Test Blu-ray 4K Ultra HD : Madame Web

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Madame Web

États-Unis : 2024
Titre original : –
Réalisation : S.J. Clarkson
Scénario : Matt Sazama, Burk Sharpless, Claire Parker
Acteurs : Dakota Johnson, Sydney Sweeney, Isabela Merced
Éditeur : Sony Pictures
Genre : Fantastique
Durée : 1h56
Date de sortie cinéma : 14 février 2024
Date de sortie DVD/BR/4K : 19 juin 2024

Cassandra Web est une ambulancière de Manhattan qui serait capable de voir dans le futur. Forcée de faire face à des révélations sur son passé, elle noue une relation avec trois jeunes femmes destinées à un avenir hors du commun, si toutefois elles parviennent à survivre à un présent mortel…

Le film

[2,5/5]

Madame Web est un film estampillé Marvel Comics ayant la particularité de ne pas se dérouler dans le MCU ou Univers Cinématographique Marvel. En réalité, le film S. J. Clarkson s’inscrit dans le Sony’s Spider-Man Universe, un autre univers partagé lié aux super-héros de chez Marvel, dont il constitue le quatrième épisode après Venom (2018), Venom : Let There Be Carnage (2021) et Morbius (2022). Il s’agit d’un film centré sur un personnage de quatrième ordre de l’univers des comics, et puisque personne ne semble réellement connaître Cassandra Webb, la batterie de scénaristes aux commandes de Madame Web ont pris le parti de le réinventer totalement.

Le film présente Cassandra comme une ambulancière apprenant à composer avec ses pouvoirs psychiques naissants, alors que dans les comics, il s’agissait d’une voyante puissante mais âgée, aveugle et paralysée. Il s’agit donc en quelque sorte d’un Madame Web begins, qui nous donne à découvrir une trentenaire orpheline à la recherche de ses origines et se créant une sorte de « famille » de substitution auprès de trois adolescentes de 25 ans. Ces trois jeunes femmes seront, dans un futur plus ou moins proche, amenées à devenir des super-héroïnes (une Spider-Girl et deux Spider-Woman) évoluant sur les murs du Sony’s Spider-Man Universe en tissant partout, sauf sur l’abattant de la cuvette des chiottes bien sûr, parce qu’on a beau être une super-héroïne, on n’en est pas moins femme.

Donc, Madame Web, c’est un peu la Allison Dubois de l’univers Marvel – il ne s’agit pas d’une super-héroïne prête à botter le cul des super-méchants à l’aide de ses super-pouvoirs. Elle ne crache pas de flammes, n’a pas une peau dure comme le roc, et ne soumet pas davantage ses ennemis à sa volonté, non. Comme les héroïnes de la saga Destination finale, elle voit juste l’avenir, par bribes plus ou moins longues, et adapte son comportement à ses visions, ce qui en fait en quelque sorte une reine de l’évitement, une prêtresse de l’esquive. Quant aux trois super-héroïnes qui composent sa « famille recomposée », ce ne sont que trois adolescentes qui n’ont pas encore révélé leurs pouvoirs, et qui se contenteront donc de courir dans son sillage.

Le seul personnage de Madame Web disposant de super-pouvoirs, c’est Ezekiel Sims, interprété par le français Tahar Rahim. Sims est un autre personnage très secondaire de l’univers Marvel, apparu dans une poignée d’histoires mettant en scène Spider-Man et Silk, Il s’agit d’un homme d’affaires ayant acquis des pouvoirs en partie similaires à ceux de Spidey grâce à des rituels liés aux « totems d’animaux ». D’une façon finalement assez logique, Sims s’imposera probablement comme le personnage le plus intéressant d’un film fatalement un peu avare en affrontements équilibrés tout autant qu’en enjeux dramatiques clairs.

Lors de sa sortie en février 2024, Madame Web s’est fait déglinguer copieux sur les réseaux, dans le monde entier, et a également pris cher du côté de la presse. Le consensus autour du film de S. J. Clarkson est extrêmement négatif, et même sur le site de référence IMDb, qui permet généralement une appréciation plus « objective » des œuvres en raison de son nombre élevé d’utilisateurs, Madame Web se paie une note globale de 3.9/10, calculée sur les votes de plus 69.000 spectateurs à travers le globe. Par conséquent, ce quatrième opus du Sony’s Spider-Man Universe s’est ramassé une méchante gamelle au box-office mondial, ne récoltant que 100 millions de dollars pour un budget de 80 millions. Cet échec est une preuve flagrante – s’il en fallait encore une – que Sony devrait se résigner à céder à Marvel les droits de tout ce qui concerne Spider-Man, afin de laisser la Boite à idées faire son travail.

Dans l’absolu, on ne va pas chercher à défendre Madame Web, ni à dresser la liste des qualités et des défauts du film, dont une partie au moins est à mettre sur le compte de l’inexpérience de sa réalisatrice S. J. Clarkson, réalisatrice TV britannique ayant hérité par on ne sait quel miracle de la mise en scène d’un blockbuster à 100 patates. Tout juste pourra-t-on souligner le gâchis d’acteurs effectué par le film : Dakota Johnson, Celeste O’Connor, Isabela Merced, Sydney Sweeney, Tahar Rahim et Omar Epps, sans doute las d’attendre que Marvel Films ne leur propose un véritable rôle, ont en effet été bien mal avisés de choisir d’intégrer le MCU par sa branche la plus branlante. C’est dommage, d’autant que certaines des « Spider-Ladies » du film auraient peut-être fini par l’intégrer par la grande porte.

Dans l’absolu, les raisons pour lesquelles on ne s’étendra pas sur les défauts de Madame Web sont simples : film après film, Sony semble complètement sourd aux récriminations et aux attentes de son public, qui a sensiblement évolué depuis le début de l’ère cinématographique des super-héros triomphants. Un peu à la façon de DC Comics, me direz-vous, même si l’arrivée de James Gunn à la tête de la branche cinématographique de DC laisse entrevoir la lumière au bout du tunnel pour le studio, quand Sony semble au contraire complètement à la dérive. Voici ce que nous disions, il y a cinq ans, du premier film issu du giron Sony’s Spider-Man Universe : « Entre deux réussites consacrées au personnage de Spider-Man, on ne parvient pas à comprendre quelle mouche a piqué le studio Sony Pictures, qui décide de faire marche arrière toute avec Venom, film anachronique semblant débarquer avec dix ans de retard, multipliant à tel point les maladresses qu’il s’impose, au final, comme un « film de super-héros pour les nuls », semblant faire fi de toutes les évolutions du genre, tombant dans tous les pièges et dans tous les clichés. Un équivalent tardif à L’incroyable Hulk, dont la principale qualité s’avère une gestion du rythme parfaite : si le spectacle qui nous est montré nécessitera probablement, afin de ne pas hausser les yeux au ciel, de laisser le cerveau de côté le temps d’un film, au moins, tout est mis en œuvre pour qu’on ne s’ennuie pas. C’est déjà ça. » Cinq ans plus tard, le constat est le même avec Madame Web, à la virgule près.

Le Blu-ray 4K Ultra HD

[4,5/5]

On pourra penser ce qu’on veut de Madame Web artistiquement parlant, mais pour ce qui est du Blu-ray 4K Ultra HD édité par Sony Pictures, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’agit d’une présentation technique absolument époustouflante. Le film a bien sûr été tourné en 4K, et nous est ici proposé en Dolby Vision + HDR10, et le résultat est absolument magnifique. Le piqué est d’une précision absolue, les couleurs sont riches et littéralement explosives, avec des contrastes au taquet et des rouges extrêmement vifs côtoyant les noirs les plus intenses et les plus profonds. Le niveau de détail est excellent, et les textures sont d’une finesse extraordinaire, bref, c’est un sans-faute absolu. Côté son, la VO nous est proposée dans un mixage Dolby Atmos (que les amplis non compatibles décoderont en Dolby TrueHD 7.1), et comme en ce qui concerne la partie image, ce mixage s’avère réellement d’une efficacité redoutable, apportant même du punch et du dynamisme quand rien ne se passe à l’écran. L’ouverture du film au Pérou est à l’image de la folie furieuse de la spatialisation qui nous est proposée par Sony, avec bruits d’ambiance dans toutes les enceintes. Les autres scènes qui bénéficient de ce soin apporté à la spatialisation du film sont celles qui nous donnent à voir les « visions » de Cassandra, qui créent une immersion optimale en déployant des effets multidirectionnels d’une précision extraordinaire. En comparaison, la VF simplement mixée en DTS-HD Master Audio 5.1, s’avère soignée et même assez tonitruante, mais le rendu acoustique de l’ensemble est forcément un peu moins spectaculaire et immersif qu’en VO.

Du côté des suppléments, rien sur le Blu-ray 4K Ultra HD – il faudra se reporter à la version Blu-ray du film, également disponible dans le boitier du disque Katka édité par Sony Pictures, mais qui ne nous a pas été fourni pour ce test. Voici cependant ce qu’indique le dossier de presse de la sortie du film en vidéo :

« Une vision du futur » : making of (7 minutes)
« Le Casting de Madame Web » (9 minutes)
« L’Oracle de la page » : l’adaptation du comics (5 minutes)
Bêtisier (5 minutes)
« Bats-toi comme une araignée » : les cascades (6 minutes)
Easter eggs : les nombreux liens de Madame Web (4 minutes)
Scène coupée : « Ta mort » (1 minute)

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