Test Blu-ray : Le bison blanc

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Le bison blanc

États-Unis : 1977
Titre original : The White Buffalo
Réalisation : J. Lee Thompson
Scénario : Richard Sale
Acteurs : Charles Bronson, Jack Warden, Will Sampson
Éditeur : Sidonis Calysta
Durée : 1h33
Genre : Western, Fantastique
Date de sortie cinéma : 24 août 1977
Date de sortie DVD/BR : 19 août 2021

Précédé d’une réputation de tireur infaillible là où qu’il aille, Wild Bill Hickok ne poursuit plus qu’un but : abattre le monstrueux bison blanc qui surgit dans ses cauchemars et le ronge de l’intérieur. Une créature de légende, un fantasme ? Pas vraiment… quand il apprend qu’un animal répondant à sa description vient d’attaquer un village indien et d’y tuer le fils du chef Crazy Horse, Hickok prend la direction du Dakota…

Le film

[3,5/5]

Après le succès incroyable des Dents de la mer de Steven Spielberg en 1975, les producteurs de tous bords se sont jetés à corps perdu dans les films traitant de « menace animale ». Des créatures de la mer ou des airs, en passant par celles de la terre comme les lapins, les crapauds, limaces et autres vers de terre, il en pleuvait de partout dans les années 70, chaque espèce rivalisant de malice pour renverser de façon meurtrière le règne de l’homme.

En 1977, en producteur avisé, Dino De Laurentiis s’est également lancé dans le film de menace animale, avec Orca et Le bison blanc, qui mettaient tous deux en scènes des humains impuissants face à un animal particulièrement vicelard. Ainsi, s’il intègre aujourd’hui la prestigieuse collection « Western de légende » de Sidonis Calysta, Le bison blanc n’est en réalité qu’un western « de façade » : la véritable nature du film – commercialement parlant, du moins – va probablement autant chercher du côté des histoires de carnage et de vengeance propres au fantastique post-Jaws que du côté des classiques de John Ford ou Howard Hawks.

Pour autant, et probablement grâce à la personnalité de Charles Bronson et de son camarade Jack L. Thompson derrière la caméra, Le bison blanc s’efforce de ne pas laisser de côté son appartenance au western : si le film enchaine effectivement les éléments typiques du cinéma d’exploitation, il verse également dans une réflexion sur le Far West, et sur la communication – pour le moins fragmentaire – entre Wild Bill Hickok (Charles Bronson) et l’indien Crazy Horse (Will Sampson), ennemis forcés de s’unir dans l’adversité. L’exploration des personnalités est donc bel et bien également à l’ordre du jour dans Le bison blanc, qui s’échine à tenter de comprendre les mécanismes psychologiques des deux personnages principaux, tout autant que leur rancœur et la violence larvée qui s’insinue entre eux, les empêchant de se considérer d’égal à égal.

Adaptant son propre roman à l’écran, le scénariste Richard Sale semble donc bien déterminé à conserver son attachement à la représentation d’un Ouest sauvage « authentique », et au cœur duquel le fameux bison du titre tient surtout une place métaphorique, à la « Moby Dick » en quelque sorte. Cela n’empêchera pas bien sûr Jack L. Thompson de nous livrer dans Le bison blanc quelques scènes très impressionnantes, notamment dès la séquence d’ouverture pendant laquelle l’imposante créature saccage littéralement un campement amérindien, tuant à la fois guerriers, femmes et enfants.

Le bison blanc laisse également la place à quelques éléments typiques du western (le tueur tentant de raccrocher, la pute au grand cœur…) et les scènes d’action et différentes fusillades s’avèrent très efficaces, ce qui ajoute un peu d’éclat à un film largement contemplatif. Au fil de son récit, le film de Jack L. Thompson développe également une réflexion assez étonnante sur le vieillissement et la notion de « masculinité », la chasse au bison étant explicitement désignée dans le récit comme une façon pour Hickok (Bronson), atteint d’une espèce de MST, et pour son ami Charlie (Jack Warden), sexuellement impuissant, de retrouver une certaine virilité – une idée que l’on retrouvera également dans le fait que les deux hommes caressent régulièrement leurs armes à l’écran, comme s’ils étaient devenus des substituts de leurs quéquettes, hier glorieuses, aujourd’hui sans vigueur.

Pour autant, que les spectateurs n’ayant fait le déplacement que pour l’autre grosse bêbête poilue – on parle ici du bison, se rassurent : la réalisation efficace et énergique de Jack L. Thompson traduit de sa longue expérience du cinéma de divertissement. Les mouvements de caméra sont amples et dynamiques, la mise en place des différentes thématiques fonctionne sans déséquilibre ni ennui, et les affrontements avec les bisons sont suffisamment réguliers et agités pour créer le suspense et le sentiment de menace nécessaires à l’immersion. Les limites du budget sont habilement contournées, et les acteurs font le taf, sans forcer leur talent. Bref, Le bison blanc mérite clairement le coup d’œil !

Le Blu-ray

[4/5]

La sortie du Bison blanc sur support Blu-ray en France est donc prévue au 18 août, sous les couleurs de Sidonis Calysta : un petit événement dans le sens où le film de 1977 demeurait encore à ce jour inédit en Haute-Définition. Déjà disponible dans la collection « Western de légende » depuis 2010, Le bison blanc s’offre néanmoins pour l’occasion les joies d’une « Édition Silver », en Combo Blu-ray + DVD.

Et pour sa présentation sur support Blu-ray, Le bison blanc bénéficie d’un rendu HD assez enthousiasmant : la copie est parfaitement stable, les couleurs sont lumineuses, les contrastes bien gérés, et le gain en termes de définition est appréciable, même s’il aurait pu être supérieur. On notera simplement une légère atténuation du grain d’origine par l’utilisation d’un réducteur de bruit ou DNR, le tout un poil trop lissé par endroits, même si cela demeure relativement discret sur un écran plat standard et se remarquera surtout en cas de diffusion sur un écran de très grande taille. Côté son, VF et VO sous-titrée sont toutes deux proposées en DTS-HD Master Audio 2.0 (mono d’origine) ; on préfèrera la VO pour la voix inimitable de Charles Bronson, mais la version française d’origine, pleine du charme désuet des doublages des années 70/80, s’en tire plutôt bien – les deux mixages sont bons, équilibrés, et débarrassés de tout souffle trop important.

Dans la section suppléments, on trouvera tout d’abord une présentation du film par Jean-François Giré (16 minutes), qui reviendra sur la légende amérindienne du « Bison Blanc », sur l’aspect historique fantaisiste du film, ainsi que sur le côté carton-pâte du Bison, qu’il justifie par un élément narratif du film. Il évoquera également la musique de John Barry. On continuera ensuite avec une présentation du film par Patrick Brion (7 minutes), recyclée du DVD de 2010. Il y reviendra sur la carrière de Jack Lee Thompson, évoquant notamment Les nerfs à vif de façon assez longue, puis sur celle de Charles Bronson, mais finalement, ne dira rien ou presque du Bison blanc. On terminera ensuite avec deux documentaires : le premier est consacré à l’indien Crazy Horse (32 minutes), l’autre à Wild Bill Hickok (43 minutes).

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