DVD — 08 octobre 2018
Test DVD : My pure land

Grande-Bretagne : 2017
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : Sarmad Masud
Interprètes : , ,
Éditeur :
Durée : 1h33
Genre : Drame
Date de sortie cinéma :30 mai 2018
Date de sortie DVD : 9 octobre 2018

 

Synopsis : Dans une région isolée du , les terres sont l’objet de toutes les convoitises et les querelles de famille se règlent les armes à la main. Quand son père est injustement emprisonné, Nazo une jeune fille de 18 ans, se retrouve seule avec sa soeur et sa mère, assiégées par des bandits armés, engagés par leur oncle Mehrban pour s’approprier leur maison. Mais, comme le lui a enseigné son père, Nazo ne se soumet pas.

Le film

[3.5/5]

Comme c’est de plus en plus souvent le cas, le scénario de My pure land est tiré d’une histoire vraie. Une histoire qui s’est déroulée en 2005, dans la province du Sindh, au sud du Pakistan. Une histoire qui a fait de Nazo Dharejo, son héroïne, une véritable légende dans cette région pauvre et conservatrice. Une histoire qui avait tous les atouts pour faire l’objet d’un film de cinéma, tout à la fois social et plein d’action. Pensez donc : dans une maison en pleine campagne, trois femmes, les armes à la main, assiégées par 200 bandits armés qui ont pour but d’investir la maison et de la faire passer, ainsi que le terrain qui l’entoure, dans les mains d’un spoliateur. Vous rajoutez une police et une justice corrompues et vous avez tous les ingrédients d’un … western oriental.

Dès le début du film, nous sommes avertis que les litiges fonciers sont très répandus au Pakistan, avec plus d’un million de cas en attente. Souvent ces conflits engendrent la spoliation des propriétés détenues par des femmes. Difficile d’oublier que le Pakistan est un des pays où les droits des filles et des femmes sont le plus bafoués. Dans certaines régions, si elles ont eu la chance de ne pas être tuées à la naissance, beaucoup de filles ne pourront sortir seules de la maison, aller à l’école et, bien entendu, épouser l’homme de leur choix. Dans cet environnement, grâce à leurs parents, Nazo et sa jeune sœur Saeda font figure d’exception même si leur père est encore resté à des formules du genre  « Dans ce monde, rien ne compte davantage que l’honneur, pas même la vie » et à des compliments pour ses filles consistant à les considérer comme étant ses fils ! En tout cas, lorsque leur père n’est plus là et que Mehrban, son demi-frère, se met en tête d’investir leur maison avec l’aide des 200 hommes de main qu’il a recrutés, Nazo, Saeda et leur mère se montrent capables de prendre les armes et de défendre le bien familial.

A priori, il y avait de nombreuses façons de raconter cette histoire. Sarmad Masud n’a pas choisi la plus facile, mais, quand bien même le spectateur doit impérativement rester très concentré pour ne pas se perdre dans les nombreux flashbacks qui lui sont proposés, on peut considérer le résultat obtenu comme étant très réussi. En fait, le réalisateur a défini un fil conducteur qu’on suit du début à la fin du film, l’attaque de la maison par Mehrban et les 200 bandits, et il vient l’interrompre à de nombreuses reprises par des scènes antérieures venant petit à petit expliquer comment on est arrivé à cette situation dramatique.

Concernant la distribution du film, Sarmad Masud a eu la chance et le talent de trouver l’interprète idéale de Nazo : Suhaee Abro, une jeune actrice qui est également danseuse à Karachi et dont la seule présence suffit à illuminer le film tellement son visage d’une très grande expressivité sait refléter toutes les émotions qu’elle traverse. Malgré les nombreux avis reçus lui conseillant de tourner son film au Maroc ou en Inde en raison des problèmes de sécurité au Pakistan, Sarmad Masud a tenu à le tourner dans le pays d’origine de sa famille, à proximité de Lahore. Un choix qu’il ne regrette pas du tout, même si le tournage s’est très souvent effectué dans des conditions difficiles.

La véritable héroïne, Nazo Dharejo, s’est déclarée très satisfaite lorsqu’elle a vu le film. La fin du film nous apprend qu’elle a rejoint un parti politique local avec l’intention de devenir une élue non corrompue et de luter contre les bandits.

 

Le DVD

[3/5]

Pas grand chose à dire sur ce DVD qui ne comprend aucun supplément. Un DVD qu’on peut écouter en stéréo 2.0 ou en 5.1 et en VO sous-titrée uniquement, un DVD qui s’avère de très bonne qualité en ce qui concerne la restitution des images, tant au niveau de la lumière que du respect des couleurs.

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Auteur

Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles