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DVD — 10 mai 2019
Test DVD : L’île au trésor

L’île au trésor


 
France : 2018
Titre original : –
Réalisation :
Éditeur : Potemkine Films
Durée : 1h36
Genre : Documentaire
Date de sortie cinéma : 4 juillet 2018
Date de sortie DVD : 7 mai 2019

 

Synopsis : Un été sur une île de loisirs en région parisienne. Terrain d’aventures, de drague et de transgression pour les uns, lieu de refuge et d’évasion pour les autres. De sa plage payante à ses recoins cachés, l’exploration d’un royaume de l’enfance, en résonance avec les tumultes du monde…

 

 

Le film

[3.5/5]

En juillet 2018, à 3 semaines d’intervalle, Les Films du Losange ont sorti en salles 2 films du réalisateur Guillaume Brac, ou, plutôt 3 films ! En effet,  après la sortie le 4 juillet de L’île au trésor, un documentaire nous faisant traverser l’été 2017 de l’Ile de Loisirs de Cergy-Pontoise, ce sont deux court-métrages de fiction, L’amie du dimanche et Hanne et la fête nationale qui ont été réunis sous le titre , sorti le 25 juillet. Tout cela a été intelligemment regroupé par Potemkine Films dans un coffret de 2 DVD, avec en plus, le court-métrage documentaire Le repos des braves ainsi que plusieurs suppléments.

C’est au début de l’année 2012 qu’on a fait connaissance avec le cinéma de Guillaume Brac, avec la sortie du moyen métrage Un monde sans femme couplé au court-métrage Le naufragé. Deux ans plus tard, le long métrage Tonnerre est venu confirmer toutes les qualités de ce réalisateur qui excelle à cacher très pudiquement une grande profondeur derrière une apparente légèreté. C’est ainsi que, dédié à l’enfance éternelle, L’île au trésor nous introduit dans un parc de loisir de la région parisienne, dans lequel, durant l’été, une population très métissée de jeunes, de vieux, de familles, habitant à Paris, en banlieue ou en grande-banlieue, vient s’aérer, s’amuser, se baigner ou bien draguer. A rebours des clichés habituels faits de violence, de drogue et de trafics divers et variés qui colonisent les films sur les jeunes de banlieue, ceux que nous montre L’île au trésor n’ont pour seuls travers qu’une bonne dose de resquille  et de baratin. En face d’eux, des vigiles qui cherchent à faire respecter les règlements tout en sachant se montrer le plus souvent « bon enfant ». Par ailleurs, à intervalle régulier, nous sont proposés des bouts de discussion entre Nicolas et Fabien, le Directeur du centre de loisirs et son adjoint. Et puis, le hasard des rencontres a permis à Guillaume Brac de recueillir des récits de tranches de vie savoureuses ou émouvantes : celui, à la fois émoustillant et très fleur bleue, du séjour en Croatie de Patrick, un professeur à la retraite ; celui de Bayo, un veilleur de nuit originaire de Guinée sur son passé dans son pays d’origine ; celui d’un couple afghan établi en France depuis plusieurs années. Tout cela donne un film qui, ô surprise, montre une France telle qu’on peut la rêver, colorée, accueillante, pleine de chaleur et de vitalité. Au point qu’on en arrive à se demander si on n’est pas face à une vision utopique d’une réalité plus dure, plus égoïste. Mais peut-être pas, après tout et, en tout cas, on prend plaisir à voir ce qui nous est montré ! D’autant plus que, derrière ce premier ressenti avenant, on peut voir tout ce que Guillaume Brac veut, ici ou là, nous transmettre en matière de liberté, de transgression et d’insoumission.

Changement de décors mais toujours la même chaleur humaine, la même empathie pour les personnages, la même soif de liberté, avec le court métrage qui accompagne L’île au trésor sur le premier DVD : les braves dont il est question dans Le repos des braves, ce sont des cyclotouristes d’une soixantaine d’années qui viennent de parcourir 700 kilomètres en plusieurs étapes depuis Thonon jusqu’à Roquebrune Cap Martin, en empruntant la route des grandes Alpes : 19 000 mètres de montées cumulées, une succession de cols mythiques, la Colombière, Le Cornet de Roselend, l’Iseran, le Galibier, l’Isoard, la Bonette, le Turini. Arrivés au bout de leur périple, les « braves » profitent de 24 heures de repos avant de prendre, en car, la route du retour et, sur fond d’images de leur effort dans des décors somptueux et d’extraits de films d’actualité sur des étapes du Tour de France (Louison Bobet photographié par Fausto Coppi dans la montée de l’Isoard en 1953, Bernard Thévenet mettant fin au règne de Eddy Merckx dans la montée de Pra-Loup en 1975), ils s’expriment sur la philosophie de vie que représente pour eux cette passion pour le vélo. A noter : un petit plongeon dans la Grande Bleue permet d’apprécier le bronzage si particulier des cyclistes.

 

 

Avec Contes de juillet, c’est, cette fois ci, un univers fictionnel qui nous est proposé. Au départ, la comédienne et réalisatrice Maryline Canto, qui enseigne au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique, devait organiser un atelier d’été en juillet 2016 d’une durée de 3 semaines avec les étudiants de deuxième année du Conservatoire. Etant prise par un tournage à ce moment là, elle a proposé à Guillaume Brac de prendre en charge la moitié de la promotion, soit 16 étudiants et étudiantes. Souhaitant transformer cet atelier d’été en véritable tournage de cinéma, tout en étant conscient du faible temps dont il allait disposer et de la difficulté que représenterait dans ces conditions la prise en compte de 16 personnages dans un seul et même film, Guillaume Brac a fait le choix de partager l’équipe en trois et de réaliser trois court-métrages au format 4/3 avec une équipe technique réduite au minimum et une grande part de travail collectif sur les dialogues et le découpage. Le premier n’étant pas apparu satisfaisant, seuls le deuxième, L’amie du dimanche, et le troisième, , ont fait l’objet d’une sortie une fois réunis sous le titre très « rohmérien » de Contes de juillet. L’influence de Rohmer est en effet très visible dans l’amie du dimanche qui, comme L’île au trésor, se déroule dans l’île de loisirs de Cergy Pontoise et raconte l’escapade dominicale de deux collègues de travail et leur rencontre avec un agent de prévention. En ce qui concerne Hanne et la fête nationale, film tourné dans la Cité Universitaire et qui met en scène une jeune étudiante norvégienne face à des tentatives de séduction et même à du harcèlement, Guillaume Brac revendique l’influence du cinéaste coréen Hong Sang-soo, un réalisateur qui, en plus de ses activités d’enseignant dans une université coréenne, arrive à tourner jusqu’à 3 longs métrages en une seule année : équipe technique légère, absence de scénario écrit une fois pour toute à l’avance. On notera que la scène principale du film a été tournée le lendemain des attentats de Nice.
 

 

Le DVD

[4.5/5]

Quelle excellente idée que d’avoir réuni le travail récent de Guillaume Brac sur ce double DVD ! L’île au trésor est proposé en Dolby Digital 5.1 avec le choix entre absence de sous-titrage, sous-titrage pour sourds et malentendants ou sous-titrage en … anglais.  Sur ce même premier DVD, Le repos des braves est donné en Dolby Digital 2.0. Sur le second DVD, Contes de Juillet est mixé en Dolby Digital 2.0 avec le choix de sous-titres en anglais ou absence de sous-titres. Dans l’un comme dans l’autre, l’image est de très bonne qualité.

Sur le premier DVD, en plus de Le repos des braves, considéré comme un supplément, on trouve une interview d’une durée de 26 minutes du réalisateur et de Karen Benainous, la monteuse de L’île au trésor. Ils nous parlent, entre autre, des difficultés rencontrées pour passer de 166 heures de rushs à un film de 97 minutes mais aussi de certaines bonnes surprises au niveau de raccords très heureux entre des séquences, obtenus par hasard en bougeant des séquences ou en supprimant. Par ailleurs on ne peut que partager leur particulière affection pour les deux personnages avec lesquels le film se termine : Michaël et Joëlson, deux frères, deux petits enfants qui vont finir par contempler et commenter un panneau qui recense tout ce qu’il est interdit de faire dans le parc. Le supplément du second DVD consiste en une conversation de 44 minutes avec Guillaume Brac, , son chef-opérateur et 5 des comédiens et comédiennes de Contes de juillet. Le titre de ce supplément suffit pour en révéler la teneur : Fabrique des Contes de juillet !

 

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Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles