Test Blu-ray : Les maléfices de la momie

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Royaume-Uni : 1964
Titre original : The curse of the mummy’s tomb
Réalisation :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h20
Genre : Fantastique, Horreur
Date de sortie cinéma : 16 juin 1965
Date de sortie DVD/BR : 14 janvier 2020

 

Les égyptologues européens Dubois, Giles et Bray découvrent la tombe du prince égyptien Ra, ils y trouvent le corps momifié du prince. Alexander King, un homme d’affaires, s’intéresse à cette découverte et achète la momie aux trois égyptologues avec l’intention de l’exposer dans un musée britannique. Une fois exposée, la momie ressuscite pour se venger. Pendant que nos trois amis essaient d’échapper à la momie, ils découvrent que c’est un personnage sinistre aux instincts meurtriers qui lui a rendu la vie et qu’il est peut-être le seul qui soit capable de l’arrêter…

 

Attention : les photos d’exploitation sont en noir et blanc, mais le film est en couleurs.


 

Le film

[4/5]

Profondément typique du soin apporté par la à ses productions, même les plus modestes, tout au long des années 60, remet, comme son titre l’indique clairement, le personnage de « la momie » sur le devant de la scène. Déjà utilisée en 1959 dans La malédiction des pharaons de (suite à un accord avec Universal qui permettait à la firme britannique d’utiliser les monstres issus de leur bestiaire classique), la créature à bandelettes revient donc ici au générique d’un film ouvertement moins prestigieux – on n’y retrouve ni le nom de derrière la caméra ni ceux de et devant – mais comme toujours absolument charmant et digne d’intérêt.

Écrite et réalisée par , véritable homme à tout faire de la (et accessoirement fils de son co-fondateur James Carreras), cette nouvelle incursion dans l’univers et les mythes de la momie s’avère très classique ne cherche globalement pas à se révolutionner le genre en lui apportant une trop grande originalité. En revanche, elle nous propose un récit et une mise en images si soignés et respectueux du genre et du public qu’au final, s’imposera sans peine comme un des « petits » classiques de la firme anglaise, mineur mais ô combien fréquentable. Pour autant, quelques surprises demeurent au cœur du script de , et on pourra s’étonner de la tournure inattendue que prendront certaines thématiques et/ou séquences. Ces petites touches d’originalité apportent ainsi à l’ensemble une fraîcheur inattendue : on pense par exemple au triangle amoureux que propose le film, teinté d’une retenue so british finalement plutôt amusante ; on pense également à l’excellente scène durant laquelle la police tend un piège à la momie, ou encore la raison pour laquelle la momie est sortie de son sommeil millénaire, plutôt éloignée de ce à quoi on aurait pu s’attendre.

A la croisée des chemins entre le fantastique et le récit d’aventures en mode « sérial » (le tout étant agrémenté d’une pincée de mystère avec l’inévitable enquête policière), le film fait littéralement des merveilles avec le budget dont il dispose. Visuellement, développe une classe et une élégance assez bluffantes : la première apparition de la momie dans les rues embrumées de Londres est ainsi tout à fait remarquable, laissant au spectateur le loisir de découvrir la créature, dans un premier temps, par le biais d’une silhouette aussi massive que menaçante. Et le film de basculer dès lors dans le fantastique pur, porté non seulement par un production design (décors, costumes, photographie) et une mise en scène efficace, mais également par un casting solide, composé de quelques têtes connues des amateurs éclairés de la .

Bref, en dépit du fait qu’il ne dispose pas, sur le papier, de la contribution des noms les plus prestigieux de la firme britannique, s’avère un excellent représentant du savoir-faire développé par la tout au long de son âge d’or. On notera néanmoins que la firme n’en avait pas encore terminé avec la figure mythique de la momie, qui reviendrait encore à deux reprises hanter les plateaux de la  : tout d’abord avec Dans les griffes de la momie (John Gilling, 1971), puis avec le délicieusement décadent La momie sanglante (Seth Holt, 1971).

 

 

Le Combo Blu-ray + DVD + Livret

[5/5]

Entamée il y a plusieurs années maintenant avec une sélection de films tirés des archives de la firme Amicus, la collection «  » de chez s’est depuis quelques mois considérablement enrichie avec de nombreux films produits par la . Comme d’habitude présentée dans un superbe Combo Blu-ray + DVD + Livret de 16 pages, cette édition des Maléfices de la momie prouve une nouvelle fois que l’éditeur français est bel et bien un des acteurs majeurs de l’édition vidéo en France. De plus, le fait de continuer à alimenter cette riche collection est un signe manifeste qu’ est de plus bien déterminé à fournir au consommateur des éditions « Collector » qui soient non seulement irréprochables d’un point de vue technique, mais qui s’imposent également comme de « beaux objets » de collection.

Un conseil donc : oubliez votre antique édition DVD du film de , et investissez de toute urgence dans cet époustouflant Blu-ray. Côté master, l’apport HD est indéniable : le film retrouve ses couleurs, sa précision, et affiche une stabilité remarquable. Les contrastes et le niveau de détails sont sensiblement renforcés, le grain cinéma est respecté, même si la définition vacille parfois un peu sur les séquences sombres ou juste avant les plans à effets (fondus…). En deux mots comme en cent, c’est un vrai plaisir de redécouvrir en Haute-Définition : une merveille. En ce qui concerne le son, nous avons évidemment le choix entre la VO et la VF, toutes deux proposées en DTS-HD Master Audio 2.0 : le doublage français que nous connaissons est évidemment respecté, même si les dialogues prennent souvent le pas sur les ambiances annexes. La version originale propose en revanche une restitution des ambiances, de la musique et les dialogues beaucoup plus fine. Les sous-titres ne posent pas de problème particulier.

Dans la section suppléments, on trouvera la traditionnelle présentation de la par Nicolas Stanzick, déjà présente sur les autres films de la disponibles au sein de la collection «  ». Ce dernier proposera en revanche une très intéressante analyse du film, qui nécessite quelques explications sur la situation de la à l’époque du tournage, mais qui servira de manière très habile à expliquer certains aspects du scénario de , et à dresser des parallèles entre l’intrigue du film et la relation qu’entretenait le cinéaste / réalisateur avec son père James Carreras. Passionnant et tout à fait pertinent ! On terminera le tour des suppléments avec le livret de 16 pages intégré au boitier, signé par l’omniprésent Marc Toullec et richement illustré.

 

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