déserteurs (8 minutes), et celle de la bagarre dans la tanière du poisson-roi (4 minutes). Ces deux courts sujets permettront de mettre l’accent sur de petits détails que l’on n’avait pas pu remarquer tant les scènes sont surchargées d’un point de vue visuel. Enfin, on terminera avec une featurette dédiée au personnage de la pieuvre Topo (2 minutes), l’amusant céphalopode et collaborateur d’Aquaman durant la scène de l’évasion.

On notera également que le Blu-ray 4K Ultra HD de Aquaman et le Royaume perdu édité par Warner Bros. est présenté dans un superbe Steelbook aux couleurs du film.

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