Comédie Critiques de films — 09 mars 2019
Critique : Rebelles


France : 2019
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : , Allan Mauduit
Interprètes : , , ,
Distribution :
Durée : 1h27
Genre : Comédie
Date de sortie : 13 mars 2019

3/5

Après avoir réalisé Vilaine, son premier long métrage de cinéma, en duo avec Jean-Patrick Benes, c’est tout seul qu’Allan Mauduit s’est lancé dans Rebelles, son deuxième long métrage. Ce film a reçu en janvier le prix Globes de Cristal de la presse du meilleur film de comédie du Festival de l’Alpe d’Huez.

Synopsis : Sans boulot ni diplôme, Sandra, ex miss Nord-Pas-de-Calais, revient s’installer chez sa mère à Boulogne-sur-Mer après 15 ans sur la Côte d’Azur. Embauchée à la conserverie locale, elle repousse vigoureusement les avances de son chef et le tue accidentellement. Deux autres filles ont été témoins de la scène. Alors qu’elles s’apprêtent à appeler les secours, les trois ouvrières découvrent un sac plein de billets dans le casier du mort. Une fortune qu’elles décident de se partager. C’est là que leurs ennuis commencent..

Que faire de ce beau magot ?

Des films dans lesquels d’innocents quidams (enfin, presque !) mettent par hasard la main sur un substantiel magot « appartenant » à des malfrats prêts à tout pour le récupérer, on en a déjà vu un certain nombre. Toutefois, ces innocents quidams étaient rarement des femmes, plus rarement encore des ouvrières et l’action se déroulait rarement dans un port de pêche du nord de la France.

Rebelles commence par le retour de Sandra à Boulogne-sur-Mer : elle avait été élue miss Nord-Pas-de-Calais 15 ans auparavant, elle était partie vivre dans le sud de la France avec un compagnon qui s’est avéré être du genre violent et elle revient chez sa mère, pas plus diplômée que du temps de sa jeunesse. Dans ces conditions, bien heureuse de trouver un emploi d’ouvrière à la chaîne dans la conserverie locale mais pas forcément très sympathique avec ses nouvelles collègues et, pour certaines, anciennes condisciples à l’école. Il y a toutefois un moyen pour Sandra de créer des liens très forts entre elle et les deux ouvrières à côté desquelles elle a été placée, Marilyn et Nadine : tuer accidentellement Jean-Mi, le contremaître qui tentait de la violer, et découvrir avec elles un sac rempli de billets dans son casier. De le découvrir, et de le garder ! Bon, on est d’accord, c’est aussi, malheureusement pour elles, heureusement pour le film, le meilleur moyen de se retrouver aux prises avec sept truands belges guère regardants sur les moyens à employer pour récupérer leur magot. Sans compter sur la police, bien sûr ! Et puis, qui est ce Simon, à la fois proche des truands et de la mère de Sandra ?

Polar et comédie déjantée

Ne nous trompons pas : le mélange du polar et de la comédie déjantée n’est  un exercice facile ni pour la réalisation, ni pour la critique. Rappelons nous Les tontons flingueurs, éreinté par la critique lors de sa sortie en 1963, et que tout le monde couvre aujourd’hui de louanges. A juste titre, ajouterons nous. Certes, il est plus que probable que Rebelles n’arrivera pas à occuper dans l’histoire du cinéma la place qu’occupe Les tontons flingueurs, mais quand on constate que, il y a peu, le très moyen En liberté ! a réussi à attirer plusieurs centaines de milliers de spectateurs dans les salles, on a le droit de penser que Rebelles peut prétendre faire au moins aussi bien.

Pourquoi ? Tout simplement parce que Allan Mauduit est en grande partie parvenu à ne pas rester prisonnier de la tiédeur qui paralyse trop souvent une partie des comédies françaises sans tomber dans la lourdeur et le grand n’importe quoi d’une autre partie importante de cette famille, parce qu’il a su confectionner un mélange plutôt réussi s’inspirant de l’humour noir britannique (ou belge !), de Quentin Tarantino et de Sergio Leone.

Un trio féminin en tête d’affiche

Rebelles doit beaucoup au trio féminin que l’on retrouve en tête d’affiche  : Cécile de France dans le rôle de Sandra, qu’on a d’abord beaucoup de mal à reconnaître lorsqu’elle débarque à Boulogne-sur-Mer, accoutrée en cagole azuréenne, et qui se montre à son avantage en femme décidée refusant de se laisser marcher sur les pieds ; Audrey Lamy, une fois de plus branchée sur le 100 000 volts et qui a commencé à interpréter le rôle de Marilyn 5 jours après avoir terminé, pas très loin de Boulogne-sur-Mer, le tournage de Les invisibles ; Yolande Moreau, dans le rôle de Nadine, la plus calme des trois sauf quand elle a un fusil à canon scié entre les mains. Du côté des hommes on note surtout la présence de Simon Abkarian, comme toujours capable du meilleur dans n’importe quel rôle.

Conclusion

Dans un genre qui sourit rarement au cinéma français, la comédie présentée comme étant déjantée, Rebelles fait plutôt bonne figure. En effet, les trois comédiennes que l’on retrouve en tête d’affiche se complètent très bien, le scénario, sans être très novateur, réserve quelques surprises de bon aloi,  le rythme est soutenu et la mise en scène est plutôt réussie. C’est déjà pas mal, non ?

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Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles