Test Blu-ray 4K Ultra HD : Moonfall

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Moonfall

États-Unis, Chine, Royaume-Uni, Canada : 2022
Titre original : –
Réalisation : Roland Emmerich
Scénario : Roland Emmerich, Spenser Cohen, Harald Kloser
Acteurs : Halle Berry, Patrick Wilson, John Bradley
Éditeur : Metropolitan Vidéo
Durée : 2h10
Genre : Science-Fiction
Date de sortie cinéma : 9 février 2022
Date de sortie DVD/BR : 9 juin 2022

Une mystérieuse force a propulsé la Lune hors de son orbite et la précipite vers la Terre. L’impact aura lieu dans quelques semaines, impliquant l’anéantissement de toute vie sur notre planète. Jo Fowler, ancienne astronaute qui travaille pour la NASA, est convaincue de détenir la solution pour tous nous sauver, mais seules deux personnes la croient : un astronaute qu’elle a connu autrefois, Brian Harper, et un théoricien du complot, K.C. Houseman. Ces trois improbables héros vont tenter une mission impossible dans l’espace et découvrir que notre Lune n’est pas ce que nous croyons…

Le film

[3,5/5]

Il n’y pas si longtemps de cela, Roland Emmerich était, sans exagération aucune, le roi d’Hollywood. Chacun de ses nouveaux films était alors attendu avec ferveur par un public toujours au rendez-vous, et le nom du cinéaste d’origine allemande était carrément devenu un synonyme de « Blockbuster ». Parallèlement au succès jamais démenti de ses films tout au long des années 90/2000, il était également devenu la tête de turc de tous les Trolls qui officiaient déjà lors des balbutiements du web mondial. Emmerich était l’homme à abattre, le symbole de l’impérialisme américain au cinéma, celui que vous adoriez détester en quelque sorte.

Depuis 2012 en 2009 (et non l’inverse) cependant, la vapeur s’est un peu inversée : depuis une dizaine d’années maintenant, les films de Roland Emmerich ne suscitent plus qu’une indifférence polie. Pire encore pour Roland Emmerich : à l’exception des Inrocks, la plupart des cinéphiles qui le conchiaient copieux il y a 15 ans lui trouvent même aujourd’hui quelques qualités, illustrant par là même le vieil adage selon lequel il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis. Certains de ses films se sont vus réhabilités, passant au pire du statut de « bouse innommable » à celui, plus enviable, de « plaisir coupable », voire même, dans le meilleur des cas, au statut de « bon petit film trop sous-estimé ».

Il n’y a certes rien de pire que la tiédeur et l’indifférence, mais le fait est que la haine de Roland Emmerich semble avoir fait son temps, le flambeau étant passé depuis à d’autres cinéastes devenus les nouveaux symboles d’un cinéma Hollywoodien infréquentable. La preuve la plus flagrante de cette tiédeur autour de la personne de Roland Emmerich se retrouve aujourd’hui dans le manque d’engouement tournant autour de ses derniers films : Midway n’avait attiré que 422.000 français dans les salles en 2019, et Moonfall a fait encore pire en début d’année avec seulement 342.000 entrées qui viennent entériner le statut d’échec cuisant du film au box-office – avec 19 millions de dollars de recettes aux États-Unis, le film est loin, très loin d’amortir ses 136 millions de budget.

Il faut dire aussi que Moonfall a tout du projet anachronique : le récit, que beaucoup pourront considérer comme complètement débile, est en effet centré – ou presque – sur un personnage de pseudo-scientifique farfelu, un joyeux hurluberlu, un olibrius ayant repéré avant tout le monde que la lune quittait son orbite et qui secondera de fait la NASA dans sa mission afin de sauver le monde. Ce sympathique gugusse interprété par John Bradley (qui remplaça au pied levé Josh Gad, initialement prévu dans le rôle) s’impose comme un personnage typique du cinéma de SF des années 90, évoquant entre autres celui interprété par Brent Spiner dans Independence Day, ou celui de Steve Buscemi dans Armageddon. Et, hum, vous savez quoi ? Hé bien cela fonctionne plutôt bien, et avec le recul nécessaire, il y a même de fortes chances pour que Moonfall vous permette de passer un excellent moment, sur le mode du divertissement destructeur et décérébré.

Moonfall prend donc comme point de départ (assez gratiné) le fait que la lune n’est pas un satellite naturel de la terre, mais une mégastructure « creuse » façonnée par une technologie extraterrestre ancienne. Bien sûr, avant de céder le pas à un véritable défilé d’effets visuels absolument époustouflants, le film tentera de mettre en place une poignée de personnages, mais le fait est que le seul que l’on retiendra vraiment est celui incarné par John Bradley, qui s’offre une poignée de répliques très amusantes. Pour autant, Roland Emmerich et ses coscénaristes Harald Kloser et Spenser Cohen tentent tout de même de faire naître de véritables émotions chez le spectateur, et introduira deux astronautes à la vie compliquée, Brian Harper (Patrick Wilson) et Jocinda Fowler (Halle Berry), que l’on découvre dans la séquence d’ouverture du film aux prises avec une forme de vie inconnue alors qu’ils sont en train de réparer un satellite en orbite au-dessus de la Terre. Moonfall fera ensuite un saut temporel, et dix ans plus tard, Harper et Fowler ont chacun connu une forme de disgrâce et composent tous deux avec une cellule familiale dysfonctionnelle qui entre souvent en conflit avec leur vie professionnelle.

Mais la psychologie des différents personnages sera finalement assez rapidement mise de côté, au profit d’un divertissement totalement décomplexé qui ne se préoccupera jamais réellement ni d’une quelconque cohérence, ni de la plus petite once de vraisemblance. Au final, et à partir du moment où le spectateur accepte Moonfall pour ce qu’il est, le plaisir de voir Roland Emmerich enchainer à nouveau les grosses scènes de destruction servies par des effets spéciaux époustouflants est bel et bien – et plus que jamais – de la partie. Un bon moment !

Le Blu-ray 4K Ultra HD

[5/5]

Cuisant échec commercial dans le monde entier, Moonfall bénéficie aujourd’hui contre toute attente d’une belle édition vidéo au format Blu-ray 4K Ultra HD sous les couleurs de Metropolitan Vidéo, qui semble bien décidé à faire découvrir le nouveau film de Roland Emmerich aux amateurs de destructions de masse. Tourné en 8K, le film s’offre d’ailleurs fort logiquement un transfert 2160p absolument sublime. Le niveau de détail est bluffant, et les nombreux plans à effets spéciaux mettront naturellement en valeur toute une série de détails frappants, ainsi que, dans l’ensemble, une intégration assez remarquable des effets visuels. Les couleurs sont absolument superbes, de même que les contrastes, et la technologie HDR10 nous garantit une saturation exceptionnelle : profondeur des couleurs, finesse des détails, belle densité de l’ensemble… On tient là un vrai beau disque de démonstration, qui vous permettra assurément de convaincre les réfractaires à la 4K n’ayant pas encore eu l’occasion de constater les possibilités du support. Du côté des enceintes, Metropolitan fait également honneur à l’ambition acoustique de Moonfall, et lui offre deux pistes en Dolby Atmos, à la fois en version française et en version originale. Les amplis non compatibles décoderont ces deux pistes absolument tonitruantes en Dolby TrueHD 7.1. Les dialogues sont clairs et bien équilibrés, la spatialisation est on ne peut plus généreuse, et les scènes d’action et de destruction du film s’offrent un dynamisme puissant, littéralement ébouriffant, du genre à réveiller les voisins si vous n’y prenez pas garde, qui croiront qu’une comète vient de s’effondrer sur votre maison. Extraordinaire.

Du côté des suppléments, c’est très complet également, même si le ton reste globalement très promotionnel. On commencera avec un très informatif commentaire audio du réalisateur Roland Emmerich et du scénariste Harald Kloser, pour continuer avec un riche making of (59 minutes) divisé en trois parties qui abordera la genèse du projet et le tournage à proprement parler, en pleine crise du Covid, et qui a nécessité rien de moins que 130 plateaux de tournage. Comme pour tenter de nous convaincre du bien-fondé de l’intrigue du film, le sujet suivant sera consacré à l’exploration de la lune (26 minutes), et nous proposera plusieurs entretiens intéressants avec des personnalités de la NASA. Enfin, on terminera avec un sujet consacré au design sonore du film (7 minutes), ainsi qu’avec quatre vidéos signées K.C. Houseman (8 minutes), le personnage incarné à l’écran par John Bradley nous exposant quelques-unes de ses théories les plus folles.

Avis aux collectionneurs : on notera par ailleurs que le Combo Blu-ray 4K Ultra HD + Blu-ray de Moonfall édité par Metropolitan Vidéo est présenté dans un superbe Steelbook aux couleurs du film.

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