Test Blu-ray 4K Ultra HD : Expendables 4

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Expendables 4

États-Unis : 2023
Titre original : The Expend4bles
Réalisation : Scott Waugh
Scénario : Kurt Wimmer, Max D. Adams, Tad Daggerhart
Acteurs : Sylvester Stallone, Jason Statham, Megan Fox
Éditeur : Metropolitan Vidéo
Durée : 1h43
Genre : Action
Date de sortie cinéma : 11 octobre 2023
Date de sortie DVD/BR/4K : 15 février 2024

Jason Statham prend la tête des Expendables et recrute du sang neuf pour une nouvelle mission explosive. Les plus grandes stars de l’action sont de nouveau réunies dans un feu d’artifice d’adrénaline et de fun…

Le film

[3/5]

La sortie du premier Expendables en 2010 avait assurément été l’objet de tous les fantasmes, en raison de la nature même du projet, qui proposait aux amateurs de bandes d’action burnées des années 90 une réunion au sommet d’une grande partie des stars qui avaient illuminé leurs années de jeunesse. Pour autant, Sylvester Stallone et son coscénariste Dave Callaham n’étaient pas tout à fait partis dans la direction attendue, si bien que beaucoup de fans du cinéma d’action estampillé « 90’s » avaient été profondément déçus, et avaient revu leurs espérances à la baisse à la sortie d’Expendables 2 (2012), qui s’était contre toute attente avéré une bonne surprise, puis d’Expendables 3 (2014), qui finalement s’était révélé être un équivalent des DTV d’action tournés depuis de nombreuses années dans les pays de l’Est, et assez typique des productions Nu Image – un film bourrin et sympathique mais qui n’avait plus rien à voir avec le potentiel que la franchise pouvait avoir sur le papier.

Presque dix ans après Expendables 3, Sylvester Stallone et sa joyeuse bande de mercenaires diserts (oui, ils sont tous aussi bavards que Deadpool, et leurs interactions à base de punchlines bourrines sont avant tout conçues pour faire rire le spectateur) remettent donc le couvert avec un Expendables 4 que personne n’attendait plus vraiment, et qui s’est révélé un flop assez monumental au box-office mondial – 328.000 entrées en France alors que les trois films précédents avaient dépassé le million, et 42,3 millions de dollars de recettes à l’international, quand celles des films précédents oscillaient entre 214 et 315 millions. Pourtant, d’un strict point de vue artistique, Expendables 4 suit le sillon initié par le film précédent, et plus largement, comment être déçu par un film dont on n’attendait de toute façon plus grand-chose ? Le film de Scott Waugh nous donne à peu près exactement ce que l’on s’attendait à voir, avec peut-être même d’ailleurs un petit « plus » du côté de la mise en scène des scènes d’action, que l’on doit au réalisateur de seconde équipe Brian Smrz.

Le nom de Brian Smrz n’est pas inconnu aux amateurs de films de tatanes. Les amateurs de cinéma d’action se souviendront en effet avec une certaine émotion de la série B intitulée Hero wanted, que le cinéaste avait signé en 2008, et disponible en DVD en France sous les couleurs de M6 Vidéo. Petit actioner bourrin tentant avec un certain succès d’ériger Cuba Gooding Jr en icône badass du samedi soir, Hero wanted s’avèrait rapidement un bon petit produit, certes un peu trop sentencieux et premier degré (ces grandes phrases à deux balles !) mais suffisamment efficace, bien torché et bien dosé en scènes d’action pour maintenir l’attention du spectateur en éveil jusqu’à son dénouement. Lors de ses nombreuses scènes d’action et autres gunfights, le film prenait en effet le temps d’exposer clairement la topographie des lieux, ce qui s’avérait immédiatement payant et rendait les scènes beaucoup plus jouissives. Bref, Hero wanted était une excellente surprise de DTV, et avait inscrit le nom de Brian Smrz (et on admettra qu’il s’agit d’un nom difficile à oublier) sur la liste des cinéastes à suivre de près.

Dix ans plus tard, c’est à nouveau sous la bannière de M6 Vidéo que l’on avait découvert 24H limit, le deuxième long-métrage de Brian Smrz, un excellent polar teinté de science-fiction, qui avait permis au cinéaste de continuer à imposer son propre style et son propre découpage, extrêmement lisible et dynamique : la preuve par l’exemple qu’un budget pharaonique n’est pas nécessaire quand on a une réelle « vision » de metteur en scène… A ce jour, Brian Smrz n’a pas encore eu l’opportunité de revenir à la réalisation par lui-même, mais s’avère un réalisateur de seconde équipe ayant contribué à de nombreux projets (The Predator, S.O.S. Fantômes – L’héritage, Shazam ! La Rage des Dieux…). Et dans le cas d’Expendables 4, on peut sans peine supposer qu’il a fait ce qu’il a pu pour sauver le film, et que nombre des bonnes choses que l’on trouvera au cœur du film sont à mettre à son actif.

Le réalisateur « officiel » du film, Scott Waugh, ne tarit pas d’éloges vis-à-vis de son collaborateur : le nom de Brian Smrz est régulièrement cité dans le making of du film, ce qui est déjà suffisamment rare pour être souligné. De plus, au début de son commentaire audio d’Expendables 4, le cinéaste révélera que la séquence d’ouverture, qui a probablement été rajoutée suite à des projections-test du film, a été intégralement bricolée après le tournage par Brian Smrz… En un jour et demi ! Voilà une information qui explique en partie les effets spéciaux calamiteux utilisés sur cette séquence, mais qui dénote du talent et des efforts de Smrz pour tirer le film vers le haut. D’ailleurs, l’utilisation répétée – et extrêmement visible – de fonds verts sur les scènes mettant en scène les interactions entre les personnages principaux suggère que les prises de vue ont été réduites au strict minimum, et que l’essentiel des scènes d’action ont été confiées à des équipes secondaires. Cela ne fait pas pour autant d’Expendables 4 un film dont on peut attribuer la paternité à Brian Smrz, mais on peut néanmoins penser que l’apport de ce dernier sur le métrage est considérable.

Malheureusement, cela ne fait pas non plus d’Expendables 4 une franche réussite. Le scénario, que l’on doit à Kurt Wimmer, Tad Daggerhart et Max D. Adams, comporte un certain nombre de problèmes, que cela soit dans sa construction ou dans sa tonalité générale. Bien entendu, on sent que les coscénaristes tentent d’imposer une place aux « nouveaux » de l’équipe en écartant Jason Statham de l’action pendant une grande partie du film, mais cela ne fonctionne que très partiellement, d’autant que les diverses punchlines et autres scènes « humoristiques » sont pour la plupart absolument affligeantes.

Parmi les nouveaux venus au casting d’Expendables 4, on notera le vétéran Andy Garcia, Iko Uwais, inoubliable héros de The Raid, Curtis Jackson alias « 50 Cent » (à qui la production a réservé un petit hommage en utilisant son tube « P.I.M.P. » lors d’une séquence), Jacob Scipio, Tony Jaa la star de Ong bak et, du côté des visages féminins, Levy Tran et Megan Fox, qui s’évertue depuis quelques années à tenter de se donner une image « badass ». Depuis 2019, en enchainant les séries B musclés orientés action / fantastique (Till Death, Night Teeth…), elle a prouvé qu’elle était bien déterminée à remplacer ses aînées Milla Jovovich, Rhona Mitra ou Olga Kurylenko dans le cœur des fanboys, et qu’à 37 ans, elle en avait encore sous le pied. Et bien sûr, Dolph Lundgren, Randy Couture, Jason Statham et Sylvester Stallone reprennent également du service.

En guise de conclusion, on soulignera donc le fait qu’en dépit d’un ensemble un peu bancal et quasi-unanimement descendu en flammes par la critique, Expendables 4 possède tout de même quelques qualités qui en font un petit actioner du samedi soir qui vaut tout de même le coup d’œil. Il ne s’agit certes pas d’un grand film d’action, mais le film n’est pas non plus tout à fait dépourvu d’une poignée de séquences réussies, notamment dans son dernier acte, qui prend place sur un énorme cargo et dont les idées de cascades – tournées sous la houlette de Brian Smrz – apportent un brin de folie à l’ensemble. On pense par exemple à un face-à-face en moto complètement chtarbé, qui démontre ce qu’aurait pu être Expendables 4 si on avait laissé le champ libre au réalisateur de 24H limit au lieu de gâcher son talent en lui faisant simplement limiter les pots cassés.

Le Blu-ray 4K Ultra HD

[4,5/5]

Expendables 4 vient tout juste de sortir au format Blu-ray 4K Ultra HD, sous les couleurs de Metropolitan Vidéo. Le master 4K est assez sublime, et possède, pour ainsi dire, les « défauts de ses qualités ». Comme on avait pu trouver, il y a une quinzaine d’années, que les transferts de certains films avaient tendance à accentuer les limites de certains effets visuels (on pense notamment au 300 de Zack Snyder, ou même à certains longs-métrages animés de chez Disney), cette version 4K d’Expendables 4 a en fait pour principal défaut de mettre encore plus en évidence certains effets spéciaux un peu trop cheap ou certains arrière-plans sur fond vert qui paraitront ici manifestement artificiels. Ce défaut mis à part, le film de Scott Waugh bénéficie d’un transfert d’une précision épatante, et la version 4K nous propose un niveau de détail absolument remarquable. Les contrastes sont francs, les niveaux de noir d’une profondeur abyssale, et les couleurs sont explosives, agressives, – l’étalonnage Dolby Vision les pousse d’ailleurs encore davantage dans leurs derniers retranchements.

Du côté des pistes son, c’est un festival de dynamisme également, le film bénéficiant en VO d’un mixage Dolby Atmos de ouf malade, qui prendra toute son ampleur durant les grandes scènes d’action du film, à commencer par la scène d’ouverture. Les dialogues sont également rendus de manière claire et nette tout au long du film. La version française n’est pas en reste, puisqu’elle s’offre un mixage DTS-HD Master Audio 7.1 absolument tonitruant, d’un dynamisme échevelé, surtout sur les scènes de combats et de destructions en tous genre : tous les canaux y vont de leur puissance et le caisson de basses sollicité à intervalles très réguliers. Cet impressionnant mixage ajoute encore à l’ambiance et participe pleinement à l’immersion du spectateur au cœur du film. On notera par ailleurs qu’Alain Dorval, qui doublait Stallone en français depuis de nombreuses années, est décédé il y a quelques jours (le 13 février 2024), des suites d’une longue maladie. Expendables 4 était donc le dernier film sur lequel il prêterait sa voix à Sylvester Stallone. La fin d’une époque…

Dans la section suppléments, on s’attardera tout d’abord sur un commentaire audio du réalisateur Scott Waugh, très informatif, mais à réserver aux anglophones confirmés puisqu’il nous est proposé sans sous-titres français. On continuera ensuite avec un making of (17 minutes), très orienté promo et auto-satisfait, mais qui aura le mérite de régulièrement citer Brian Smrz, le réalisateur de seconde équipe, et son implication capitale dans le projet. On continuera ensuite avec une featurette se concentrant globalement sur les personnages du film (19 minutes), mettant en évidence l’ambiance sur le plateau et la bonne entente générale entre les « petits nouveaux » et les vétérans de la franchise. Enfin, on terminera avec les bandes-annonces des quatre films de la saga Expendables, tous disponibles chez Metropolitan Vidéo.

On notera également que le Blu-ray 4K Ultra HD d’Expendables 4 édité par Metropolitan Vidéo est présenté dans un superbe Steelbook aux couleurs du film.

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