Damages, saison 5, épisode 6

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Plus que jamais la fin se fait sentir, alors que les héroïnes elles-mêmes font tout pour que l’épopée enfin se termine. Au rythme de la tension, l’émotion monte d’un cran. Merveilleuse préparation au déchirement à prévoir.

Jusqu’au bout, les scénaristes de s’en seront tenus à leur schéma de construction. L’emprunt de chemins sinueux pour rejoindre la falaise. Cette route sur laquelle les intérêts des autres rencontrent ceux des héroïnes ; une progression au cap précisément choisi. Car au bout, il y a la surprise : un panorama éblouissant, peinture à l’italienne des sentiments de ces femmes de poigne, celles qui – par leur relation – portent la série (et leur message) à bout de bras. Ellen Parsons et Patty Hewes.

Certes, le chemin a parfois déçu. Il déçoit encore. Parce que cette année, ni Channing ni Rachel ne sont les personnalités qui surpasseront la force de caractère d’un Frobisher ou la malice des Toblin. Les deux personnages, moins opposés qu’adversaires, se rejoignent : effacés, fades ; et pourtant imposés au devant de la scène. Une exposition qui ne dérange pas outre mesure quand, dans Damages, les personnages secondaires servent toujours bien plus la mécanique pure de l’affaire (avec brio) que l’amplification émotionnelle du drame. Simples pions sur l’échiquier des avocates.

Parce que, sur le chemin, on rencontre aussi les rêves, dont la vision ne dérangerait pas s’ils n’étaient pas utilisés (depuis des années) avec redondance et facilité. Une astuce qui, cette semaine, rappelle à Ellen (et au téléspectateur) la déception qu’aura été sa rencontre avec Patty : la mort de David et sa propre agression. Une émotion qui revient la hanter avec force, comme si c’était hier. Et la motive d’autant plus à tout faire (jusqu’à s’allier avec son ennemie et orchestrer un faux témoignage) pour enfin rompre le lien de la seule manière possible : la victoire de l’une d’entre elles.

Un chemin aux détours critiquables, qui a la qualité de ne jamais décevoir quand il s’ouvre sur sa conclusion ; des sommets sur lesquels Damages n’a jamais trébuché. Et ne trébuche toujours pas, puisqu’elle le prouve encore : c’est quand Patty et Ellen se retrouvent pour faire le bilan que la série brille d’intelligence. Performance, dialogues, écriture… Le sixième épisode de l’ultime saison se ferme sur une pointe de perfection. Face-à-face qui oppose le recul d’Ellen, sur la hauteur, révulsée par son opposée, à la charge de Patty, confiante, mais douce-amère quand elle repense à sa protégée, tout en ambiguité.

C’est sûr. Une grande série vit ses dernières heures.

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