DVD — 12 août 2017
Test Blu-ray : Un seul deviendra invincible – Anthologie

Au tournant des années 2000, le cinéma d’action burné mettant en scène en tête d’affiche des athlètes tels qu’Arnold Schwarzenegger, Sylvester Stallone ou Jean-Claude Van Damme s’est malheureusement vu « ringardisé » et relégué aux sorties « Direct to Video », n’ayant plus les honneurs de sorties en salles à travers le monde. Cela n’a pas empêché à un certain nombre d’artisans de continuer à livrer de solides films d’action destinés à un public friand d’arts martiaux et de combats brutaux – la relève est ainsi arrivée sous la bannière d’Isaac Florentine et de son acteur fétiche , dont le talent n’a certes pas encore trouvé –faute d’exposition franche et massive à la façon des « action stars » des années 80/90– le cœur de tous les fans de cinéma d’action, mais que beaucoup de cinéphiles vénèrent comme le nouveau représentant parfait de ce cinéma en voie de disparition.

Scott Adkins s’est donc créé une place à part dans le cœur des fans de cinéma d’action, et a mis tout le monde d’accord avec la saga Un seul deviendra invincible. Metropolitan Vidéo nous propose aujourd’hui de (re)découvrir dans un coffret Blu-ray « Anthologie » les trois films qui composent cette saga, en laissant de côté le film de prison inaugural signé Walter Hill en 2002, pour plusieurs raisons : primo, le film de Hill évoluait dans un genre très différent ; secundo, les trois films qui nous intéressent aujourd’hui n’ont en réalité aucun rapport avec l’original, si ce n’est leur décor de prison ; et tertio, il faut bien admettre que l’énergie des productions Nu Image mettant en scène Adkins a un peu relégué à l’ombre et à l’oubli le premier film de la franchise.
 

 

Un seul deviendra invincible –


États-Unis : 2006
Titre original : Undisputed 2 – Last man standing
Réalisateur : Isaac Florentine
Scénario : ,
Acteurs : , Scott Adkins,
Éditeur : Metropolitan Vidéo
Durée : 1h38
Genre : Action
Date de sortie Blu-ray : 5 août 2017

 

 

George « Iceman » Chambers, ex champion de boxe catégorie poids lourd, arrive en Russie afin de tourner une publicité pour une marque de vodka. Dès son arrivée, il est injustement arrêté pour possession de drogue et condamné à une lourde peine dans le pire pénitencier du pays. Il lui faudra peu de temps pour comprendre que c’est la mafia russe qui a tout orchestré afin de lui faire affronter, au sein même de la prison, Yuri , redoutable champion soviétique et véritable machine à tuer…

 

 

Si les fans de films de baston connaissaient déjà bien Isaac Florentine, qui avait signé quelques petits chefs d’œuvre d’efficacité que l’on trouvait dans tous les « bacs à soldes » des revendeurs de DVD (Cold harvest, Le dernier des dragons), la « révélation » a eu lieu en 2006 avec Un seul deviendra invincible – Dernier round, qui a eu les honneurs en France de se voir mis en avant par le très suivi Yannick Dahan dans son émission Opération Frisson. Dahan y soulignait, à raison, l’impact du style du cinéaste, secondé dans sa réussite par les chorégraphies ultra-brutales et réalistes de J.J. « Loco » Perry.

Passionné d’arts martiaux, Isaac Florentine s’est « formé » à la réalisation au fil des années 90 sur une flopée d’épisodes de Power rangers et sur la série inédite en France WMAC Masters. Il y a développé un attachement très fort pour les cadrages serrés, les contre-plongées sauvages, le mouvement of course, et les décadrages rapides. Donnant parfois l’impression de réaliser ses films avec une volonté d’y ajouter de la 3D en post-production, il multiplie les effets de mouvements vers la caméra et accentue quasi-systématiquement les déplacements des personnages par des zooms ou des travellings foudroyants de vivacité. Si bien que lorsque l’on regarde un film de Florentine, on a toujours l’impression en tant de spectateur d’être au cœur de l’action, les multiples mouvements de bras / pieds / genoux / gerbes de sang / flingues et autres objets contondants se dirigeant systématiquement vers la caméra. Ceci est particulièrement remarquable sur ses premiers films (y compris dans ses films de guerre riches en action, US Seals II et Special forces), qui font preuve d’une énergie tout à fait remarquable pour des films destinés au marché de la vidéo. C’est aussi largement le cas dans Un seul deviendra invincible – Dernier round, qui se démarque par son dynamisme et ses chorégraphies mouvementées, dont les cascades sont assurées par Michael Jai White et Scott Adkins eux-mêmes.

Niveau scénario, on reste certes sur de l’actioner très classique, avec un personnage (George « Iceman » Chambers, incarné par Ving Rhames dans le film de Walter Hill, emprunte donc ici les traits de l’athlétique Michael Jai White) et un tournoi de boxe hérités du premier Undisputed (qui lui-même louchait sans vergogne sur la troisième saison de la série Oz), et une ambiance fleurant bon l’action des années 90 dominée par Jean-Claude Van Damme, à la croisée des chemins entre Coups pour coups et In hell. En « méchant » aussi brutal qu’impitoyable, Scott Adkins crève littéralement l’écran, volant même un peu la vedette au véritable héros du film. En revoyant le film aujourd’hui, on admire cela dit l’habileté du scénario de Boaz Davidson et David N. White, qui parvenaient à éviter le manichéisme primaire et à rendre « humain » le personnage de Yuri Boyka, ce qui faciliterait fortement la tournure que prendrait le récit quatre ans plus tard avec le troisième film de la saga.

 

 

Un seul deviendra invincible –


États-Unis : 2006
Titre original : Undisputed III – Redemption
Réalisateur : Isaac Florentine
Scénario : David N. White
Acteurs : Scott Adkins, ,
Éditeur : Metropolitan Vidéo
Durée : 1h42
Genre : Action
Date de sortie DVD/BR : 23 novembre 2010

 

 

Huit combattants d’élite sont réunis dans une même prison par un mystérieux syndicat qui organise des combats clandestins avec à la clé : la liberté pour le vainqueur et des millions de dollars aux organisateurs. Blessé physiquement et moralement par son dernier combat, Boyka débarque dans cet enfer et il devra montrer tous ses talents pour conquérir sa liberté

 

 

Dans Rédemption, Boyka devient donc, toujours sous les traits d’Adkins, le véritable héros du récit ; évidemment, d’un strict point de vue scénaristique, rien de nouveau sous le soleil des pays de l’Est (où se tournent traditionnellement ce genre de films) : on suivra donc une très classique histoire de rédemption personnelle à travers une série de combats organisés, de façon plus ou moins licite, dans l’enceinte d’une prison. Pour le gagnant du tournoi : la liberté, pour les autres : la mort. Artiste martial extraordinaire, Scott Adkins explose littéralement lors des scènes de combats, chorégraphiées non plus par JJ Perry mais par Larnell Stovall (The raid 2, Universal Soldier 4). A la réalisation, Isaac Florentine délaisse un peu ses tics formels, mais on retrouvera toujours son incroyable énergie, avec toujours cette sensation de « 3D » toujours très présente, rendant les scènes de combats plus immersives et hallucinantes que jamais, d’autant que les ralentis prolongent encore un peu plus la connivence avec le spectateur.

Exit donc Michael Jai White, mais Adkins redouble clairement d’ardeur et de badassitude pour le faire oublier au spectateur, et ses opposants valent également leur pesant de cacahuètes : provenant, un peu comme dans Le grand tournoi (Jean-Claude Van Damme, 1996), de tous les coins du monde, on aura droit à quelques artistes martiaux également assez impressionnants. Si l’on préférera rapidement oublier Jean Dupont, le français de service (incarné par Trayan Milenov-Troy), on sera en revanche d’avantage marqué par le combattant brésilien adepte de la capoeira (Lateef Crowder, vu dans Falcon rising), ou par le vrai « méchant » du film, le colombien Raul ‘Dolor’ Quinones (Marko Zaror), qui nous offre un combat final contre Boyka littéralement anthologique.

Mais la grande question que tout le monde se pose à l’issue du générique de Rédemption, c’est « lequel est le meilleur : Dernier round ou Rédemption ? ». Et foi de fan inconditionnel de coups de tatanes généreusement distribués dans les roustons, il est difficile de répondre à cette question. En 2006, le choc causé par la découverte de Dernier round, son caractère unique, bourrin et sans concessions font que le spectateur, automatiquement, se révèlera très attaché au film. Plus classique mais également plus spectaculaire, et bénéficiant d’un budget supérieur ayant permis à Isaac Florentine d’aller plus loin et plus fort sur toutes ses scènes de baston, Rédemption s’est aussi révélé une véritable claque à sa découverte en 2010. Aussi préférera-t-on finalement voir ce dernier comme le prolongement naturel du film précédent, Dernier round et Rédemption ne formant au final qu’une seule et monumentale fresque reconstituant la trajectoire christique du personnage de Yuri Boyka.

 

 

Un seul deviendra invincible – Boyka


Bulgarie : 2016
Titre original : Boyka – Undisputed IV
Réalisateur :
Scénario : Boaz Davidson, David N. White
Acteurs : Scott Adkins, ,
Éditeur : Metropolitan Vidéo
Durée : 1h26
Genre : Action
Date de sortie DVD/BR : 5 août 2017

 

 

Sorti de prison, Yuri Boyka pratique le free fight dans des environnements sordides. Mais repéré par des organisateurs de vrais tournois, il va bientôt pouvoir réaliser son rêve et combattre dans un circuit prestigieux et légal. Au cours d’un combat, il tue accidentellement son adversaire. Choqué, il apprend que sa victime avait une femme. Il décide de la retrouver pour l’aider financièrement et lui demander pardon. Il se rend compte que celle-ci est la prisonnière de mafieux locaux qui la font travailler dans leur club comme hôtesse pour rembourser les dettes de son défunt mari. Boyka va alors combattre dans l’arène des gangsters pour racheter la liberté de la jeune femme

 

 

Pour Boyka, Isaac Florentine, réalisateur des deux opus précédents, passe la main à Todor Chapkanov, bien rodé à l’action bourrine puisqu’il était réalisateur de seconde équipe sur le survitaminé La chute de Londres. Florentine s’est donc cette fois contenté de superviser le tournage en enfilant la casquette de producteur, et on sent manifestement sa « patte » sur la mise en scène des scènes d’action, dynamiques, aérées, brutales et toujours lisibles. On ne retrouve certes peut-être pas la folie furieuse des chorégraphies de combats signées J.J. Perry sur le deuxième opus, mais Tim Man (Ninja II), qui assure les chorégraphies de Boyka, nous livre tout de même quelques-unes des bastons les plus violentes, les plus marquantes –mais sans doute aussi les plus jouissives– de la saga toute entière.

Le scénario est à nouveau très classique mais permet à Scott Adkins de montrer quelques facettes peu connues de son personnage (et de son jeu d’acteur), et le final laisse naturellement la porte ouverte à un nouvel opus qui permettrait à la saga de rebondir sur des bases à la fois connues et finalement assez inédites, si l’on considère l’évolution du personnage de Boyka sur les trois films le mettant en scène : ce dernier a en effet appris l’humilité, mais s’est également « humanisé » au contact. Une nouvelle claque donc, et comme Scott Adkins le laisse présager dans le making of accompagnant le Blu-ray, elle ne sera pas la dernière, puisque Boyka reviendra probablement prochainement sur les écrans.

 

 

 

Le coffret Blu-ray

[5/5]

Le coffret Blu-ray « Un seul deviendra invincible – Anthologie » propose un visuel de Boyka sur un sur-étui cartonné qui contient deux galettes : celle de Un seul deviendra invincible – Rédemption déjà sorti en novembre 2010, et celle de Un seul deviendra invincible – Boyka, qui contient en supplément le film Un seul deviendra invincible – Dernier round.

Côté Blu-ray, les transferts des films édités par Metropolitan Vidéo sont de toute beauté : le piqué et le niveau de détail sont à 100% satisfaisants, surtout sur les deux derniers films en date, tout est fait pour que l’on s’extasie des séquences de baston du film – et de tout le reste d’ailleurs. Nettement plus granuleux (conditions de tournage obligent), le master de Dernier round est également d’un très haut niveau : on redécouvre littéralement le film, que l’on pensait pourtant connaître par cœur. Niveau son, comme d’habitude chez l’éditeur, VF et VO sont proposées dans des mixages DTS-HD Master Audio 5.1 redoutablement spatialisés : l’immersion est totale, les effets sont dynamiques et nombreux, et le rendu acoustique affiche une ampleur assez impressionnante. On privilégiera naturellement la VO, ne serait-ce que pour apprécier à sa juste valeur la performance générale du casting.

Dans la section suppléments, outre une sélection de bandes-annonces éditeur, les deux Blu-ray nous proposent de découvrir un making of sur Dernier round et Boyka : de quoi se plonger dans l’ambiance de ces deux films et de prolonger le plaisir aux côtés des acteurs.

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles