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À la une Critiques de films Drame — 25 janvier 2017
Critique : Nous nous marierons


France : 2016
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : Dan Uzan, ,
Acteurs : , , ,
Distribution :
Durée : 1h16
Genre : Drame
Date de sortie : 8 février 2017

4.5/5

A 38 ans, Dan Uzan signe avec Nous nous marierons son premier long métrage. Cet autodidacte avait déjà réalisé plusieurs court-métrages dont Redouane, un documentaire de 29 minutes dans lequel il dépeignait le monde de la boxe. Un monde qui l’avait accepté et qu’il a eu envie de mettre en scène dans un long métrage dans lequel ce monde serait confronté à la vie d’un jeune couple en train de se construire. Le résultat est particulièrement réussi et devrait enthousiasmer un nombreux public, même parmi celles et ceux que le boxe rebute a priori.

Synopsis : Depuis sa séparation, Faten vit chez son frère aîné, seule avec son bébé. Elle aime Karim et ils ont pour projet de se marier. En attendant de voir leur union se concrétiser, Karim doit se faire accepter par la famille de sa future femme. Mais il a bien d’autres défis à relever, à commencer par rassembler l’argent pour payer la cérémonie et trouver un vrai travail. Sera-t-il à la hauteur ?

Karim et Faten

C’est dans une salle de boxe de la banlieue parisienne que nous allons faire connaissance avec Karim : il a 27 ans, il vit chez son père  et il prépare son premier combat professionnel. Simultanément, se posent à lui les problèmes posés par un grand événement qu’il entend rendre le plus fastueux possible : son mariage avec Faten, une jeune mère célibataire, maman d’un petit Mohamed, et qui vit actuellement chez Sofiane, son frère aîné. Le problème principal : pouvoir réunir l’argent nécessaire pour organiser cette noce. Un problème d’autant plus difficile à résoudre quand on veut inviter 200 personnes alors que le compte-courant est presque à sec et qu’on ne dispose pas de revenus réguliers, Karim ne voulant avoir que la boxe comme horizon professionnel. Un problème qui se complique lorsqu’il s’avère qu’un ligament d’un de ses poignets est perforé, qu’une opération est nécessaire et qu’il n’est pas du tout certain que la pratique de la boxe puisse être reprise après l’opération. Un autre problème important : où aller vivre après le mariage, alors que sont exigés par l’agent immobilier des revenus réguliers correspondant au minimum à trois fois le prix du loyer et que le seul revenu régulier du couple réside dans le salaire de Faten, 1600 Euros net par mois ? Des problèmes qui tracassent Sofiane, qui aimerait bien que le futur mari de sa sœur se mette à la recherche d’un véritable travail.


A l’aise dans tous les domaines

La boxe est un sport qui a inspiré de nombreux films. Le plus souvent, il s’agit de films retraçant des épisodes de la vie de grands champions ou de pures fictions cherchant à sublimer ce qu’on appelle parfois le « Noble art ». Rien de tout ça dans Nous nous marierons. Le monde de la boxe que nous montre Dan Uzan avec une extraordinaire authenticité, c’est celui des boxeurs « de quartier », celui des amateurs et des professionnels débutants qui touchent 300 à 350 Euros par combat. Sa façon de filmer la boxe est quasiment documentaire et, en même temps, on sent la tendresse que peut avoir le réalisateur pour ce sport très dur mais qui permet d’inculquer à ses pratiquants les valeurs essentielles que sont le respect, le courage, la ténacité et l’humilité. Très à l’aise dans ce volet documentaire du film, Dan Uzan l’est tout autant dans la partie fictionnelle, qui, avec l’aide de la 5DMarkII et de la Red Epic utilisées avec brio par le Directeur de la photographie , nous introduit dans l’intimité du jeune couple formé par Karim et Faten et nous fait partager leurs problèmes sentimentaux et leurs problèmes socio-culturels, là aussi avec une extraordinaire authenticité. C’est ainsi qu’on a l’impression d’être à la table de Sofiane lors d’un repas de famille quelque peu tendu, d’être dans le fast-food où Karim, un moment, essaye de gagner un peu d’argent, d’être face au banquier lorsque Karim cherche à emprunter l’argent qui lui manque pour la noce, etc.. Magnifiquement mis en images, Nous nous marierons jouit également du montage absolument parfait réalisé par un montage ayant remarquablement résolu les problèmes posés par les fréquents aller-retours entre partie documentaire et partie fictionnelle et qui permet, sans temps mort inutile, de raconter énormément de choses en seulement  76 minutes.

Ils sont bluffants !

Le scénario originel écrit par Dan Uzan mettait en scène la rencontre, dans  la  ville  de Levallois, d’un  boxeur  juif  sépharade venant d’un  milieu  populaire  avec  une  jolie  jeune  femme  juive  ashkénaze  et  bourgeoise. Si les protagonistes ont changé d’origine, si la différence sociale entre le jeune homme et la jeune femme, certes toujours existante, est quand même beaucoup moins importante, le cadre de la ville de Levallois a été conservé, ville qui, pour le réalisateur, présente les contrastes socio-culturels dont il avait besoin. Le rôle de Karim (El Hayani) est tenu par Karim El Hayani, celui de Faten (Kesraoui) par Faten Kesraoui et le naturel dont ils font preuve est totalement  bluffant : ils ne jouent pas Karim et Faten, ils sont Karim et Faten, deux personnages particulièrement attachants. Karim, sa passion pour la boxe et son amour pour Faten, Faten, son côté raisonnable et son amour pour Karim, deux personnages en désaccord malgré l’amour qui les lie et à qui, tour à tour, on arrive à donner raison ! A noter : le Karim El Hayani de la vraie vie a été boxeur, ayant même boxé avec le réalisateur, une blessure l’a amené à arrêter la pratique active de ce sport et il s’est reconverti dans un poste d’éducateur au Levallois Sporting Club.

Conclusion

Avec des moyens qu’on devine extrêmement limités, Dan Uzan a réalisé pour son premier long métrage un film-uppercut qui sonne vrai, avec des personnages attachants et qui montre avec une grande justesse une facette du monde de la boxe, celle des obscurs, celle des sans-grade. Avec ce film, un grand réalisateur nait sous nos yeux.

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Auteur

Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles