Game of Thrones Saison 3 Episode 4 – And Now His Watch Is Ended

S’il est un élément qui distingue des autres séries « de prestige » diffusées par HBO, AMC, FX et d’autres, c’est son envergure. Le nombre démesuré de personnages séparés par des milliers de kilomètres est bien souvent un problème majeur qui empêche la série de donner naissance à des épisodes cohérents, mais c’est aussi sa plus grande force, donnant un poids énorme et une qualité épique aux développements du scénario. Epique est un terme parfait pour décrire , un épisode qui met cette envergure à profit, en particulier dans une dernière scène particulièrement mémorable.

Parlons-en, de cette dernière scène. L’épisode précédent indiquait déjà une évolution marquante pour , enfin devenue vecteur d’action après une saison à subir et à se plaindre, et And Now His Watch Is Ended est une confirmation en force de cette nouvelle direction. Plus que jamais, Daenerys apparaît comme un leader qui pourrait inspirer des foules à se battre pour son droit à la couronne des Sept Royaumes, non seulement en se jouant des marchands d’esclaves d’Astapor (qui, il faut bien l’admettre, ne sont franchement pas malins), mais aussi et surtout en prouvant une certaine fidélité à ses origines en laissant ses nouveaux esclaves libres de partir. Cela renvoie directement au dernier épisode de la première saison, dans lequel elle offre la même possibilité à la khalasar de Drogo et se retrouve abandonnée par ces guerriers qui ne la respectent pas assez pour la suivre. Cette fois, Daenerys a prouvé sa valeur et surmonté les obstacles qui se présentaient à elle, au premier rang desquels on trouve son genre. La révélation que le marchand parlait dans sa langue natale prouve de plus qu’elle n’est plus la figure infantile et impulsive de la deuxième saison, mais bel et bien un leader compétent et capable de sang froid. Pour la première fois, la dernière image de cet épisode donne l’impression que son ambition n’est pas démesurée, mais totalement adaptée à ses compétences et à sa situation.

GOT Saison 3 Episode 4

On peut dresser un parallèle intéressant entre Daenerys, et , trois femmes qui cherchent à obtenir le pouvoir dans une société éminemment patriarcale, mais en passant par des chemins fondamentalement différents. Là où Daenerys fonde sa légitimité sur son aura, à la fois en tant qu’héritière des Targaryens et « Mère des Dragons », Margaery se fond entièrement dans le rôle attendu d’une jeune princesse, tout en étant indubitablement en total contrôle de son destin. Quant à elle, Cersei se veut une éminence grise manipulant la cour de Port-Réal par la seule force de son intellect. Cet épisode met en avant la réussite des deux premières approches et le relatif échec de la troisième, mais le fait plutôt reposer sur un échec individuel qu’autre chose. Quand Tywin déclare avec extrême mépris que Cersei se croit bien plus intelligente qu’elle ne le croit, c’est à la fois injuste et tout à fait exact. Elle n’a certes pas été formé au pouvoir comme Jaime, mais son incapacité à contrôler la situation de la cour n’est nullement dû à des facteurs sociétaux extérieurs, mais bien à son refus de s’adapter, particulièrement en ce qui concerne Joffrey. La scène du sept de Baelor est la preuve de son échec face à Margaery, et met également en avant une autre femme infiniment plus compétente que Cersei en tant qu’éminence grise : Dame Olenna.

Globalement, cette saison voit les enfants Lannister dépouillés de leurs plus grands atouts et mis dans une situation de grande faiblesse et vulnérabilité. Jaime perd sa main, lui qui est avant tout défini par ses prouesses au combat, Cersei perd son fils, qui est la source de sa légitimité politique, tandis que Tyrion perd sa position confortable de Main, rôle de décision auquel il excellait, pour le rôle de Trésorier qui va complètement contre ses habitudes dépensières. Tout repose sur Tywin, qui nous donne, avec la diatribe qu’il donne à Cersei, un élément quant à ce qui rend cette famille si dysfonctionnelle.

La mutinerie chez Craster est elle aussi un grand moment, marquant la mort d’une des dernières figures paternelles qui nous restaient : Jeor Mormont. Au-delà des implications pour Sam, qui prend enfin le dessus sur ses peurs en… s’enfuyant avec Gilly (par opposition à s’écrouler dans la neige, c’est un net progrès), cette scène symbolise la volatilité du pouvoir et le chaos qui s’attaque aux institutions de Westeros alors que, oui, l’hiver vient.

And Now His Watch Is Ended n’est donc pas loin d’être l’épisode parfait de Game of Thrones (ce titre revient tout de même à Blackwater)mélange de scènes d’actions palpitantes et de scènes plus calmes mais non moins remarquables, comme le monologue de Varys. L’absence de Robb, Jon et Stannis n’y est sans doute pas pour rien, et le passage de Bran nous renvoie aux faiblesses de la série, mais cet épisode est exactement ce que les lecteurs des livres attendaient dans cette troisième saison si anticipée.

La paragraphe suivant contient de spoilers (pour le lire, sélectionner avec la souris)

Nous arrivons donc à la fin de la petite escapade de Theon, largement inspirée d’un flashback du cinquième livre… mais franchement ratée. L’horreur de la torture psychologique et physique qu’endure Theon n’est ici absolument pas ressentie, et l’on en vient simplement à se demander si l’on vient bien de voir Theon littéralement tourner en rond pendant quatre épisodes. Il reste une saison et demie à Benioff et Weiss à inventer pour rejoindre les chapitres de Theon dans A Dance with Dragons, et ce qu’ils ont fait jusqu’ici n’est pas exactement prometteur.

L’idée que Varys soit parvenu à capturer l’homme à l’origine de sa castration colle complètement au personnage et agrémente parfaitement son monologue, à la manière du dépeçage de cerf de Tywin dans la première saison. Comme quoi, quand ils veulent, ils savent faire, comme ils le prouvent également dans toutes les nouvelles scènes de Tywin.

 

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Matthieu