Test Blu-ray 4K Ultra HD : Cat’s eye

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Cat’s eye

États-Unis : 1985
Titre original : –
Réalisation : Lewis Teague
Scénario : Stephen King
Acteurs : Drew Barrymore, James Woods, Alan King
Éditeur : StudioCanal
Durée : 1h35
Genre : Film à sketches, Fantastique
Date de sortie BR4K : 25 mai 2022

Un mystérieux chat fait le lien entre trois histoires de suspense et d’horreur. Dans la première, un bon père de famille essaye d’arrêter de fumer avec l’aide d’un coach en développement personnel douteux. Dans la seconde histoire, un propriétaire de casino kidnappe Johnny Norris, l’amant de sa femme, et le force à relever un pari plus que dangereux. Enfin, une jeune fille a des problèmes de sommeil. Ses parents soupçonnent leur nouveau chat de se comporter bizarrement et d’en être la cause. La réalité lui saute au visage quand un troll terrifiant sort du mur de sa chambre…

Le film

[3,5/5]

Avec le succès international de Shining en 1980, Stanley Kubrick a contribué, peut-être malgré lui, à ouvrir la voie à une large vague d’adaptations cinématographiques de l’œuvre de Stephen King. Cette propension Hollywoodienne à porter sur le grand écran les romans de Stephen King ne s’est d’ailleurs jamais réellement interrompue depuis une quarantaine d’années, au point que « l’adaptation de Stephen King » est aujourd’hui quasiment devenue un sous-genre du cinéma fantastique à part entière, et a déjà fait l’objet de plusieurs ouvrages à travers le monde. Si la sauce n’avait pas réellement pris avec Carrie en 1976, les années 80 accélèrent considérablement la donne : le succès des films estampillés Stephen King serait rapide et fracassant durant cette décennie, et en 1983, déjà trois adaptations de romans de King sortiraient sur les écrans américains : Dead Zone – L’accident, mis en scène par David Cronenberg, Christine, réalisé par John Carpenter, et Cujo, réalisé par Lewis Teague.

Au début des années 80, Stephen King commença également, en parallèle avec sa carrière d’écrivain, à écrire des scénarios originaux : le premier est l’anthologie horrifique Creepshow, qui fut réalisée par George A. Romero en 1982. Trois ans plus tard, le producteur Dino De Laurentiis commanda à Stephen King une deuxième anthologie ayant pour tête d’affiche la toute jeune Drew Barrymore, qui avait joué l’année précédente dans Charlie – Firestarter, film fantastique déjà basé sur un roman de King. Le résultat de cette collaboration entre Stephen King et Dino De Laurentiis est donc le très méconnu Cat’s eye, une collection de trois courts récits d’horreur reliés entre eux par la présence d’un chat, race démoniaque par excellence. D’une façon assez curieuse, le film, à nouveau réalisé par Lewis Teague, ne sortirait pas dans les salles en France, mais directement en vidéo – les écumeurs de vidéo-clubs se rappelleront en effet sans doute d’avoir découvert le film par le biais d’une VHS éditée par Delta Vidéo.

Le scénario de Cat’s eye dira forcément quelque-chose aux amoureux des romans de Stephen King, et pour cause : les deux premiers segments sont en effet adaptés de deux nouvelles tirées du recueil « Danse macabre », dont Dino De Laurentiis possédait les droits : il s’agit de « Desintox, Inc. » et de « La Corniche ». Le troisième sketch, « The General », celui qui met en scène la petite Drew Barrymore, est un scénario original, ayant été écrit tout spécialement pour le film. Par ailleurs, Cat’s eye s’ouvre sur une séquence qui fera également clairement référence à Cujo et à Christine, puisqu’on y découvrira un Saint-Bernard coupant la route à une Plymouth Fury rouge. Par la suite, on verra également le personnage incarné par James Woods regarder Dead Zone à la télévision, en se demandant « qui a écrit cette merde ». Dans le même ordre d’idées, plus tard dans le film, on verra la mère de la petite Drew Barrymore (Candy Clark) lire « Simetierre » dans son lit.

Film efficace, utilisant intelligemment un budget qu’on imagine relativement limité, Cat’s eye s’est au fil des années forgé une solide réputation dans le cœur des amateurs de l’œuvre de Stephen King, et un peu plus de 35 ans après sa sortie aux États-Unis, le film débarque aujourd’hui dans une édition Blu-ray 4K Ultra HD assez inespérée. Le lien entre les différentes histoires qui nous seront racontées par le film de Lewis Teague se fait par le biais d’un chat, d’abord capturé par un agent de Quitters, Inc, une organisation à destination des personnes qui veulent arrêter de fumer. Le premier sketch développe un humour féroce à l’encontre des lobbies anti-tabac, décrites comme des organisations « mafieuses ». Dans le rôle principal, celui d’un fumeur repenti et parano, James Woods nous gratifie d’une prestation comme toujours très efficace, au cœur de laquelle il peut laisser libre cours à un certain talent comique.

A la fin du premier segment de Cat’s eye, le chat s’échappe, et on le retrouve à Atlantic City pour La Corniche, où ses efforts afin de traverser une route à fort trafic deviendront l’objet d’un pari pour un gros joueur nommé Cressner (Kenneth McMillan), qui finira par le ramener chez lui après avoir gagné. Cressner se rend alors compte que sa femme le trompe avec un joueur de tennis, Johnny Norris (Robert Hays). Cressner le kidnappe et lui propose alors un pari mortel : s’il réussit à faire le tour de l’étroite corniche qui entoure son appartement, Norris gagne la femme, une grosse somme d’argent et la liberté. Au final, et sans trop en révéler sur qui gagne le pari, le chat parvient à s’échapper une fois de plus.

Pour le troisième sketch de Cat’s eye, on suivra le félin jusqu’à Wilmington, en Caroline du Nord, où il est adopté par Amanda (Drew Barrymore), qui le nomme « le Général ». Ce dernier aura fort à faire pour protéger la petite fille, car Amanda est traquée par un troll qui se cache dans les murs de sa chambre et sort la nuit pour lui voler sa respiration. Le Général parviendra-t-il à la sauver ? Ce dernier segment de l’anthologie Cat’s eye est ainsi le seul à mettre en scène un « monstre », et plus largement une intrigue versant complètement dans le fantastique. C’est aussi malheureusement le moins bon des trois, malgré les efforts déployés par Lewis Teague afin de laisser sa créature dans l’ombre le plus longtemps possible, et malgré l’excellente utilisation de la chanson de Police « Every breath you take ».

Paradoxalement, et alors que la carrière de Stephen King a entièrement été construite sur l’imaginaire et le fantastique, c’est peut-être l’introduction – aussi franche qu’abrupte – d’éléments surnaturels dans la dernière partie de Cat’s eye qui fait un peu retomber le soufflé de notre enthousiasme. Les deux premiers sketches jouaient la carte d’un certain réalisme teinté humour noir, et fonctionnaient parfaitement. Peut-être notre déception est-elle tout simplement liée au fait que le Troll de la dernière histoire est, hum… Disons « typique des années 80 », et fidèle au souvenir que l’on se fait de films tels que Troll (John Carl Buechler, 1986) ou Ghoulies (Luca Bercovici, 1985) – la créature nous renvoie ainsi directement à une époque – bénie entre toutes – où les images de synthèse ne rendaient pas ce genre de créatures courantes.

Le Blu-ray 4K Ultra HD

[5/5]

Avant toute chose, on ne pourra que tirer notre chapeau à l’éditeur StudioCanal, qui nous prouve à nouveau avec cette édition Blu-ray 4K Ultra HD de Cat’s eye qu’il est le leader absolu et incontournable du marché français en ce qui concerne la technologie 4K. Le film de Lewis Teague a ainsi été restauré et numérisé en 4K/16 bits par Picture Shop LLC (USA) à partir du négatif 35mm original. L’étalonnage des couleurs et la restauration ont en revanche réalisés par le laboratoire Hiventy (France). La décision de sortir aujourd’hui en France et en 4K un film tel que Cat’s eye est extrêmement surprenante, et dénote d’une sacrée audace éditoriale de la part de StudioCanal, que l’on applaudit à deux mains. Ce Blu-ray 4K Ultra HD permettra ainsi à toute une nouvelle génération de découvrir le film de Lewis Teague dans des conditions exceptionnelles.

Car objectivement, Cat’s eye n’a jamais été aussi beau ; la présentation du film en 2160p/HDR rend ses lettres de noblesse à l’image, et tout particulièrement à la sublime photographie du film signée par l’immense Jack Cardiff. L’image est d’une stabilité remarquable, et préserve avec soin la granulation argentique d’origine, régulière et fine. Le piqué ainsi que le niveau de détail sont nets et précis, tout est fait pour que le spectateur redécouvre littéralement la richesse visuelle du film, que cela soit en termes de décors, de costumes ou de profondeur de champ. L’amélioration des couleurs HDR nous offre également de toutes nouvelles perspectives : les couleurs s’épanouissent réellement à l’image, en affichant à la fois une profondeur et une intensité nettement améliorées. Ajoutez à cela des niveaux de noir absolument sublimes et des blancs éclatants : l’apport de la technologie HDR10 trouve ici son expression la plus pure et la plus spectaculaire. Côté son, Cat’s eye a également bénéficié d’une solide restauration acoustique, avec VO / VF mixées en DTD-HD Master Audio 2.0. Les deux mixages se révèlent particulièrement clairs et convaincants dans la restitution des dialogues et des différentes ambiances. Du beau travail.

Du côté des suppléments, on commencera tout d’abord avec un commentaire audio de Lewis Teague (VOST), enregistré en 2002 à l’occasion de la sortie du film en DVD aux États-Unis. Passionnant, complet et informatif, ce commentaire permettra au cinéaste d’évoquer son parcours du réalisateur, tout autant que la genèse de Cat’s eye, l’expérience de travail aux côtés de Stephen King, le tournage, les effets spéciaux… On continuera ensuite avec un entretien avec Lewis Teague (12 minutes). Après avoir rapidement resitué le film au sein de sa carrière, il reviendra sur le prologue qu’il avait tourné avec l’actrice Patti Lupone, qui fut coupé par le studio. Il évoquera également ses bonnes relations avec Dino De Laurentiis, les effets spéciaux du film, ainsi que les acteurs James Woods et Drew Barrymore. On enchaînera avec un entretien avec Robert Hays (28 minutes), qui permettra à l’inoubliable acteur de Y’a-t-il un pilote dans l’avion ? de revenir sur ses souvenirs de tournage : ses relations avec le chat et les autres acteurs, les dangers inattendus du tournage sur la corniche, sa côte fêlée, son amour des effets spéciaux old school… Intéressant. On aura également droit à un entretien avec Teresa Ann Miller (8 minutes), dresseuse pour animaux, qui reviendra sur l’importance de Cat’s eye dans sa carrière au cinéma, sur son apprentissage aux côtés de son père Karl Lewis Miller ainsi que sur quelques-uns des secrets de fabrication afin de tenter de faire obéir un chat. On terminera enfin avec la traditionnelle bande-annonce.

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