Ma famille de samouraïs
Brésil : 2025
Titre original : Meu Avô é um Nihonjin
Réalisation : Célia Catunda
Scénario : Rita Catunda d’après le roman « Nihonjin » d’Oscar Nakasato
Interprètes : Justine Hostekint, Laurent Pasquier, Angélique Heller
Distribution : Gebeka Films
Durée : 1h22
Genre : Famille, histoire
Date de sortie : 16 septembre 2026
3.5/5
Synopsis : Sao Paulo, années 1980… Noboru doit préparer pour l’école un exposé sur ses origines japonaises qu’il a toujours cherché à gommer. Il doit alors se tourner vers son grand-père grincheux, Hideo, pour apprendre à connaître en profondeur sa famille et l’histoire de l’arrivée de ce dernier au Brésil en 1920, quand il était encore un jeune homme.
Ayant toujours voulu éviter d’évoquer son passé et son déracinement, poussé par son épouse, adorable grand-mère, Hideo accepte à contre-cœur de raconter à Noboru son histoire et son installation en Amérique du Sud. Au fur et à mesure que ce dernier plonge dans le récit de l’exil de ses ancêtres, le jeune écolier se plaira à s’approprier cette culture de l’autre bout du monde et découvrira même l’existence d’un oncle inconnu…

Japonais, mais brésilien ; brésilien, mais japonais De plus en plus de pays, dont la France, ont bien sûr sur leur sol des populations dont l’origine lointaine est locale mais aussi des populations d’origines géographique, culturelle et linguistique différentes. Pour certains, ces populations venues d’ailleurs représentent une richesse, pour d’autres, une calamité. Mais comment cette situation est-elle vécue par ces populations venues d’ailleurs et par leurs descendants ? Ces populations doivent elles le plus rapidement possible adopter les us et coutumes de leur nouveau pays et oublier complètement d’où elles viennent ou bien peuvent elles continuer à conserver une part, fut elle minime, de leur identité d’origine ? C’est du Brésil que nous parvient un film ayant pour but de répondre à ces questions. Le Brésil, un des pays au monde qui compte la plus grande diversité quant aux origines de sa population. Concernant ces origines, tout le monde pense (ou, du moins, devrait penser !) aux populations autochtones, celles qui occupaient le territoire avant l’arrivée des européens ; nul n’ignore que, au fil du temps, une importante population d’origine européenne est venue s’installer au Brésil ; on connait aussi, bien sûr, l’importance de la population afro-brésilienne, due surtout à la traite des esclaves du temps de la colonisation. Par ailleurs, on se doute que, depuis le temps, un important phénomène de métissage a brassé toutes ces populations. Par contre, on sait peu, voire pas du tout qu’une importante communauté d’origine japonaise est implantée au Brésil au point que Liberdade, un quartier de São Paulo, abrite une des plus grandes communautés japonaises au monde en dehors du Japon.
C’est sous la forme d’un film d’animation, adapté du roman « Nihonjin » de l’écrivain brésilien d’origine japonaise Oscar Nakasato, que la réalisatrice Célia Catunda nous introduit au sein de cette communauté. On y retrouve à São Paulo, dans les années 80, Noboru, un gamin de 10 ans, dont, à l’école, les meilleurs camarades sont Laura, une fillette ayant une origine italienne, et Beto, aux origines afro-brésiliennes. Leur instituteur a demandé à l’ensemble des élèves de leur classe de préparer un exposé sur les origines de leurs familles respectives. Gros problème pour Noboru : il se sent brésilien et il n’a pas la moindre idée de ce que peuvent être les origines de sa famille. Son seul espoir réside dans tout ce que Hideo, un de ses grand-pères, pourrait lui raconter sur ce sujet. Nouveau problème pour Noboru : Hideo n’est pas particulièrement disert et encore moins lorsqu’il s’agit de raconter l’histoire de sa vie. Lui tirer les vers du nez va demander beaucoup de patience et de diplomatie à Noboru, Hideo, grincheux et têtu, ayant tendance à se braquer lorsqu’il est interrompu. Au bout du compte, Noboru va réussir à recueillir tous les éléments dont il a besoin pour faire son exposé (le long périple en bateau effectué en 1920 par Hideo et sa première femme pour rejoindre le port brésilien de Santos depuis le port japonais de Kobe, la vie difficile des immigrés japonais dans les plantations de café, les habitations misérables dans lesquelles ils sont logés, les meubles qu’ils doivent fabriquer eux-même, le racisme qu’ils subissent, la présence d’un seul magasin où ils peuvent s’approvisionner et où, bien sûr, tout est extrêmement cher, le logement que Hideo doit quitter au décès de sa première épouse, l’amitié et l’entraide avec la famille japonaise chez qui il va loger, l’acquisition par des japonais de leur propre exploitation agricole, les problèmes posés pendant la 2ème guerre mondiale par le positionnement dans les camps opposés du Brésil et du Japon, les problèmes posés au sein de la population d’origine japonaise à l’issue de la guerre par le refus d’une partie de cette population d’accepter la défaite japonaise). Mais il y a encore plus important dans ce que son grand-père lui apprend : l’existence d’un oncle dont il n’avait jamais entendu parler, un oncle rejeté par Hideo du fait de leur divergence quant à la réponse à apporter aux questions liées à leur double appartenance : japonais, mais brésilien ; brésilien, mais japonais. Le choix de traiter ce sujet sous la forme d’un film d’animation apparait comme étant parfaitement justifié, lui permettant entre autre de pouvoir être proposé à des enfants de 7 ans et plus tout en étant d’un grand intérêt pour des adultes. On notera que le graphisme à la fois détaillé et léger et les couleurs d’une grande douceur de ce film sont inspirées de l’œuvre de Oscar Oiwa, un artiste brésilien d’origine japonaise.

















