News — 25 janvier 2017
Oscars 2017 : les statistiques des nominations

Suite à l’annonce des nominations aux 89èmes , voici quelques anecdotes, records et autres faits divers autour de cette liste si prestigieuse du cinéma hollywoodien :

 

 

Le fait historique du jour, ce sont bien sûr les quatorze nominations accumulées par la comédie musicale de Damien Chazelle qui sort en France aujourd’hui. Seuls deux autres films ont su atteindre ce record dans l’Histoire de l’Académie du cinéma américain : Eve de Joseph L. Mankiewicz en 1951 et Titanic de James Cameron en 1998. Le premier était reparti avec six trophées, tandis que le champion du box-office mondial avait égalé un autre record avec 11 Oscars ! A noter que dans ce club très exclusif, La la land est le seul à être nommé dans treize catégories, en raison de ses deux chansons nommées, alors que Eve avait été nommé pour cinq de ses acteurs dans seulement trois catégories. Enfin, si Damien Chazelle, qui vient de fêter son 32ème anniversaire, sortira vainqueur de la cérémonie du 26 février en tant que Meilleur réalisateur, il sera le plus jeune de l’Histoire des Oscars, dépassant Norman Taurog pour Skippy en 1931.


 

Un an après la controverse #OscarsSoWhite, l’Académie s’est largement rachetée en nommant pas moins de cinq acteurs afro-américains et deux acteurs européens d’origine africaine ou indienne. C’est surtout la catégorie de la Meilleure actrice dans un second rôle qui mérite l’attention à cet égard, puisque trois des cinq actrices y sont afro-américaines, dont la favorite Viola Davis, la première actrice afro-américaine à être nommée trois fois, et Octavia Spencer, la première actrice afro-américaine à être nommée après avoir gagné l’Oscar.


 

De nombreux professionnels du cinéma de l’édition 2016 des Oscars ont été nommés à nouveau cette année, comme le producteur Marc Platt, le monteur de son Alan Robert Murray et les maquilleurs Eva von Bahr et Love Larson. Or, pour la première fois depuis plusieurs années, aucun des acteurs nommés l’année passée n’a récidivé cette fois-ci. A l’exception indirecte de , nommé il y a un an comme Meilleur acteur dans Seul sur Mars de Ridley Scott et de retour actuellement en tant que producteur de Manchester by the Sea de Kenneth Lonergan. Alors que de nombreux acteurs ont été nommés depuis le début du siècle comme producteurs, dont cette année pour Fences qu’il a lui-même réalisé, Damon n’est a priori que le deuxième acteur après George Clooney, gagnant pour Argo de Ben Affleck en 2013, à être nommé pour un film dont il est exclusivement producteur.


 

En parlant de Denzel Washington, il est toujours l’acteur afro-américain le plus souvent nommé aux Oscars avec désormais sept nominations, c’est-à-dire autant que l’autre vétéran masculin de l’année, , qui reçoit sa septième nomination grâce à Comancheria de David Mackenzie. La championne toutes catégories confondues reste naturellement Meryl Streep, dans l’actualité récemment en raison de son discours anti-Trump à la cérémonie des Golden Globes, qui obtient sa vingtième nomination pour Florence Foster Jenkins de Stephen Frears, toujours très loin devant feue Katharine Hepburn et le retraité Jack Nicholson à respectivement douze nominations.

 

 

L’acteur qui a dû attendre le plus longtemps depuis sa nomination précédente est , nommé une première fois il y a dix ans pour Half Nelson de Ryan Fleck. Celui dont la première nomination remonte le plus dans le passé est Jeff Bridges, nommé une première fois en 1972 comme Meilleur acteur dans un second rôle dans La Dernière séance de Peter Bogdanovich. Les deux actrices nommées pour la première fois cette année, après avoir gagné l’Oscar, sont Natalie Portman, la Meilleure actrice 2011 pour Black swan de Darren Aronofsky, et Octavia Spencer, la Meilleure actrice dans un second rôle 2012 pour La Couleur des sentiments de Tate Taylor.


 

En dépit de son Golden Globe du Meilleur acteur dans un second rôle, n’a pas réussi à décrocher une nomination dans la même catégorie aux Oscars. Pire encore, c’est son partenaire à l’écran Michael Shannon qui lui a été préféré par l’Académie. Taylor-Johnson devient ainsi le premier acteur depuis Richard Benjamin dans Ennemis comme avant de Herbert Ross en 1976 à gagner ce Golden Globe et à faire pourtant choux blanc aux Oscars. Déjà à l’époque, Benjamin avait été supplanté par un acteur du même film, en l’occurrence le finalement victorieux George Burns.


 

Le réalisateur Raoul Peck, nommé pour I am not your negro dans la catégorie du Meilleur documentaire, n’est pas le premier président de la Fémis nommé aux Oscars, puisque le scénariste Jean-Claude Carrière a déjà eu ce double honneur. Peck est à la tête de la prestigieuse école de cinéma française depuis sept ans. Il devrait par contre être le premier ancien ministre haïtien dans la course aux Oscars.


 

Est-ce que cela existe, la nomination la plus posthume ? Il arrive en effet que des artistes aient juste le temps de finir leur dernier film, avant de disparaître plus ou moins prématurément, puis d’être nommés à l’Oscar de façon posthume. Le cas de l’écrivain est néanmoins exceptionnel. Disparu en octobre 2005 à l’âge de 60 ans, il est nommé plus de onze ans plus tard pour le scénario adapté de sa pièce à succès « Fences », écrite en 1987 et portée à l’écran sans changement notable par Denzel Washington.


 

Kubo et l’armure magique de Travis Knight n’est que le deuxième film d’animation nommé dans la catégorie des Meilleurs effets spéciaux, après L’Etrange Noël de Monsieur Jack de Henry Selick en 1993. De même, La la land de Damien Chazelle est la première comédie musicale nommée dans la catégorie généralement réservée aux blockbusters tonitruants du Meilleur montage sonore, créée en 1963 et en activité continue depuis 1982.


 

Avec une durée de près de huit heures, sept heures et quarante-sept minutes pour être exact, le documentaire O.J. Made in America de Ezra Edelman est le film le plus long nommé aux Oscars. En comparaison, Hôtel Terminus de Marcel Ophüls, Oscar du Meilleur documentaire en 1989, ne dure que quatre heures et demie, alors que Shoah de Claude Lanzmann, pas nommé en 1986, dure près de dix heures.

 

 

Fidèle à la tradition familiale, le compositeur Thomas Newman est nommé cette année pour la quatorzième fois pour la musique de Passengers de Morten Tyldum, mais il n’a toujours pas gagné. Rien que cette décennie, il a été nommé pour Skyfall de Sam Mendes, Dans l’ombre de Mary La Promesse de Walt Disney de John Lee Hancock et l’année dernière pour Le Pont des espions de Steven Spielberg. Son cousin Randy Newman a dû attendre sa quinzième nomination pour gagner enfin son premier Oscar de la Meilleure chanson en 2002 pour Monstres et Cie. Son père Alfred Newman est par contre toujours le compositeur le plus primé aux Oscars avec neuf statuettes, entre autres pour Le Roi et moi de Walter Lang et Camelot de Joshua Logan.


 

Cela n’est toutefois pas grand-chose comparé au sort de l’ingénieur du son , nommé pour la 21ème fois cette année et toujours pas oscarisé. Nommé pour sa deuxième collaboration avec après Apocalypto, il décroche cette année une nomination pour Tu ne tueras point, neuf ans après sa dernière nomination pour Transformers de Michael Bay. Ancien membre du conseil d’administration de l’Académie, O’Connell a souvent été nommé pour le genre de film commercial qui a du mal à s’imposer lors du vote final contre des films plus prestigieux. Parmi ses (très) nombreuses nominations, citons Dune de David Lynch, Top gun et USS Alabama de Tony Scott, Des hommes d’honneur de Rob Reiner, The Rock, Armageddon et Pearl Harbor de Michael Bay et Spider-man de Sam Raimi.


 

Le duo de producteurs et n’est certes qu’à sa quatrième nomination. L’exploit est néanmoins de taille puisqu’ils sont les premiers à faire nommer leurs films quatre années de suite dans la catégorie suprême du Meilleur Film : 12 Years a slave de Steve McQueen – Oscar du Meilleur Film en 2014 – puis des nominations pour Selma de Ava DuVernay, The Big short Le Casse du siècle de Adam McKay et Moonlight de Barry Jenkins.


 

Le réalisateur Mel Gibson n’est guère aussi populaire avec l’Académie du cinéma américain. Même si ses deux films précédents avaient obtenu quelques nominations techniques, les frasques dans sa vie privée lui avaient largement fermé les portes de Hollywood depuis ses deux Oscars pour Braveheart – Meilleur Film en 1996. C’est donc une sorte de rédemption qu’il peut célébrer avec Tu ne tueras point, nommé à six reprises, qui lui permet en même temps d’obtenir sa deuxième nomination en tant que réalisateur, vingt-et-un ans après la première, ce qui est un record pour un réalisateur de retour après un Oscar. Cerise sur le gâteau, Gibson vient d’être père pour la neuvième fois puisque sa compagne a accouché il y a cinq jours de leur fils Lars.

 

 

A priori, il n’y a pas de roi ou de reine des nominations cette année, puisque aucun acteur ne réunit à travers plusieurs films plus de nominations que la distribution de La la land, record de 14 nominations oblige. Il y a cependant quelques acteurs à l’affiche de deux films sélectionnés cette année, tels que Janelle Monae & Mahershala Ali (Moonlight / Les Figures de l’ombre), Greta Gerwig & Billy Crudup (Jackie / 20th Century Women), Amy Adams (Premier contact / Nocturnal animals), Andrew Garfield (Tu ne tueras point / Silence), Chris Pine (Comancheria / Star Trek Sans limites) et Michael Shannon (Nocturnal animals / Loving).


 

Un léger vent de jeunesse souffle sur les Oscars, avec une sélection globale plutôt éclectique et dans l’air du temps. Ce sont hélas les vieux maîtres qui font les frais de ce changement de génération, puisque des réalisateurs sollicités autrefois à répétition par l’Académie comme les frères Coen, Clint Eastwood, Martin Scorsese et dans une moindre mesure Robert Zemeckis, tous au moins lauréats d’un Oscar du Meilleur réalisateur, voient leurs films repartir quasiment bredouille avec une misérable nomination respective pour Ave César, Sully, Silence et Alliés.


 

Et puis, le meilleur pour la fin : est désormais une actrice nommée aux Oscars ! Grâce à Elle, le monstre sacré du cinéma français décroche sa première nomination, qui est par la même occasion la première nomination majeure pour un film de Paul Verhoeven et la neuvième interprétation en français remarquée par l’Académie américaine dans la catégorie de la Meilleure actrice, après celles de Anouk Aimée (Un homme et une femme de Claude Lelouch), Isabelle Adjani (L’Histoire d’Adèle H. de François Truffaut et Camille Claudel de Bruno Nuytten), Marie-Christine Barrault (Cousin cousine de Jean-Charles Tacchella), Catherine Deneuve (Indochine de Régis Wargnier), Marion Cotillard (La Môme de Olivier Dahan et Deux jours une nuit des frères Dardenne) et Emmanuelle Riva (Amour de Michael Haneke).

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Tobias Dunschen

Cet article a été rédigé par Tobias Dunschen, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles

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