Test DVD : L’amour par accident

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L’amour par accident

 
États-Unis : 2015
Titre original : Accidental love
Réalisateur : David O. Russell
Scénario : Kristin Gore, Matthew Silverstein, Dave Jeser
Acteurs : Jessica Biel, Jake Gyllenhaal, James Marsden
Éditeur : Universal Pictures
Durée : 1h36
Genre : Comédie
Date de sortie DVD : 3 mai 2016

 

 

Alice menait une vie parfaite jusqu’à ce qu’un curieux accident vienne tout chambouler. Elle se retrouve avec un clou dans la tête, provoquant chez elle un comportement erratique (et érotique). Lorsque son petit-ami annule leurs fiançailles, Alice part à la recherche d’un remède et tombe dans les bras d’Howard Birdwell, un sénateur sexy qui soutient sa cause. Alice se retrouve alors au cœur d’un triangle amoureux, maintenu par un clou. Écoutera-t-elle sa raison ou son cœur ?

 

 

Le film

[4/5]

Les français ont découvert le cinéma de David O. Russell en l’espace de trois films magistraux : Flirter avec les embrouilles (1996), Les rois du désert (1999) et J’adore Huckabees (2004). Trois longs-métrages de doux-dingue, au propos souvent gonflé, à la fois très intéressants et beaucoup plus profonds qu’ils n’en avaient l’air, ayant automatiquement inscrit David O. Russell dans le carnet mental des « cinéastes à suivre de près » de très nombreux cinéphiles.

Après J’adore Huckabees, le retour sur grand écran du cinéaste s’est fait en 2010 avec Fighter qui, si sympathique soit-il, marquait tout de même une nette propension à « rentrer dans le rang » pour David O. Russell : si le film nous donnait certes à voir une famille pour le moins dysfonctionnelle, le tout dégageait une aura nettement plus conventionnelle que ses films précédents. Ses films suivants (Happiness therapy, American bluff, Joy) suivraient le même chemin : tout à fait fréquentables, mais moins fous, moins décalés que sa période pré-2004. Que s’était-il donc passé ?

On découvre aujourd’hui un début d’explication avec L’amour par accident. Sorti en mars 2015 aux États-Unis (dans un circuit limité de salles), soit juste neuf mois avant Joy, ce film est le « chainon manquant » dans la filmo de David O. Russell : tourné en 2008 avant une interruption de presque deux ans pour défaut de paiement de la part des producteurs, L’amour par accident a été abandonné par le réalisateur, puis achevé par un autre en 2011. Le problème, qui a d’autant plus retardé la sortie du long-métrage dans les salles, était que tout le film tourne autour d’une idée très précise : l’absence de couverture sociale aux États-Unis, et les ennuis que cela peut occasionner. Or, en 2010, le « Patient Protection and Affordable Care Act », surnommé « Obamacare », a été voté par le Congrès des États-Unis et promulgué par Barack Obama : un énorme pas en avant pour la réforme du système de protection sociale américain, qui tendait malheureusement à rendre complètement caduque l’intrigue du film.

Qu’à cela ne tienne néanmoins : même terminé par un autre cinéaste (dont on ignore l’identité), L’amour par accident permettra au spectateur de renouer avec la folie douce des premiers films de David O. Russell. Au programme, une héroïne gentiment chtarbée entourée dans sa quête par sa famille et ses amis tout aussi brindezingues ; le corps politique en prend également pour son grade puisque dans cette love-story farfelue, tous les politiciens sont présentés soit comme étant des êtres véreux et arrivistes, voire même carrément imbéciles. Le film nous donne donc à voir une galerie de personnages complètement fous, se révèle bien rythmé et souvent très drôle, et s’avère, contre toute attente, une excellente surprise.

 

 

Le DVD

[4/5]

Comme d’habitude, le DVD édité par Universal Pictures nous permettra de découvrir cette nouveauté inattendue dans des conditions tout à fait optimales. Si nous n’aurons certes en France droit qu’à une simple sortie DVD, il faut admettre qu’à l’heure où beaucoup d’éditeurs se lancent dans la VOD pour leurs titres les moins porteurs, Universal nous offre au moins toujours la chance de pouvoir découvrir le film sur support physique, ce qui est loin d’être évident économiquement parlant, étant donné le nombre ahurissant de téléchargements illégaux dans l’hexagone, ce que l’on ne pourra que déplorer amèrement. Et il faut de toutes façons avouer que l’éditeur est rodé au format DVD, et nous propose une nouvelle fois un master sans faille : définition irréprochable, couleurs chaudes, tout cela composant par ailleurs très bien avec les limites d’un encodage en définition standard. VF et VO sont proposées en Dolby Digital 5.1, dans des mixages dynamiques et bien enveloppants.

En guise de bonus, et pour consolider l’expérience « cinéma », l’éditeur nous propose une bande-annonce en avant-programme, celle de Nuit blanche entre amis (The overnight, 2015). Pas un mot malheureusement sur la vie pour le moins « mouvementée »du film, mais il fallait s’y attendre !

 

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