Berlinale 2016 : les Teddy Awards

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teddy Awards 2016 BANNIERE

Quelques heures avant le palmarès du jury de la compétition officielle présidé par Meryl Streep, nous connaissons déjà celui des Teddy Awards qui fêtait cette année sa trentième édition. À cette occasion une mini rétrospective a été organisée avec les projections de quelques classiques de la famille LGBT (lesbiens, gay, bi et trans) dont Différent des autres de Richard Oswald, tourné en 1919 et considéré comme le premier film gay de l’histoire du cinéma. Il y dénonçait le paragraphe 175 qui pénalisait toute relation homosexuelle entre hommes en Allemagne. , alias le futur Jaffar dans Le Voleur de Bagdad, y joue un violoniste qu’un prostitué fait chanter. Un hommage a été rendu à la réalisatrice Chantal Akerman, disparue le 5 octobre dernier (voir l’hommage de Tobias en cliquant ici).

Différent des autres de Richard Oswald

Parmi les précédents lauréats, citons les premiers en 1987 Pedro Almodóvar (La Loi du désir) et Gus van Sant pour des courts-métrages (Five Ways to Kill Yourself et My New Friend), Derek Jarman à plusieurs reprises (The Last of England, Edward II, Wittgenstein), de Rose Troché, The Watermelon Woman de Cheryl Dunye, et Paragraph 175 signés et , de Lukas Moodysson, Gouttes d’eau sur pierres brûlantes de François Ozon, Wild Side et Bambi de , Keep the Lights On d’Ira Sachs, Aime et fais ce que tu veux de Małgorzata Szumowska. , muse de Jarman, fut honorée deux fois (en 1988 et 2008), , John Hurt, Werner Schroeter, Ulrike Ottinger ou Udo Kier ont reçu des Teddy honorifiques au cours de ces dernières années.

tilda swinton

Quinze longs-métrages de fiction, dix documentaires et douze courts-métrages étaient en lice cette année. C’est l’autrichien (Tomcat) de Händl Klaus qui a reçu le Teddy du meilleur long-métrage de fiction. Si l’on comprend le choix dans la représentation de la vie quotidienne de deux hommes qui vivent en couple, heureux, souvent nus à l’écran, rien n’étant caché de leurs éventuelles érections (ce qui reste rare dans le cinéma gay «grand public» -c’est relatif-), l’histoire et le style du film nous ont paru un peu balourds. Lorsque Stefan commet un acte d’une grande violence de façon totalement inattendue, Andreas est déstabilisé et leur cohabitation devient difficile, voire impossible. L’idée est intéressante, porteuse d’enjeux importants autour du couple et de la culpabilité mais son traitement maladroit (la façon dont l’acte est filmé, pouvant être interprété comme un accident, la réaction du témoin devant être moins nette vu l’angle où il se trouvait) et son incommensurable lenteur en atténuent la portée. Et l’on se demande régulièrement pourquoi ils ne retrouvent pas leurs vêtements qu’ils ne se remettent qu’à porter que lorsqu’ils reçoivent des amis ou après «l’incident» comme si le fait de se rhabiller avait une portée symbolique pour illustrer (sans grande subtilité) la distance entre eux. Dommage, cela aurait pu être magnifique, c’est juste ennuyeux à regarder.

Tomcat kater

(You will never be alone) d’Alex Anwandter (Chili), directement inspiré par le meurtre de Daniel Zamudio, homosexuel chilien, par des néo nazis en mars 2012, reçoit le Prix spécial du jury des fictions. Prix du public pour Theo et Hugo dans le même bateau produit en toute indépendance par Oliver Ducastel et et qui semble être leur film le plus radical (la scène d’ouverture en particulier) après des œuvres plus accessibles. Sortie en salles le 27 avril prochain. Enfin côté longs fiction toujours, Don’t call me son, nouveau film déjà d’Anna Muylaert après Une seconde mère sortie le 24 juin 2015 en France, obtient le Prix des lecteurs de la revue Männer.

Le Teddy du meilleur court-métrage revient à Moms on Fire de Joanna Rytel (Suède), film d’animation en pâte à modeler avec deux femmes hétérosexuelles enceintes qui se masturbent. Le Teddy du meilleur documentaire revient à de Sara Jordenö (Suède, encore), sur les compétitions de voguing au sein de la communauté LGBT noire aux Etats-Unis.

Moms on fire ci-dessus et Kiki ci-dessous
Moms on fire ci-dessus et Kiki ci-dessous

Kiki de Sara Jordenö

Un Teddy honorifique a été remis à la productrice américaine Christine Vachon qui a produit le premier film de Todd Haynes (Poison, Teddy en 1991) et d’autres encore, jusqu’au dernier Carol, ainsi que Boys Don’t Cry, Hedwig and the Angry Inch (Teddy 2001) ou plus récemment Still Alice qui a permis à Julianne Moore de recevoir son premier oscar.

Christine Vachon (photo : Jonathan Hordle/Rex/Shutterstock)
Christine Vachon (photo : Jonathan Hordle/Rex/Shutterstock)

 

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