Test Blu-ray : Le Vampire a soif

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Le Vampire a soif

Royaume-Uni : 1968
Titre original : The Blood Beast Terror
Réalisation : Vernon Sewell
Scénario : Peter Brian
Acteurs : Peter Cushing, Robert Flemyng, Wanda Ventham
Éditeur : ESC Éditions
Durée : 1h28
Genre : Horreur
Date de sortie cinéma : 31 mai 1971
Date de sortie DVD/BR : 1 juin 2022

L’inspecteur Quennell enquête sur une série de crimes commis dans la lande. Il soupçonne le professeur Mallinger, spécialiste des insectes. Celui-ci abrite chez lui une jeune femme qui se change périodiquement en grand papillon à tête de mort, qu’il doit nourrir de sang humain, et à laquelle il veut donner un compagnon…

Le film

[3,5/5]

Fondée en 1966 par Tony Tenser, la Tigon British Film Productions (plus souvent abrégée en Tigon) était une société de production et de distribution de films ayant contribué à la mise en chantier d’une grosse vingtaine de films entre 1967 et 1973. Durant ces quelques années, la Tigon a donc sorti un large éventail de films, mais la majeure partie de sa production était toutefois constituée de films d’horreur à petit budget, en concurrence directe avec ceux produits par la Hammer Film Productions et Amicus Productions à la même époque. De fait, la Tigon est surtout connue de nos jours pour être le studio qui permit à Michael Reeves de réaliser son chef d’œuvre, Le Grand inquisiteur (lire notre article). Parmi les autres films de la Tigon, on pourra citer La Chair du diable (Freddie Francis, 1973), La Créature invisible (Michael Reeves, 1967), Doomwatch (Peter Sasdy, 1972), La Nuit des maléfices (Piers Haggard, 1971) ainsi que le film qui nous intéresse aujourd’hui, Le Vampire a soif (Vernon Sewell, 1968).

« Chef, un p’tit verre, on a soif » chantait en 1979 l’amuseur belge connu sous le nom de Grand Jojo. Hé bien en 1968, c’était déjà le cas, le titre original du film de Vernon Sewell The Blood Beast Terror étant devenu chez nous Le Vampire a soif. Un titre doublement absurde si l’on considère que film ne met en scène aucun vampire, mais une étrange créature en mode « Craignos Monsters » dérivée du Sphinx à tête de mort, un papillon portant sur le thorax un motif rappelant un crâne humain. Bien sûr, les cinéphiles les plus âgés parmi nos lecteurs connaissent parfaitement ce papillon, qui tenait déjà un rôle morbide et relativement important à la fois dans Un Chien andalou (Luis Buñuel, 1929) et dans Le Silence des agneaux (Jonathan Demme, 1991).

Il est difficile cependant d’en dire plus sur Le Vampire a soif sans verser dans les [#Spoilers], et on avouera que les quelques surprises que nous réserve le film de Vernon Sewell font beaucoup dans son originalité et son côté attachant. Ainsi, on vous conseille de vous plonger dans cette petite série B gothique et fauchée sans le moindre à priori négatif, et en dépit de toutes les mauvaises critiques que le film se trimballe depuis sa sortie. Bien entendu, Le Vampire a soif pourra clairement faire pâle figure à côté des films d’horreur britanniques les plus mémorables des années 60, mais ses défauts font également partie de son charme un peu kitsch, sans compter bien sûr que l’ensemble est rehaussé par la présence au casting de Peter Cushing, qui compose ici un personnage typique de détective rigide, obstiné et réfléchi.

Et pourtant, Le Vampire a soif revient de loin : le film s’ouvre en effet sur une séquence vaguement ridicule censée prendre place en Afrique, mais en réalité probablement tournée dans un marais anglais, avec deux/trois stockshots de singes et de perroquets pour faire illusion. Par la suite, le film mettra en place une série de personnages sympathiques et relativement originaux, à la façon de ce croque-mort que l’on découvrira prendre son repas au milieu des corps en décomposition – une bonne idée qui dénote d’un certain attachement à montrer les gestes du quotidien de certains métiers, même si cela peut paraitre vaguement incongru. L’incongruité est d’ailleurs une caractéristique majeure du Vampire a soif, mais on vous réserve la surprise quant à la nature du « vampire » évoqué par le titre français du film…

Le Blu-ray

[4/5]

Disponible chez ESC Éditions depuis le 1er juin, Le Vampire a soif intègre donc les rangs de la prestigieuse collection « British Terrors ». Vous pouvez donc oublier votre antique édition DVD remontant aux grandes années de cdiscount et du label DVDY, car le film de Vernon Sewell s’offre aujourd’hui un lifting Haute-Définition sur galette Blu-ray tout à fait convaincant. Une bonne nouvelle pour les amoureux du cinéma d’horreur britannique des années 60. Aussi bien côté image que côté son, le master proposé par ESC Éditions est d’excellente tenue ; le film est proposé au format 1.66:1 respecté et encodé en 1080p. Le piqué est d’une belle précision, le grain cinéma a été préservé, et les couleurs et les contrastes semblent avoir bénéficié d’un soin tout particulier. L’ensemble est donc tout à fait recommandable. Rien à redire non plus sur le mixage audio, proposé en DTS-HD Master Audio 2.0 mono d’origine, à la fois en VF et en VO, au rendu acoustique clair, net, sans souffle et plutôt bien équilibré, avec néanmoins une nette domination de la version originale sur son équivalent français.

Côté suppléments, ESC Éditions nous propose de retrouver, en plus de la bande-annonce de la collection « British Terrors », une présentation du film par Nicolas Stanzik (17 minutes). Ce dernier dressera quelques liens entre Le Vampire a soif et ses modèles de la Hammer, La Gorgone et La Femme reptile. Il défendra ensuite le film, tout d’abord en revenant sur son originalité (un monstre inédit), sur le scénario de Peter Brian ainsi que sur la carrière de Vernon Sewell. Et même s’il déplore le manque de dualité du personnage du monstre, il trouve de nombreuses qualités au film, comme par exemple la distanciation par l’humour.

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