Sorties de la semaine — 06 novembre 2019
Les sorties du 6 novembre 2019
© 2019 Les Films du Kiosque / Pathé Films / Orange Studio
Tous droits réservés

Ce n’est pas une semaine de vacances qui commence ce mercredi. Grâce au pont du lundi 11 novembre, les distributeurs ont toutefois dû se dire que l’occasion était trop bonne pour ne pas gâter le public des salles obscures françaises. Les propositions de cinéma sont donc riches et variées cette semaine, même si trois ou éventuellement quatre films sortent certainement du lot. Notre coup de cœur principal est le film d’animation J’ai perdu mon corps de Jérémy Clapin, encensé lors de sa présentation à la dernière Semaine de la Critique cannoise, ainsi qu’au Festival d’Annecy. Plus proche de la réalité et même carrément téméraire dans sa volonté de nous rendre la crise financière en Grèce plus accessible, nous a confirmé haut la main que même à 86 ans, Costa-Gavras reste un cinéaste toujours aussi brillamment engagé. En comparaison, Nicolas Bedos n’en est qu’aux balbutiements de sa carrière derrière la caméra. Si l’on en croit la critique enthousiaste de notre cher confrère Jean-Jacques – qui n’est pas du tout le seul à avoir aimé La Belle époque – , il a réussi avec son deuxième long-métrage un petit coup de maître, qui nous fait malgré tout un peu penser à un Truman Show à la française.

Le Char et l’olivier Une autre histoire de la Palestine © Destiny Films
Tous droits réservés

Parmi la douzaine d’autres films à l’affiche dès ce jour, Jean-Jacques a de même grandement apprécié le documentaire Le Char et l’olivier Une autre histoire de la Palestine de Roland Nurier, un regard hautement instructif et presque autant partisan sur le triste sort du peuple palestinien. Sinon, vous pourriez vous faire un double programme artistique joliment malsain, grâce à la pratique du violon en Allemagne dans L’Audition de Ina Weisse et à celle de la danse en Géorgie dans de Levan Akin, sélectionné à la dernière Quinzaine des réalisateurs. Enfin, de Roland Emmerich fait figure de plaisir coupable cette semaine, tellement les films précédents du réalisateur étaient des spectacles à l’ancienne, bourrins et au propos volontairement peu nuancé. Sauf que l’état d’esprit qui anime l’Amérique a considérablement changé depuis les fantaisies apocalyptiques qu’étaient Le Jour d’après et 2012. Mieux vaut donc espérer dans le meilleur des cas une propagande de guerre larvée, plus vigoureuse que ne l’ont été Pearl Harbor de Michael Bay et La Bataille de Midway de Jack Smight et sa dizaine de vedettes vieillissantes, de Charlton Heston à Robert Mitchum, en passant par Henry Fonda, Hal Holbrook et Toshiro Mifune.

© Théâtre du Temple Tous droits réservés

Tandis que l’on ne reverra probablement jamais cette épopée de guerre fatiguée des années 1970 sur nos grands écrans, les cinq films, ainsi qu’un programme de courts-métrages, qui y feront leur retour à partir d’aujourd’hui méritent amplement la redécouverte. Notamment un double coup de projecteur sur le travail du réalisateur italien Mauro Bolognini, en ce moment au cœur d’une rétrospective à la Cinémathèque Française, avec le drame social La Viaccia, à l’origine sorti sous le titre français Le Mauvais chemin, porté par le couple irrésistible Jean-Paul Belmondo et Claudia Cardinale, et le thriller beaucoup plus grotesque, jusque-là inédit en France, et ses qualités indéniablement camp, incarnées à bras le corps par Shelley Winters et Max von Sydow. Également au programme : l’épopée historique qui avait enfin valu à Bernardo Bertolucci une large reconnaissance internationale à la fin des années ’80, l’un des thrillers d’espionnage les plus subtilement tordus signé par le maître du cinéma sophistiqué Joseph L. Mankiewicz, ainsi que, pour un public aux goûts un peu moins adultes, un joli conte d’apprentissage ethnique et une collection des courts-métrages du génie de l’animation française Paul Grimault.


Adults in the Room de Costa-Gavras (Grèce, Thriller politique, 2h07, distribué sur 156 copies) avec Christos Loulis, Alexandros Boudroumis et Ulrich Tukur (critique)

de Alexandre Laugier (France, Drame, 1h18) avec Jessica Errero, Thibaud Vaneck et Sabrina Nouchi

L’Audition de Ina Weisse (Allemagne, Drame, 1h39) avec Nina Hoss, Simon Abkarian et Jens Albinus

La Belle époque de Nicolas Bedos (France, Comédie dramatique, 1h55, distribué sur 546 copies) avec Daniel Auteuil, Guillaume Canet et Doria Tillier (critique)

Le Char et l’olivier Une autre histoire de la Palestine de Roland Nurier (France, Documentaire, 1h41, distribué sur 26 copies) (critique)

Et puis nous danserons de Levan Akin (Géorgie, Comédie dramatique, 1h51, distribué sur 40 copies) avec Ana Javakishvili, Giorgi Tsereteli et Tamar Bukhnikashvili

Furie de Olivier Abbou (France, Thriller, 1h38, distribué sur 48 copies) avec Adama Niane, Stéphane Caillard et Paul Hamy

L’Instant infini de Douglas Beer (Suisse, Thriller, 1h30) avec Jennifer Rihouey, Damien Dorsaz et Mathieu Chardet

J’ai perdu mon corps de Jérémy Clapin (France, Animation, 1h21)

Midway de Roland Emmerich (États-Unis, Guerre, 2h18, distribué sur 403 copies) avec Ed Skrein, Patrick Wilson et Luke Evans

de Yoann Guillouzouic (France, Comédie dramatique, 1h40) avec Guillaume De Tonquédec, Piti Puia et Richard Bohringer

Princes et vagabonds de Fabienne Le Houérou (France, Documentaire, 1h13)

de Geneviève Dulude-De Celles (Canada, Drame, 1h43, distribué sur 100 copies) avec Robin Aubert, Emilie Bierre et Irlande Cote

de Stéphan Balay (France, Documentaire, 1h31)

de Rasmus A. Sivertsen (Norvège, Animation, 1h20, distribué sur 90 copies)

Le Voyage du pèlerin de Robert Fernandez (États-Unis, Animation, 1h55)

Reprises

L’Affaire Cicéron (1952) de Joseph L. Mankiewicz (États-Unis, Espionnage, 1h48) avec James Mason, Danielle Darrieux et Michael Rennie

Black journal (1977) de Mauro Bolognini (Italie, Thriller, 1h55) avec Shelley Winters, Max von Sydow et Renato Pozzetto

Le Dernier empereur (1987) de Bernardo Bertolucci (Italie, Drame historique, 2h25) avec John Lone, Joan Chen et Peter O’Toole

(1942-1973) de Paul Grimault (France, Animation) : huit courts-métrages repartis en deux programmes

(2002) de Niki Caro (Nouvelle-Zélande, Drame, 1h41) avec Keisha Castle-Hughes, Rawin Paratene et Cliff Curtis

La Viaccia (1960) de Mauro Bolognini (Italie, Drame, 1h52) avec Jean-Paul Belmondo, Claudia Cardinale et Pietro Germi

Articles semblables

Partage

Auteur

Avatar
Tobias Dunschen

Cet article a été rédigé par Tobias Dunschen, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles