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Test Blu-ray 4K Ultra HD : They Will Kill You – La Tuerie de l’Année !

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They Will Kill You

États-Unis : 2026
Titre original : –
Réalisation : Kirill Sokolov
Scénario : Kirill Sokolov, Alex Litvak
Acteurs : Zazie Beetz, Patricia Arquette, Myha’la
Éditeur : Warner Bros.
Durée : 1h35
Genre : Horreur, Action
Date de sortie cinéma : 25 mars 2026
Date de sortie DVD/BR/4K : 29 juillet 2026

Une jeune femme doit survivre toute une nuit, enfermée dans le mystérieux et sordide repaire d’une secte démoniaque, et tout faire pour ne pas devenir leur prochain sacrifice. Une lutte acharnée, des combats saisissants et un humour profondément noir vous attendent…

Le film

[4,5/5]

Il suffira de quelques minutes au spectateur pour comprendre que They Will Kill You ne joue pas selon les règles habituelles du cinéma de genre. Kirill Sokolov ne s’intéresse visiblement pas aux films d’horreur qui avancent en rang d’oignons avec leurs trois jumpscares réglementaires et leur cahier des charges bien repassé. Son terrain de jeu ressemble davantage à un laboratoire où l’on aurait enfermé Sam Raimi, Walter Hill, une poignée de VHS de films de kung-fu des années 70 et un opérateur caméra ayant décidé que la gravité n’était finalement qu’une question de point de vue. A l’image, le moins que l’on puisse dire est que le résultat déborde d’une énergie presque insolente. Chaque couloir devient une rampe de lancement, chaque porte promet un nouveau déraillement visuel, chaque étage semble cacher une idée de mise en scène suffisamment folle pour faire passer une caméra embarquée pour un animal sauvage échappé d’un zoo. They Will Kill You retrouve cette sensation devenue rare d’un cinéma qui semble constamment inventer sa grammaire au fur et à mesure qu’il la prononce.

L’hôtel Virgil ne sert d’ailleurs pas simplement de décor. They Will Kill You en fait un organisme vivant, une espèce de château hanté contemporain dont les murs semblent avoir développé leur propre mauvaise humeur. Derrière la débauche de violence et les éclaboussures d’hémoglobine, Kirill Sokolov construit progressivement une réflexion assez savoureuse sur les hiérarchies sociales, les rapports de domination et cette étrange mécanique qui pousse certains êtres humains à considérer les autres comme de simples meubles… ou de simples dommages collatéraux. Le bâtiment devient alors une métaphore verticale où chaque étage représente une strate de pouvoir supplémentaire, jusqu’à transformer l’ascension physique de l’héroïne en véritable parcours initiatique. Voilà une idée vieille comme le conte de fées, et dans l’absolu, le point de départ du film pourra rappeler celui de Wedding Nightmare, mais Kirill Sokolov se démarque rapidement de son modèle grâce à une délicatesse formelle qui évoque celle d’un bélier lancé contre une porte blindée.

Ce qui impressionne surtout dans They Will Kill You, c’est cette manière de faire dialoguer le fond et la forme sans jamais donner l’impression de vouloir impressionner le spectateur à tout prix. La caméra ne virevolte pas pour le plaisir de montrer qu’elle sait faire des pirouettes. Elle épouse constamment l’état mental des personnages, accélère avec eux, trébuche avec eux, fonce dans les murs, rebondit presque sur les plafonds avant de retrouver miraculeusement son équilibre. Impossible de ne pas retrouver ici l’esprit des premiers films de Sam Raimi, et de son formidable Evil Dead II, lorsque la caméra semblait possédée par une créativité incontrôlable et transformait le moindre travelling en attraction de fête foraine construite avec trois planches, deux boulons et un enthousiasme contagieux. Cette inventivité permanente donne à They Will Kill You un charme presque artisanal malgré ses moyens autrement plus confortables. Le cinéma retrouve alors quelque chose de profondément ludique, comme un enfant qui aurait découvert qu’il était possible de raconter une histoire en dessinant directement sur les murs.

Cette jubilation permanente ne fonctionnerait pourtant pas sans une véritable rigueur dans la construction des séquences d’action. They Will Kill You refuse le montage épileptique qui consiste à découper un coup de poing en quinze plans pour masquer un manque d’idées. Kirill Sokolov préfère chorégraphier ses affrontements comme de petites histoires autonomes, chacune possédant son rythme, ses respirations et son identité visuelle. Certaines bagarres évoquent le cinéma de Walter Hill par leur brutalité sèche, d’autres lorgnent franchement du côté de The Raid, de John Wick ou de Nobody dans leur gestion de l’espace, mais le film conserve toujours sa personnalité. Une caméra traverse un plafond, glisse le long d’une cage d’escalier, disparaît derrière une cloison avant de réapparaître là où personne ne l’attendait, comme si elle jouait elle aussi à cache-cache avec la mort. Une ou deux trouvailles sont tellement culottées qu’elles donnent presque envie d’hurler son bonheur et d’applaudir au milieu du salon, ce qui reste généralement mal vu du voisinage, surtout après minuit.

Cet humour noir, souvent très gras sans jamais sombrer dans la facilité, constitue d’ailleurs l’autre grande réussite de They Will Kill You. Le film ose parfois flirter avec le mauvais goût, lance quelques plaisanteries délicieusement déplacées et n’hésite pas à transformer une exécution particulièrement barbare en gag visuel d’une fraction de seconde. Votre vieille tante bien-pensante pousserait probablement des cris d’orfraie en découvrant certaines séquences du film. Mais derrière cette irrévérence assumée, Kirill Sokolov rappelle surtout que le rire et la violence entretiennent depuis toujours une relation étrange au cinéma. Les cartoons de Tex Avery, les délires de Sam Raimi, les explosions sanguinolentes de Peter Jackson dans Braindead ou même certains films de Quentin Tarantino reposent sur cette même logique : provoquer un éclat de rire précisément parce que la mise en scène assume son artificialité. They Will Kill You appartient clairement à cette famille-là. Les geysers de sang ne cherchent pas le réalisme mais l’excès, presque la chorégraphie abstraite, comme si chaque projection écarlate devenait un coup de pinceau supplémentaire sur une immense toile en mouvement.

Impossible enfin d’énumérer les qualités de They Will Kill You sans saluer l’engagement de Zazie Beetz, formidable d’intensité physique autant que d’humanité. L’actrice compose une héroïne qui ne se résume jamais à une machine à distribuer les coups, conservant une fragilité qui rend chacune de ses décisions plus tangible. À ses côtés, Heather Graham, Patricia Arquette et Tom Felton (alias Drago Malefoy) s’amusent visiblement comme des enfants auxquels on aurait confié les clés d’une fête foraine interdite aux adultes raisonnables. Cette implication collective nourrit l’impression que They Will Kill You a été fabriqué par des cinéphiles profondément amoureux des films d’action et d’horreur qui les ont façonnés. Pas pour les imiter servilement, mais pour leur rendre l’énergie, la liberté et ce grain de folie qui manque parfois aux productions contemporaines. À l’heure où une partie du cinéma de genre semble calibrée par des tableurs Excel plus que par des pulsions de mise en scène, Kirill Sokolov signe une véritable déclaration d’amour aux images qui débordent du cadre, aux caméras qui refusent de marcher au pas et aux films suffisamment vivants pour donner l’impression qu’ils pourraient mordre le spectateur si celui-ci s’approchait un peu trop près de l’écran. Une sacrée claque, et l’une des propositions les plus réjouissantes du cinéma d’action horrifique de ces dernières années.

Le Blu-ray 4K Ultra HD

[4/5]

They Will Kill You sort ces jours-ci au format Blu-ray 4K Ultra HD sous les couleurs de Warner Bros., et côté technique, l’éditeur a vraiment soigné son bébé, qui bénéficie d’une présentation à la hauteur de ses ambitions visuelles. Encodée en 2160p et HDR10 + Dolby Vision, la galette Katka restitue avec précision la photographie volontairement sombre imaginée par Kirill Sokolov et son directeur de la photographie Isaac Bauman (Channel Zero). L’essentiel de l’action se déroule dans les couloirs obscurs de l’hôtel Virgil, où les ombres semblent attendre leur heure derrière chaque porte. Le Blu-ray 4K Ultra HD respecte parfaitement cette approche sans jamais chercher à artificiellement éclaircir l’image. Les noirs restent profonds sans être bouchés, les nombreuses nuances de gris, de bleu acier et d’ambre conservent une excellente lisibilité, tandis que les rares touches de couleurs plus vives – enseignes lumineuses, éclairages d’urgence ou jaillissements d’hémoglobine – profitent pleinement de l’apport de la technologie Dolby Vision. Le piqué se montre irréprochable sur les textures des costumes, les matières des décors ou les visages des comédiens, révélant un niveau de détail que le Blu-ray standard aurait probablement eu davantage de mal à restituer. Quelques effets numériques, notamment certaines projections de sang, trahissent ponctuellement leur nature artificielle, mais il s’agit davantage d’une limite inhérente aux effets visuels que du transfert lui-même. L’encodage ne montre jamais le moindre signe de faiblesse : une démonstration technique particulièrement solide qui met idéalement en valeur la mise en scène extrêmement mobile du film. Côté son, la version originale en Dolby Atmos s’impose naturellement comme la référence grâce à une spatialisation spectaculaire qui exploite chaque recoin de l’hôtel Virgil. Les effets surgissent avec une précision redoutable, qu’il s’agisse d’un coup frappé derrière une porte, d’un projectile traversant une pièce ou des nombreuses courses-poursuites entre les différents étages. Les enceintes de hauteur sont régulièrement mises à contribution, notamment lors des scènes de pluie ou de plusieurs séquences verticales où la conception sonore accompagne parfaitement les déplacements des personnages d’un niveau à l’autre du bâtiment. La musique originale et les nombreux morceaux hip-hop bénéficient eux aussi d’une belle ampleur, renforçant encore l’énergie du film sans jamais masquer les dialogues. Face à cette prestation de très haut niveau, la version française en Dolby Digital 5.1 s’en sort néanmoins avec les honneurs. Si elle ne peut rivaliser avec l’enveloppement et la précision offerts par le Dolby Atmos, elle conserve une excellente dynamique, des dialogues parfaitement intelligibles et une répartition convaincante des effets sur l’ensemble des canaux. Les scènes d’action restent particulièrement percutantes, le caisson de basses répond présent dès que nécessaire et l’ensemble offre un confort d’écoute tout à fait recommandable. Une VF solide, qui permettra aux amateurs de doublage français de profiter pleinement du spectacle sans avoir le sentiment d’opter pour une solution au rabais.

Du côté de la section suppléments, les quelques modules mis en boite par Warner se montrent certes relativement concis, mais ils évitent l’écueil du remplissage en proposant plusieurs featurettes qui éclairent efficacement la fabrication de They Will Kill You. Le making of (8 minutes) constitue une excellente porte d’entrée dans les coulisses du film. Kirill Sokolov, Heather Graham, Tom Felton, Patricia Arquette, Zazie Beetz et les producteurs Andy et Barbara Muschietti reviennent sur la naissance du projet, les origines du scénario et les intentions qui ont guidé cette étonnante hybridation entre cinéma d’action, horreur et humour noir. Même si le format reste relativement classique, alternant entretiens face caméra et images de tournage, le module a le mérite de mettre rapidement en évidence la passion communicative de toute l’équipe. On continuera ensuite avec un focus sur le Production Design, et plus particulièrement sur l’hôtel Virgil (8 minutes). Là encore, Kirill Sokolov retrouve une partie de son équipe afin de détailler la conception de ce décor central qui dépasse largement son simple statut de lieu de l’action. Les différents intervenants expliquent comment l’hôtel a été pensé comme un véritable personnage, avec ses propres codes architecturaux, sa verticalité oppressante, ses couloirs labyrinthiques et ses multiples niveaux permettant d’imaginer des déplacements de caméra toujours plus ambitieux. Chaque étage possède ainsi sa propre identité visuelle, tandis que la circulation des personnages influence directement le découpage et les mouvements de caméra.

Le module suivant est consacré à la préparation physique de Zazie Beetz, ainsi qu’aux scènes d’action qui la mettent en scène (7 minutes). Zazie Beetz, les coordinateurs des cascades et plusieurs membres de l’équipe reviennent sur les semaines d’entraînement ayant permis à l’actrice d’endosser un rôle particulièrement exigeant. On y découvre les répétitions, les chorégraphies, les ajustements techniques et les nombreuses heures nécessaires ayant été nécessaires afin de parvenir à cette fluidité qui donne parfois l’impression que les affrontements ont été improvisés sur le moment. Rien n’est évidemment laissé au hasard. Chaque coup, chaque chute, chaque déplacement répond à une mécanique extrêmement précise, pensée autant pour la sécurité des interprètes que pour la lisibilité de l’action. Enfin, le module consacré aux effets spéciaux (5 minutes) conclut cette section bonus de manière particulièrement instructive. Sans entrer dans un niveau de détail réservé aux professionnels, il montre comment plusieurs des séquences les plus spectaculaires de They Will Kill You ont été élaborées en combinant effets mécaniques, maquillages, accessoires, cascades réelles et interventions numériques ponctuelles. La featurette insiste d’ailleurs sur la volonté de Kirill Sokolov de privilégier autant que possible les effets concrets, les projections physiques et les décors tangibles afin de préserver cette sensation d’impact qui caractérise le film. On comprend rapidement que si They Will Kill You possède parfois des allures de cartoon ultraviolent, sa fabrication reste profondément artisanale dans son état d’esprit, héritant directement de toute une tradition du cinéma de genre où l’inventivité comptait souvent davantage que les moyens. Bref, au final, Warner Bros. nous livre avec cette édition Katka de They Will Kill You une édition qui accompagne intelligemment un film débordant d’inventivité, et qui permet surtout de mesurer à quel point le chaos jubilatoire proposé à l’écran par Kirill Sokolov repose sur une préparation méticuleuse. Derrière cette impression de joyeux carnage filmé à l’adrénaline pure se cache en réalité une mécanique d’une précision d’horlogerie… simplement construite avec davantage de faux sang que de rouages.

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