Test Blu-ray : Violence à Jericho

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Violence à Jericho

États-Unis : 1967
Titre original : Rough Night in Jericho
Réalisation : Arnold Laven
Scénario : Marvin H. Albert, Sydney Boehm
Acteurs : Dean Martin, George Peppard, Jean Simmons
Éditeur : Sidonis Calysta
Durée : 1h44
Genre : Western
Date de sortie cinéma : 8 novembre 1967
Date de sortie DVD/BR : 25 mai 2023

Aux États-Unis, sur le chemin qui mène à la petite ville de Jericho, Alex Flood attaque la diligence en blessant son conducteur Ben Hickman et s’enfuit sans être identifié. En arrivant en ville, Dolan, un shérif reconverti en joueur professionnel de poker et passager de la diligence, apprend que Flood, ex-policier devenu chef de gang, veut prendre le contrôle du service de transport dirigé par Hickman et son associée Molly Lang. Celle-ci s’oppose à Flood et espère rallier à sa cause Hickman et Dolan qui s’est épris d’elle…

Le Film

[3,5/5]

On dit souvent qu’un bon western se mesure souvent à la qualité de son « méchant », et Violence à Jericho se démarque sans aucun doute du reste de la production américaine de westerns pour une raison simple : le bad guy sans cœur du film d’Arnold Laven n’est pas seulement mauvais, mais vraiment exceptionnellement méchant et cruel, et il se révélera rapidement absolument impossible pour le spectateur de ne pas le détester. Mais le plus étonnant dans Violence à Jericho, c’est bel et bien que ce salopard intégral est interprété par Dean Martin, un acteur le plus souvent vu du côté des héros, qui nous propose ici une transformation inattendue et vraiment réussie, qui constitue sans doute la principale raison de voir le film.

Ce méchant se nomme donc Alex Flood : il s’agit d’un ancien homme de loi devenu homme d’affaires, qui s’est imposé comme le roi incontesté de la petite ville de Jericho, pour la simple et bonne raison qu’il possède 51% de tout ce qui permet à la ville de fonctionner. Cela signifie que quiconque enfreint la loi à Jericho nuit instantanément aux intérêts commerciaux de Flood… et se voit immédiatement mis hors d’état de nuire à la prospérité de ses affaires. Mais la domination de Flood sur la ville va se voir perturbée lorsque Dolan (George Peppard), un ancien shérif devenu conducteur de diligence, et son partenaire vieillissant Ben Hickman (John Maclntire) arrivent à Jericho pour faire des affaires avec Molly Lang (Jean Simmons), une jeune et belle veuve qui tente tant bien que mal de garder son indépendance.

Le scénario de Violence à Jericho, signé Sydney Boehm et Marvin H. Albert, ne fait pas de mystère quant à la façon dont cette histoire va se dérouler : dès que Flood tend une embuscade à la diligence et échange des coups de feu avec Dolan, il deviendra évident pour le spectateur que ce n’est qu’une question de temps avant que ces deux personnalités antinomiques ne s’affrontent dans un duel mortel. Et tout ce qui se passera ensuite au cours du film préparera essentiellement à cette rencontre décisive, ce climax sanglant au cours duquel un des deux personnages laissera sa peau.

L’ambiance et le déroulement du film auront beau nous paraître sans réelle surprise (presque familiers en un sens), il n’en demeure pas moins que Violence à Jericho s’avère un excellent petit western, badass et très divertissant, parce qu’il faut bien avouer que la rencontre au sommet de George Peppard et de Dean Martin constitue une sacrée bonne raison de rester jusqu’au bout. De plus, le fait que les deux personnages qui s’affrontent à l’écran sont tous deux de véritables stars laisse planer, tout au long du film, un doute sur celui qui s’en sortira vivant à la fin. Ajoutez à cela une poignée de seconds rôles de qualité, et vous obtiendrez un mélange explosif.

On l’a déjà dit en préambule, mais la plus grande surprise de Violence à Jericho est de voir Dean Martin dans la peau d’un méchant, et le plaisir manifeste qu’il semble prendre, en tant qu’acteur, à jouer les ordures sans foi ni loi. Son interprétation fonctionne d’ailleurs tellement bien que l’on pourra se demander pourquoi il n’a pas par la suite été choisi plus régulièrement pour jouer les méchants à l’écran. Sa performance est déroutante, mais vraiment brillante, et elle insuffle véritablement à Violence à Jericho une atmosphère extraordinaire. Face à lui, l’excellent George Peppard n’est pas non plus venu pour faire de la figuration : son personnage est solide, et la qualité de son jeu lui permet même occasionnellement d’éclipser Dean Martin dans certaines séquences. A découvrir !

Le Blu-ray

[4/5]

Sorti en DVD dans la collection « Western de légende » en 2007, Violence à Jericho s’offre donc aujourd’hui un solide upgrade Haute-Définition. Côté Blu-ray, le master dont a hérité Sidonis Calysta ne répond peut-être pas à 100% aux canons d’un film de catalogue restauré en HD, mais les améliorations notables en termes de qualité d’image par rapport à l’antique DVD de 2007 lui permettront de s’imposer sans peine comme une mise à niveau extrêmement intéressante. Le grain cinéma a été préservé, la définition et le piqué sont globalement solides, bref il s’agit là d’un rendu visuel perfectible (surtout sur les scènes nocturnes ou en basse lumière), mais dont les amateurs de westerns s’en satisferont sans doute, dans le sens où ce n’est sans doute pas demain que Criterion nous en proposera une restauration intégrale, et qu’en dépit de ses défauts, il s’agit sans doute de la meilleure copie disponible à ce jour, et qu’on ne va pas bouder le plaisir pris devant le film. Côté son, VF et VO sont proposées en DTS-HD Master Audio 2.0. Dans les deux cas, le rendu acoustique est satisfaisant, même si sans éclat. Les dialogues sont clairs et bien détachés, la musique est restituée de manière propre. C’est du beau boulot.

Du côté des bonus, Sidonis Calysta recycle dans un premier temps les suppléments disponibles sur le DVD de 2007, à savoir une présentation du film par Patrick Brion (7 minutes), qui reviendra essentiellement sur les mutations du western durant l’année 1967, ainsi que sur la prestation de Dean Martin, et un retour sur la carrière Dean Martin par Jean-Claude Missiaen (20 minutes). Mais l’éditeur nous propose également un peu d’inédit, avec une présentation du film par Jean-François Giré (13 minutes), qui s’attardera sur la violence du film ainsi que sur ses personnages, avec un focus tout particulier sur le personnage féminin incarné par Jean Simmons. On terminera enfin avec la traditionnelle bande-annonce.

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