Test Blu-ray : Cujo

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États-Unis : 1983
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : ,
Acteurs : , , Daniel Hugh Kelly
Éditeur :
Durée : 1h33
Genre : Horreur
Date de sortie cinéma : 10 août 1983
Date de sortie DVD/BR : 18 septembre 2019

 

, un très gros mais très gentil Saint-Bernard, est mordu par une chauve-souris enragée. Rongé par la maladie, il tue son maître Jo Camber, qui est garagiste et massacre aussi son voisin. Pas très loin de là, la famille Trenton a aussi des problèmes : le petit Tad a peur du monstre dans son placard, tandis que Vic Trenton découvre que sa femme a un amant. Il soit s’absenter pour ses affaires et laisse à Donna le soin d’amener la voiture chez Jo Camber pour qu’il la répare. Donna s’y rend avec son fils et la voiture tombe définitivement en panne au milieu de la cour du garagiste, au moment où apparaît. Le chien va s’attaquer à la voiture et terroriser ses occupants…

 


 

Le film

[4/5]

D’un strict point de vue cinématographique, 1983 fut une année faste – et furieuse – pour  : trois adaptations de ses romans sortirent en effet sur les écrans cette année-là. Sur les trois longs-métrages, deux étaient d’ailleurs signés par d’immenses cinéastes, ayant marqué le genre horrifique de leur empreinte indélébile : il s’agit bien sûr de Dead Zone – L’accident, mis en scène par , et de , réalisé par , dont on vous parlait avant-hier (lire notre article). Le problème avec ces deux films, c’est qu’ils ont malgré eux contribué à faire de l’ombre au troisième film adapté de sorti en 1983, le sympathique de .

Parce que s’il est indéniable que n’est assurément pas de la même trempe que Dead Zone et , il faut tout de même admettre, surtout avec le recul qui nous sépare de sa sortie en salles, que ce récit de gros chien méchant impose encore, plus de 35 ans plus tard, une sacrée efficacité en termes de suspense et de tension dramatique.

L’histoire de prend place dans une Amérique typiquement 80’s que les cinéphiles connaissent bien : celle du cinéma de Steven Spielberg et d’Amblin Entertainment, la petite banlieue tranquille, où les WASP mènent une petite vie rangée, où les gamins sont débordants d’imagination et où, également, l’évolution de la société crée finalement beaucoup de familles monoparentales ou, comme ici, en passe de le devenir. La référence à cet univers diégétique familier est d’ailleurs d’autant plus claire que la figure maternelle est incarnée par , qui, on vous le donne en mille, était aussi la maman du petit Elliott dans E.T. l’extra-terrestre (1982). Mais voilà, dans comme dans les films de chez Amblin, le malaise de ces petites banlieues US sans histoire va se traduire par l’apparition d’un élément perturbateur de l’ordre du surnaturel, de l’inexplicable : le gros St Bernard gentil va attraper la rage et tuer tout ce qui l’entoure.

Et c’est parti pour un huis-clos à ciel ouvert avec d’un côté un clebs fou de rage et de l’autre une maman et son petit peureux de gamin de six ans, coincés à bord d’une voiture en panne. Et ce qui, devant la caméra d’un « yes man » sans imagination, aurait probablement accouché d’un film tiède au rythme incertain devient ici une véritable réussite, faisant preuve d’un sens du timing et du suspense qui vous cloueront probablement à votre siège. Par des effets de montage malins ou encore une série de mouvements d’appareils amples et surprenants, le cinéaste – à qui l’on doit également L’incroyable alligator, excellente bisserie sortie en 1980 – parvient réellement à insuffler de la vie dans son métrage. Pour citer un exemple précis tiré du film, on vous invite à observer de plus près la première apparition du enragé à la ferme des Cumber, avec la caméra subjective qui avance, avance lentement jusqu’à la portière de la voiture… Et BAM ! Un effet imparable, qu’on ne détaille pas d’avantage ici pour ne pas vous gâcher la surprise.

N’écoutez donc pas les mauvaises langues qui affirment ici ou là que ce sent le réchauffé : il s’agit au contraire du parfait exemple de film fantastique solide et brillamment exécuté, grâce à un soin tout particulier à proposer des personnages bien définis et attachants sans la plus petite ombre d’ironie ou de second degré dans le traitement de son intrigue. Et on est sûr que les fans de pardonneront aux deux scénaristes et « LA » grosse trahison qu’ils font au roman dans la toute dernière bobine du film, avec une séquence de deux minutes clairement de trop, mais qui n’atténue en rien la saveur des 90 minutes qui les auront précédées.

 

 

Le Blu-ray

[5/5]

montre aujourd’hui les dents au format Blu-ray grâce à . Et autant le dire tout de suite, le rendu Haute-Définition du film de est tout simplement excellent. L’image est propre et stable, le grain argentique a été soigneusement préservé ; le piqué est précis, les couleurs équilibrées, avec des teintes naturelles, des rouges qui tranchent carrément dans le vif et des noirs profonds sans être bouchés. L’encodage est sans souci, les gros plans sont vraiment de toute beauté, et on ne trouvera aucune trace visible d’un passage de l’image au DNR ou réducteur de bruit.

Du côté des pistes audio, l’éditeur nous propose trois mixages distincts. On commencera avec un spectaculaire DTS-HD Master Audio 5.1 en VO, au rendu tout particulièrement immersif: préparez vous à sauter au plafond aux apparitions du chien… Pour les puristes, le film est également disponible en VO en DTS-HD Master Audio 2.0 : les dialogues sont mixés plus bas mais l’ensemble est équilibré et tout à fait recommandable. Les amateurs de versions françaises d’époque apprécieront le fait de retrouver le doublage d’origine du film en DTS-HD Master Audio 1.0 ; un brin suranné et souvent amusant, il participe clairement au charme du visionnage pour qui a découvert le film il y a trente ans, même si par certains aspects il dessert également l’œuvre et la tension développée tout au long du film.

Dans la section suppléments, on trouvera tout d’abord un commentaire audio de Lee Gambin (VOST). Si vous pouvez en toute légitimité vous demander qui est ce Lee Gambin, il s’agit d’un grand fan de , également auteur de « Nope, nothing wrong there : The making of  », ouvrage entièrement dédié au tournage du film. Il en profitera pour mettre en lumière divers secrets de tournage et petits détails qui rendent le film mémorable, abordera les différences entre le roman de et le film, la performance de , l’atmosphère ou encore la bande-son du film. Très complet et intéressant ! On continuera ensuite avec un long entretien avec (42 minutes), qui évoque ses souvenirs de tournage avec humour et décontraction. Elle évoquera notamment son travail avec , ainsi que sa complicité avec Christopher Stone, qui était son mari à l’époque du tournage. Plus étonnant, elle se souviendra également de la préparation du film aux côtés de Peter Medak, qui fut finalement remplacé par . On embrayera directement avec un très intéressant entretien avec Charles Bernstein (36 minutes), au cœur duquel le compositeur de la bande-originale du film dresse une note d’intention sur son travail et les émotions qu’il a cherché à susciter par la musique. Enfin, on terminera les tour des interviews avec un entretien avec Teresa Ann Miller (28 minutes), fille de Karl Lewis Miller, qui était dresseur sur le film. Elle évoque donc ses souvenirs du tournage, les méthodes de travail de son père et la façon dont il s’était préparé au tournage de avec les quatre chiens utilisés pour le film.

Mais ce n’est pas fini, puisqu’en plus de la traditionnelle bande-annonce et de deux spots TV, nous propose de découvrir un making of rétrospectif du film signé Laurent Bouzereau (41 minutes), comportant des entretiens avec les acteurs principaux et l’équipe (, le biographe de Douglas E. Winter, les producteurs Daniel H. Blatt et Robert Singer, l’actrice …). C’est passionnant, et cela sera l’occasion de se rendre compte que lors de certains plans, le chien était en réalité… un homme en costume de chien.

On notera également que le Blu-ray de édité par est présenté dans un superbe Steelbook aux couleurs du film.

 

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