DVD — 09 mai 2019
Test Blu-ray : Happy birthday to me

 
Canada : 1981
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : John C.W. Saxton, ,
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h51
Genre : Horreur
Date de sortie cinéma : 6 janvier 1982
Date de sortie DVD/BR : 9 mai 2019

 

Virginia a été victime d’un grave accident dans lequel a péri sa mère; Après une opération du cerveau, elle retourne au lycée. Très bonne, élève, elle souffre cependant de troubles de la mémoire. Elle intègre rapidement une confrérie réunissant les meilleurs élèves. Mais les membres de ce petit groupe sont assassinés les uns après les autres dans des circonstances aussi sanglantes que surprenantes…

 


 

Le film

[3,5/5]

Après le succès surprise de Vendredi 13 en 1980 (60 millions de dollars de recettes), les studios Hollywoodiens se sont rendus à l’évidence : le jeu de massacre autour d’une bande de jeunes cons décimés l’un après l’autre par un tueur sans pitié permettait de remplir ses caisses pour une mise de départ ridicule. Tous se sont donc précipités afin d’obtenir leur « part du gâteau », et une vague de slashers a commencé à envahir les écrans du monde entier. Le bal de l’horreur (1980), Le monstre du train (1980), Meurtres à la St-Valentin (1981), Carnage (1981), Happy birthday : Souhaitez ne jamais être invité (1981), Une nuit infernale (1981), Massacre au camp d’été (1983), The house on Sorority Row (1983), Vœux sanglants (1984), Week-end de terreur (1986)…

Si les choses changeront vaguement avec le temps, les premiers films de la grosse vague de slashers des années 80 gardaient, tout comme le premier Vendredi 13 d’ailleurs, le secret autour de l’identité du tueur, celui qui décimait en caméra subjective les ados qui buvaient, fumaient des pétards ou envisageaient d’avoir des relations sexuelles en dehors des liens sacrés du mariage. Sorti en janvier 1982 sur les écrans français, Happy birthday : Souhaitez ne jamais être invité – qui retrouve à l’occasion de sa sortie en Blu-ray son titre original Happy birthday to me – est donc un slasher au cœur duquel le spectateur ne découvrira qui est le tueur que dans la toute dernière bobine. Et on admettra que la révélation finale contribue en grande partie au charme de ce slasher « light », mettant globalement la pédale douce sur les scènes de nudité gratuite (le film n’en contient aucune) pour mieux se concentrer sur les scènes gore, efficaces, avec notamment une opération du cerveau pas piquée des hannetons, réalisée 25 ans avant Saw III.

Sans trop en révéler sur l’intrigue, on peut donc tout de même affirmer que Happy birthday to me contient un revirement final absolument fou, qui arrive comme une cerise sur le gâteau d’un film à mi-chemin entre le sérieux et le loufoque absolu, ne quittant jamais réellement les rails du film d’horreur mais s’avérant tout de même riche en séquences et en gags volontiers potaches, à mi-chemin entre l’épouvante et la parodie de whodunit à la Scooby-Doo. Dès le début du film, les personnages ne sont d’ailleurs pas présentés de la façon la plus réaliste qui soit : chassés d’un bar où ils s’avéraient un peu trop bruyants, ils montent en voiture et décident de jouer au « grand jeu », qui consiste à sauter d’un côté à l’autre d’un pont mobile dont les pans sont relevés. 10 dollars seront attribués au vainqueur. Alors voilà ces abrutis de partis sur les chapeaux de roues, certains se dégonflent, mais le dernier y va, il fonce, ça passe mais sa bagnole est complètement destroy. Il s’en fout, il a gagné dix dollars. Et le film de présenter en quelques minutes une belle bande de gosses de riches cons comme des balais, qui vont forcément tous se faire dessouder un à un dans les cent minutes qui suivront.

Avec neuf cadavres, le bodycount de Happy birthday to me est relativement généreux, et les mises à mort s’avèrent parfois très originales – bien sûr, la palme est décernée à celle qui servira d’affiche au film dans le monde entier : on pense bien sûr au meurtre à la brochette. Jamais plus vous ne regarderez votre barbecue de la même manière. Dans l’ensemble, le film suit les règles tacites du slasher, à peu près telles qu’elles seront énoncées une quinzaine d’années plus tard dans le Scream de Wes Craven ; on entend par là que les jeunes contrevenant aux règles de bienséance de l’Amérique Reaganienne se verront tous sévèrement punis. Le film s’offre d’ailleurs le luxe d’afficher une espèce de petite « conscience de classe », avec un discours plutôt féroce sur la petite bourgeoisie américaine, la nature gâtée et les caprices de ces gosses de riches mis en scène par le film s’imposant comme une des clés du dénouement de l’intrigue.

Le budget du film est confortable, et permet aux producteurs d’aller chercher J. Lee Thompson, qui s’y connaît bien en cinéma doucement réactionnaire, puisque durant la glorieuse décennie 80’s, il ne tournerait quasiment plus qu’avec son complice et ami Charles Bronson. Technicien de talent, Thompson apporte tout son savoir faire à ce petit slasher des familles, et attirera probablement grâce à son nom prestigieux (hey, c’est quand même le réalisateur des Canons de Navarone !) un casting assez étonnant : outre bien sûr l’héroïne Melissa Sue Anderson, internationalement connue par toutes les générations pour avoir incarné Mary Ingalls pendant des années dans La petite maison dans la prairie, on trouvera également Glenn Ford, acteur mythique des années 50, qui trouve ici un petit rôle de psychiatre. Et si le nom de , qui incarne Anne dans Happy birthday to me, vous dit quelque-chose, c’est peut-être parce que vous avez déjà été en arrêt maladie – ou tout simplement que vous êtes une femme : elle interprète en effet le personnage de Lauren Fenmore dans Les feux de l’amour et Amour, gloire et beauté depuis 1984, ce qui lui vaut d’être apparue à ce jour dans plus de 1500 épisodes des deux séries. C’est ce qu’on appelle un grand écart artistique.

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

Afin de fêter comme il se doit les trente-huit ans de ce sympathique slasher, Rimini Éditions nous livre une édition Blu-ray de Happy birthday to me assez exemplaire : le film a été restauré, et si l’on excepte quelques plans malheureux, l’ensemble affiche une très belle pêche, avec un grain scrupuleusement préservé, un piqué accru et des couleurs et des noirs très intenses et soignés. Côté son, la bande-son est proposée en LPCM 2.0, en VF et en VO. Les dialogues sont clairs et bien découpés, et la musique est bien mise en avant ; on notera cependant que la version française manque un brin d’ampleur et de naturel. La VO quant à elle bénéficie également d’un (re)mixage Dolby Digital 5.1, jouant la carte du multi-canal sur les séquences les plus tendues ; heureusement, ce mixage préserve globalement l’esprit du film, sans en trahir les intentions d’origine.

Du côté des suppléments, on ne trouvera rien sur le film à proprement parler, mais on se régalera d’un très intéressant livret de 28 pages signé Marc Toullec (qui était un des rédacteurs-phares de la revue Mad Movies au moment de la sortie du film début 1982), ainsi que d’un passionnant documentaire sur le slasher intitulé Slice and dice, the slasher movie forever ! (Calum Waddell, 2012, 1h18), proposé en Haute-Définition et VOST. Le doc mange un peu à tous les râteliers, qualifiant de slashers beaucoup de films qui n’en sont pas, et manque clairement de rigueur dans sa tentative de dresser une chronologie du genre, mais globalement, l’ensemble est porté par les anecdotes d’une série d’intervenants passionnés (Tom Holland, Mick Garris, Scott Spiegel, Christopher Smith, Tobe Hooper, Norman J. Warren, Corey Feldman), et rythmé par de nombreux extraits de films et de bandes-annonces. Le tout s’avère donc parfaitement agréable à suivre, d’autant qu’il donne la parole à quelques cinéastes que l’on n’a pas l’occasion d’entendre souvent.

En revanche, on ignore si cela est imputable à Rimini Éditions ou aux ayant-droits du film, mais il semble que le montage de Slice and dice ait subi quelques modifications en traversant la Manche. On a en effet remarqué quelques extraits supplémentaires de Happy birthday to me au cœur du documentaire, ainsi que l’utilisation de photos, parfois récentes, destinées à illustrer les propos des intervenants. On voit en effet assez mal comment Calum Waddell aurait pu, en 2012, insérer dans son film des images du dernier Halloween en date, sorti dans les salles en… 2018 !

 

Articles semblables

Partage

Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles