DVD — 09 mars 2019
Test Blu-ray : A star is born

 
États-Unis : 2018
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : , Bradley Cooper,
Acteurs : , Bradley Cooper,
Éditeur : .
Durée : 2h15
Genre : Drame
Date de sortie cinéma : 3 octobre 2018
Date de sortie DVD/BR : 20 février 2019

 

Star de country un peu oubliée, Jackson Maine découvre Ally, une jeune chanteuse très prometteuse. Tandis qu’ils tombent follement amoureux l’un de l’autre, Jack propulse Ally sur le devant de la scène et fait d’elle une artiste adulée par le public. Bientôt éclipsé par le succès de la jeune femme, il vit de plus en plus de mal son propre déclin…

 


 

Le film

[5/5]

Un temps prévu pour être mis en scène devant la caméra de Clint Eastwood, avec Beyoncé comme tête d’affiche, A star is born s’est, au bout du compte, fait sans l’un ni l’autre. A la barre, on retrouve finalement Bradley Cooper, qui reprend pour l’occasion un rôle qu’il avait décliné huit ans plus tôt, se trouvant alors trop jeune pour incarner ce personnage de chanteur country sur le retour. Et surtout, l’acteur révélé par la saga Very bad trip tient ici également le poste de réalisateur, pour la toute première fois de sa carrière. De Clint Eastwood à Bradley Cooper, il n’y a finalement qu’un pas : d’American sniper à La mule, leurs collaborations répétées tendent à prouver que ces deux personnalités Hollywoodiennes se respectent et s’apprécient – surtout, on peut également supposer que l’acteur a beaucoup appris en observant le maestro Eastwood au travail. Ainsi, les véritables torrents d’émotion soulevés par la dernière demi-heure d’A star is born, et le flamboyant discours du film sur l’amour fou (celui qui va au-delà de tout et submerge littéralement les individus) nous renvoie directement à un autre chef d’œuvre : Sur la route de Madison bien-sûr, mis en scène en 1995 par un Clint Eastwood alors en état de grâce. La boucle est donc bouclée, et Bradley Cooper prend instantanément sa place aux côtés des grands du cinéma contemporain, de ceux avec lesquels il faut désormais compter.

Devant la caméra, exit donc Beyoncé, et place à Stefani Joanne Angelina Germanotta, alias Lady Gaga. Et une précision s’impose d’entrée de jeu : si de notre côté de l’Atlantique (et en Europe en général), on a pu avoir l’impression que la carrière de Lady Gaga était en perte de vitesse depuis cinq ou six ans, il n’en est rien en réalité aux États-Unis, où elle écoule littéralement des millions de disques et signait par exemple en 2017 tournée la plus lucrative de l’année pour une artiste féminine malgré l’annulation de toutes ses dates européennes. Pour ceux qui suivaient sa carrière, la performance de Lady Gaga dans A star is born n’aura rien d’une surprise : on connaissait déjà de longue date ses velléités d’actrice (on se souvient de l’avoir aperçue, après coup, en se repassant l’intégrale des Soprano, dans un épisode de la saison 3), et on l’avait plus récemment déjà vue « au naturel » dans Sin City : J’ai tué pour elle en 2014. Pour les critiques en revanche, à travers le monde entier, c’est une totale découverte, une révélation : une actrice pleine de sensibilité et de talent se cachait donc derrière les atours clinquants de la pop-star et l’espèce de « terrorisme visuel » qu’elle pratique depuis ses débuts lors des événements publics. A star is born a tout en revanche de la mise à nu, et son jeu se verra rapidement encensé par la critique lors des premières projections du film, à la Mostra de Venise et au Festival International du Film de Toronto.

Et peu importe finalement si A star is born pourra avoir des airs de déjà vu : il s’agit en effet tout de même de la quatrième version d’Une étoile est née depuis les années 30, et cette variation imaginée par Bradley Cooper et ses co-scénaristes pioche surtout dans celles de 1954 (de George Cukor, avec Judy Garland) et de 1976 (de Frank Pierson, avec Barbra Streisand). L’essentiel est bel et bien que l’émotion soit présente, et elle l’est indéniablement : attendez-vous à user les mouchoirs durant le dernier acte du film. L’émotion est d’ailleurs ici encore renforcée par les talents de chanteuse de Lady Gaga, qu’elle soit seule ou avec son partenaire, l’alchimie Gaga / Cooper étant indéniablement un des gros points forts du métrage, un couple à la fois fort et faible, puissant et vulnérable. La photo est sublime, de même que la bande originale, et l’ensemble évite globalement les excès de pathos, même si bien sûr on navigue en plein mélo. La réussite est néanmoins au rendez-vous, et le public ne s’y est pas trompé, réservant un immense succès à la fois au film – presque deux millions d’entrées en France et 413 millions de dollars de recettes à l’international – et à la bande-originale, multi-disque de platine avec quatre millions de disques vendus à travers le monde. La bande-son a rapidement rejoint le top 10 des meilleures ventes mondiales d’albums de l’année 2018 malgré une sortie en octobre. Également nommée pour l’Oscar de la meilleure actrice, Lady Gaga remportera finalement « que » celui de la meilleure chanson originale pour « Shallow » – titre qui, accessoirement, deviendra par la suite numéro un des ventes aux États-Unis en plus d’être la chanson interprétée par une artiste féminine ayant passé le plus de temps à la première place du Top Itunes Monde, devant « Hello » d’Adele (2015).

 

 

Le Blu-ray

[5/5]

Avec presque deux millions d’entrées en France, A star is born semble avoir conquis à la fois les fans de Lady Gaga et ceux qui ne s’attendaient pas à la découvrir si sobre et bouleversante : le film de Bradley Cooper semble dès lors avoir rempli toutes ses promesses des deux côtés de l’Atlantique, et le Blu-ray édité dans l’hexagone par la branche française de Warner bros. rend clairement honneur à cet engouement populaire, avec un transfert HD de toute beauté et une volonté claire et manifeste de privilégier la version française pour ce qui est des mixages sonores. Côté image, la définition est irréprochable, le piqué d’une précision redoutable, les contrastes affichent une belle pêche, et les couleurs sont éclatantes : il n’y a rien à redire, c’est tout simplement magnifique – du grand Art. Du côté des enceintes, VF et VO s’offrent deux puissants mixages en Dolby Atmos, qui seront décodés en l’absence de matériel adéquat en Dolby TrueHD 7.1 pour la VF, et Dolby Digital + pour la VO. A nouveau, la branche française de Warner bros. fait donc le choix de privilégier la VF en Haute-Définition, ce qui est un vrai « plus » pour la plupart des consommateurs de l’hexagone : gros succès populaire en France, le film sera en effet largement visionné dans la langue de Molière par les consommateurs. Dynamisme époustouflant et spatialisation impeccable sont naturellement au rendez-vous, de même que des basses littéralement tonitruantes, renforçant encore l’impact des scènes musicales et des concerts qui rythment le film, et procurent une immersion parfaite au cœur du film. Effets multicanaux constants, spatialisés avec une finesse incroyable : le Blu-ray d’A star is born s’impose comme la « Rolls » du support – on tire notre chapeau à Warner France.

Comme souvent avec Warner bros, la section suppléments du Blu-ray est plutôt bien fournie : on commencera avec un making of plutôt complet, d’une durée d’une demi-heure qui nous permettra de découvrir, sur un mode certes très promotionnel, tous les secrets du film, et notamment le tournage des scènes de concerts ; les interventions de l’équipe et des acteurs nous donneront largement la possibilité d’entendre le duo-star du film, Bradley Cooper et Lady Gaga, qui reviennent avec une certaine générosité sur leur ressenti par rapport au film. On continuera ensuite une sélection de répétitions musicales (7 minutes environ), présentées à la manière d’un clip vidéo avec des extraits du film. Enfin, on terminera avec quatre clips vidéo de Lady Gaga, issus du long-métrage (« Shallow » en duo avec Bradley Cooper, puis « Always remember us this way », « Look what I found » et « I’ll never love again » en solo) ainsi qu’avec un montage ne reprenant que les scènes musicales du film, pour une durée légèrement inférieure à 30 minutes.

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles