Test Blu-ray : Le solitaire de Fort Humboldt

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Le solitaire de Fort Humboldt

États-Unis : 1975
Titre original : Breakheart Pass
Réalisation : Tom Gries
Scénario : Alistair MacLean
Acteurs : Charles Bronson, Ben Johnson, Richard Crenna
Éditeur : Sidonis Calysta
Durée : 1h35
Genre : Western
Date de sortie cinéma : 9 décembre 1975
Date de sortie DVD/BR : 19 août 2021

Arrêté pour tricherie à l’issue d’une partie de poker, John Deakin monte sous la garde du marshall Pearce dans un train en direction de Fort Humboldt. Tous à bord ignorent que Deakin n’est pas le hors-la-loi recherché qu’il semble être, mais un agent du gouvernement sur les traces de trafiquants d’armes. À lui de rester incognito aussi longtemps que possible en dépit des hauts risques d’un voyage qui pourrait être sans retour…

Le film

[4/5]

En parallèle avec Le bison blanc, dont on vous parlait il y a quelques jours, Sidonis Calysta ajoutera un deuxième Blu-ray à sa prestigieuse collection « Western de légende » le 19 août : Le solitaire de Fort Humboldt. Le film, réalisé par Tom Gries en 1975, met également en scène Charles Bronson. Cependant, il ne s’agit pas de son seul point commun avec Le bison blanc : en effet, Le solitaire de Fort Humboldt présente également la particularité d’être un « faux » western, ou plutôt un film pratiquant sans complexe le mélange des genres. Point de fantastique hérité des Dents de la mer ici, mais plutôt une intrigue policière tirant sur le récit d’aventures, qui tend à faire pencher le film autant du côté du thriller que du western…

En 1975, Charles Bronson est littéralement au sommet de sa carrière : il vient en effet tout juste de casser la baraque au box-office avec Un justicier dans la ville. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le personnage de John Deakin incarné par Bronson dans Le solitaire de Fort Humboldt s’inscrit dans la droite lignée du Paul Kersey de la saga Death Wish : un être froid, taciturne, implacable. La nature glaciale de l’acteur est utilisée à bon escient par le réalisateur Tom Gries, d’autant que l’histoire, qui se déroule quasi-exclusivement à bord d’un train, ne souffre d’aucune lenteur, grâce notamment à une distribution pour le moins colorée et à une série de rebondissements très solides, qui parviennent à créer une atmosphère vraiment fascinante tout au long de l’intrigue.

Bien qu’il ne s’agisse pas à proprement parler d’un classique whodunit, l’intrigue imaginée par Alistair McLean évoquera forcément, dans l’inconscient collectif, le roman d’Agatha Christie « Le crime de l’Orient Express ». La tonalité du récit est similaire, et Le solitaire de Fort Humboldt s’efforce également de laisser planer le doute au-dessus des personnages, parfois douteux, à bord du train. Le film ne perd pas son temps en dialogues inutiles, et délivrera au spectateur uniquement les informations « utiles », nécessaires à la présentation et à la mise en place des différentes personnalités à bord du train. Les révélations importantes se dévoileront progressivement par la suite.

La tension augmente donc au fur et à mesure, soutenue par la mise en scène parfois brutale et surprenante de Tom Gries ; les passagers assassinés s’enchaînent avec régularité, et les seconds-rôles tombent littéralement comme des mouches, réduisant les possibilités quant à l’identité du tueur. De son côté, le personnage de Bronson, sous couverture, tente de conserver son secret tout en menant l’enquête en loucedé. Ce dernier n’est d’abord pas réellement sûr de la nécessité de s’impliquer dans l’agitation générale, préférant rester dans une position d’observateur, et trouvant de la chaleur auprès de Marica, naturellement interprétée par Jill Ireland, épouse de Bronson à la ville.

Bref, le suspense est solide, le huis clos oppressant, et l’intrigue « policière » fonctionne extrêmement bien, développant un mystère vraiment prenant durant toute la première partie du film. La deuxième partie du Solitaire de Fort Humboldt mettra en scène un Charles Bronson vraiment plein de prestance, au mieux de sa forme, seul contre tous, porté par la musique de Jerry Goldsmith et la photo de Lucien Ballard, qui tire vraiment le meilleur des paysages montagneux de l’Idaho devant lesquels passe le train.

Bref, avec Le solitaire de Fort Humboldt, Tom Gries nous livre vraiment un solide film d’aventures, disposant par ailleurs d’une solide – mais anecdotique – « toile de fond » couleur western. Une belle réussite dans son genre, même si, plus de quarante ans après sa sortie, on se demande toujours où les distributeurs hexagonaux ont été pêcher un titre français aussi éloigné de la réalité de l’intrigue et du film dans sa totalité.

Le Blu-ray

[4/5]

Le solitaire de Fort Humboldt réapparaît donc le 19 août dans la collection « Western de légende » de Sidonis Calysta, au format Blu-ray cette fois, soit 17 ans après l’édition DVD estampillée MGM. L’édition Blu-ray proposée par l’éditeur nous propose naturellement un upgrade assez net par rapport à l’édition en définition standard, mais en termes de rendu Haute-Définition, on notera tout de même que le master présenté ici demeure encore assez perfectible. Néanmoins, si l’on excepte quelques tâches ou poussières et une poignée de petites saccades, l’ensemble est très satisfaisant, avec un niveau de détail correct, un piqué assez précis et des couleurs satisfaisantes. Les niveaux de noir sont solides, et si l’ensemble y perd un peu en précision durant les scènes en basse lumière, l’ensemble est tout de même réussi, avec un grain cinéma respecté. Du côté des enceintes, VF d’époque et VO nous sont proposées en DTS-HD Master Audio 2.0 mono d’origine. La version française s’avère un peu plus étouffée que sa grande sœur, avec un léger souffle, mais rien de dramatique là non plus, d’autant que nombre d’amateurs de versions françaises un rien surannées seront ravis de ré-entendre le doublage d’origine du film, assuré entre autres par Claude Bertrand, qui fut la voix récurrente de Charles Bronson jusqu’à sa mort en 1986, mais qui assura également le doublage de Bud Spencer, Burt Lancaster ou John Wayne, ainsi que des personnages de films d’animation, comme Thomas O’Malley dans Les Aristochats, ou Petit Jean dans Robin des Bois.

Du côté de la section interactivité, on commencera avec la désormais traditionnelle présentation du film par Jean-François Giré (12 minutes). On est d’ailleurs assez heureux de pouvoir écouter ce spécialiste incontesté du spagh’ exprimer son ressenti sur des westerns américains. Il faut croire que Patrick Brion, qui n’aime pas beaucoup le western spaghetti, a fini par l’accepter comme collaborateur régulier de la collection « Western de légende » ! Outre la bande-annonce, on trouvera également sur la galette une très intéressante présentation du film par Kim Newman, critique britannique (25 minutes). Ce dernier replacera le film dans son contexte de production et reviendra sur l’originalité et les qualités du film.

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