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Cannes 2026 : les affiches dévoilées

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Avec l’annonce hier soir du motif de l’affiche officielle et à moins de trois semaines du coup d’envoi de sa 79ème édition, nous sommes désormais en mesure de vous présenter les visuels qui illustreront cette année le Festival de Cannes. Comme ce fut le cas les années passées, les panneaux le long de la Croisette et en haut des marches du Palais du festival arboreront des images soit créées pour l’occasion, soit en hommage à des moments marquants de l’Histoire plus ou moins récente du festival. Et à l’image des quatre sections parallèles et leurs sélections hautement éclectiques, il nous paraît impossible d’y déceler un style ou un choix esthétique commun. Si ce n’est l’échange entre la forêt et les personnages sur les affiches respectives de la Quinzaine des Cinéastes et de la Semaine de la Critique.


Comme d’habitude, c’était l’ACID, l’Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion, qui avait dévoilé la première son affiche officielle. C’était le mardi 10 mars, deux mois complets avant l’ouverture de sa 34ème édition qui se tiendra en marge du festival, du mercredi 13 au vendredi 22 mai prochains. A travers le motif de la maison refuge, construite de bric et de bloc, l’illustrateur français Gaetan Sahsah, basé à Albi dans le Tarn, a souhaité rendre hommage à « cette section qui se réinvente chaque année en marge du festival ».

© 2026 Gaetan Sahsah / Association du Cinéma Indépendant
pour sa Diffusion Tous droits réservés

La sélection 2026 de l’ACID avait été annoncée, quant à elle, la semaine dernière, le mardi 14 avril. Conçue à partir de centaines de titres soumis au comité de sélection, composé de treize cinéastes, elle contient neuf longs-métrages, dont six premiers films. Certains réalisateurs dont les films ont été présentés lors des éditions précédentes de l’ACID ou soutenus par l’association avaient participé au processus de sélection : Sylvain George (Nuit obscure – ACID 2025), Martin Jauvat (Grand Paris – ACID 2022), Maxime Jean-Baptiste (Kouté Vwa), Hélène Milano (Château Rouge – ACID 2024), Thomas Paulot (Municipale – ACID 2021), Philippe Petit (Détours) et Déni Oumar-Pitsaev (Imago).

L’accompagnement des films sélectionnés cette année à l’ACID se prolongera à la rentrée, à travers les traditionnelles reprises dans plusieurs grandes villes de France et à l’étranger. On en saura un peu plus en juillet, lors de l’annonce du programme complet de ces cycles de rattrapage.


Une semaine plus tard, c’est-à-dire le mardi 17 mars, la Quinzaine des Cinéastes nous a amenés dans les bois. Toujours aussi férue de motifs atypiques, cette section parallèle, qui s’appelait encore la Quinzaine des réalisateurs jusqu’en 2022, a fait le choix d’un motif dans le plus pur esprit de son créateur, le réalisateur français Alain Guiraudie. Avec cet homme nu qui marche dans la forêt, une photographie issue de la dernière série de Guiraudie exposée à la galerie Crèvecœur à Paris, on se croirait tout droit ramené à l’univers poisseux de L’Inconnu du lac, Prix de la Mise en scène Un certain regard en 2013.

© 2026 Alain Guiraudie / Quinzaine des Cinéastes
Tous droits réservés

En effet, le réalisateur est un habitué transversal de la Croisette, où il a été invité à trois reprises par la Quinzaine – en 2001 avec son court-métrage Ce vieux rêve qui bouge, puis respectivement en 2003 et 2009 avec ses longs Pas de repos pour les braves et Le Roi de l’évasion –, mais également en compétition grâce à Rester vertical en 2016 et, plus récemment, en 2024 à Cannes Première avec Miséricorde.

Pour ajouter à l’embouteillage des annonces de festival, la Quinzaine des Cinéastes a communiqué sa sélection officielle le même jour que l’ACID, le mardi 14 avril. Son délégué général Julien Rejl a dévoilé les titres des dix-neuf longs-métrages et neuf courts, qui seront projetés à Cannes du mercredi 13 au samedi 22 mai, en mettant notamment en avant la bonne santé des genres documentaire et animation, représentés chacun par trois films longs et deux courts.

Le prestigieux prix honorifique le Carrosse d’or sera remis lors de la cérémonie d’ouverture à la réalisatrice française Claire Denis (Le Cri des gardes). Elle succède, depuis le début de la décennie, à ses consœurs Kelly Reichardt et Andrea Arnold, ainsi qu’à ses confrères Frederick Wiseman, Souleymane Cissé et Todd Haynes.

L’occasion multiple de rattraper les films de cette sélection de la Quinzaine, au sein de laquelle figurent, entre autres, les nouveaux films de Lisandro Alonso, Clio Barnard, Alain Cavalier, Quentin Dupieux, Radu Jude et Sébastien Laudenbach, se présentera un peu partout en France à partir du 10 juin. Rien qu’à Paris, quatre salles y participeront : le Forum des images, le MK2 Beaubourg, le Reflet Médicis et le Louxor.


Kika © 2025 Wrong Men / Kidam / Condor Distribution
Affiche : © 2026 Colin Lévêque / Studio Avenir
Tous droits réservés

Deux semaines après l’annonce picturale de l’ACID, ce fut le tour à la Semaine de la Critique de présenter le film de la sélection précédente qui figurera sur l’affiche de sa 65ème édition. Depuis le lundi 23 mars, nous savons qu’il s’agit de Kika de Alexe Poukine, qui était sorti en salles en France en novembre dernier. Ainsi, cette section parallèle dédiée depuis 1962 à la mise en avant des premiers films perpétue la tradition vieille d’une dizaine d’années, qui consiste à faire le lien entre les années successives par voie de film sélectionné douze mois plus tôt.

L’image de l’actrice Manon Clavel qui s’abandonne, alors qu’elle roule sur le vélo de son compagnon interprété par Makita Samba, est censée symboliser la confiance que la Semaine de la Critique manifeste à l’égard des jeunes cinéastes dont elle projette les films, ainsi que celle de ces autrices et auteurs qui lui confient leurs premières œuvres.

Comme le nom de cette prestigieuse section parallèle du Festival de Cannes l’indique, la Semaine de la Critique 2026 durera … une semaine, du mercredi 13 au jeudi 21 mai. Sa sélection officielle a été communiquée, elle aussi, la semaine passée, la veille de celle de l’ACID et de la Quinzaine, le lundi 13 avril donc, par voie de vidéo de présentation par sa déléguée générale Ava Cahen. Elle sera également reprise, pour l’ensemble de ses sept longs-métrages et dix courts-métrages en compétition ou en partie seulement, dans la continuité du festival, au mois de juin, à la Cinémathèque Française du 3 au 8 et au cinéma Les Variétés à Marseille du 5 au 9, puis à la rentrée en Corse et en Martinique, voire à l’étranger, en République Tchèque, au Mexique et au Liban.

La dernière nouvelle par rapport à cette édition anniversaire de la Semaine de la Critique est tombée ce jour à travers l’annonce de son jury. Celui-ci sera présidé par la réalisatrice indienne Payal Kapadia (All We Imagine As Light – Grand Prix au Festival de Cannes en 2024). Elle sera accompagnée de la productrice indienne Ama Ampadu (Un jour avec mon père), de l’acteur canadien Théodore Pellerin (César du Meilleur espoir masculin cette année pour Nino de Pauline Loquès, présenté à la Semaine de la Critique en 2025), du directeur du World Film Festival de Bangkok Donsaron Kovitvanitcha et de l’auteure-compositrice-interprète française Oklou.


Est-ce qu’on vous a gardé le meilleur pour la fin ? Le plus populaire en tout cas. Puisque le film de clôture du 44ème Festival de Cannes est devenu une véritable œuvre culte depuis son avant-première sur la Croisette il y a trente-cinq ans. Thelma et Louise de Ridley Scott, porté par les interprétations magistrales de Geena Davis et Susan Sarandon, est le genre de pamphlet féministe qu’Hollywood n’ose plus trop produire depuis longtemps. Sa jeunesse est de même le fruit d’un travail de transmission au fil des générations jamais pris en défaut. Il s’était conjugué notamment à travers la présentation de sa version restaurée à Cannes Classics en 2023.

Thelma et Louise © 1991 Roland Neveu / Amazon MGM Studios
/ Park Circus France – Affiche : © 2026 Hartland Villa /
Festival de Cannes Tous droits réservés

Peut-être encore plus incroyable qu’aux côtés de son propos d’une belle modernité, ses principaux créateurs demeurent toujours aussi pertinents aujourd’hui. A commencer par son réalisateur Ridley Scott, âgé de 88 ans, dont le dernier long-métrage, l’épopée de science-fiction The Dog Stars avec Jacob Elordi et Margaret Qualley, devrait sortir sur les écrans de cinéma français le 26 août prochain. A Cannes, Scott avait décroché dès 1977 le Prix du jury à la première œuvre grâce à Les Duellistes, avant d’ouvrir le festival en 2010 avec sa version de Robin des Bois sous les traits de Russell Crowe.

Quant à ses deux vedettes mythiques de Thelma et Louise, Susan Sarandon a beau se plaindre d’être mise sur liste noire aux États-Unis à cause de son engagement pro-palestinien, elle continue tout de même à tourner régulièrement, là où sa partenaire à l’écran Geena Davis a traduit le message féministe de leur film en un travail de longue haleine en faveur d’une meilleure représentation des femmes à travers sa fondation le Geena Davis Institute, pour lequel elle avait reçu un Oscar humanitaire en octobre 2019.

En près de 80 ans d’Histoire, il peut paraître curieux que jusqu’à hier, il n’existait aucune affiche officielle du Festival de Cannes sur laquelle figuraient plusieurs femmes, mais aucun homme. C’était pourtant le cas. Tandis que des photos de vedettes trônaient très rarement sur ces vitrines de l’un des trois grands festivals européens le siècle dernier, à partir de Maggie Cheung dans In the Mood for Love de Wong Kar-Wai en 2006, c’étaient au mieux des femmes seules qui défendaient les couleurs d’une certaine féminité sur la Croisette.

Des femmes belles, fortes et charmantes, parfois même mystérieuses, quoique désespérément seules, comme entre 2009 et 2012 Monica Vitti, Juliette Binoche, Faye Dunaway et Marilyn Monroe, ainsi que Ingrid Bergman en 2015, Claudia Cardinale en 2017 et Catherine Deneuve en 2023. Mieux vaut donc tard que jamais pour rectifier cet oubli et mettre en avant la solidarité féminine, qui n’a pas besoin des hommes pour s’épanouir !

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