Nécrologie News — 13 mai 2019
Décès de l’actrice Doris Day
Confidences sur l’oreiller © Universal Studios Tous droits réservés

L’actrice et chanteuse américaine est décédée ce matin à Carmel dans l’état de Californie des suites d’une pneumonie. Elle était âgée de 97 ans. L’une des plus grandes vedettes du cinéma hollywoodien dans les années 1950 et ’60, notamment grâce à ses trois comédies sentimentales aux côtés de Rock Hudson, elle avait pris sa retraite dès le début des années ’70 et s’était dès lors entièrement consacrée à sa fondation de la protection animale. Auparavant, elle avait collaboré avec des réalisateurs tels que Stanley Donen et Alfred Hitchcock et avait partagé l’affiche avec des légendes hollywoodiennes telles que Kirk Douglas, James Cagney, James Stewart, Clark Gable, Jack Lemmon, Cary Grant et James Garner.

© 1950 Warner Bros. Tous droits réservés

Avant de décrocher son premier rôle au cinéma en 1948 dans de Michael Curtiz, Doris Day avait déjà connu un succès considérable auprès du public américain en tant que soliste dans les orchestres de Bob Crosby et Les Brown. Fidèle au studio de la Warner pendant les premières années de sa carrière d’actrice, elle y jouait principalement dans des comédies musicales légères, comme Les Travailleurs du chapeau, No No Nanette, Escale à Broadway, Avril à Paris et La Maîtresse de papa de David Butler, Il y a de l’amour dans l’air, le sensiblement plus sombre La Femme aux chimères et La Femme de ses rêves de Michael Curtiz, Les Cadets de West Point, Le Bal du printemps et La Ronde des étoiles de Roy Del Ruth, ainsi que le drame Ku-Klux-Klan de Stuart Heisler. C’est son sixième film avec le réalisateur David Butler qui lui apporte enfin une première consécration : – Oscar de la Meilleure chanson en 1954 pour « Secret Love » – dans lequel elle abandonne temporairement son image de marque de la jeune fille blonde et proprette pour camper l’héroïne du western Calamity Jane. Après avoir croisé le chemin d’un autre géant contemporain du monde de la musique et du cinéma en la personne de Frank Sinatra pour Un amour pas comme les autres de Gordon Douglas, elle s’impose définitivement grâce au coup double de la biographie filmique de Charles Vidor et du thriller hitchcockien par excellence L’Homme qui en savait trop – Oscar de la Meilleure chanson en 1957 pour « Que sera, sera ».

L’Homme qui en savait trop © Universal Studios Tous droits réservés

Après un autre thriller, plus modeste celui-là, Le Diabolique Monsieur Benton de Andrew L. Stone, Doris Day avait été la vedette de quelques comédies plaisantes : de Stanley Donen et George Abbott, de George Seaton, Le Père malgré lui de Gene Kelly et de Richard Quine. En 1959, elle trouve enfin son partenaire idéal à l’écran en la personne de Rock Hudson, avec lequel elle excellera à trois reprises dans des comédies doucement érotiques, Confidences sur l’oreiller de Michael Gordon, de Delbert Mann et Ne m’envoyez pas de fleurs de Norman Jewison. Entre-temps, elle est au centre d’autres farces timidement féministes, comme et La Plus belle fille du monde de Charles Walters, de Delbert Mann, de Norman Jewison, Pousse-toi chérie de Michael Gordon et son dernier thriller de David Miller. Pendant les cinq dernières années de sa carrière cinématographique, jusqu’en 1968, elle réussit tant bien que mal la transition vers des rôles en quête de tranquillité, par exemple dans Ne pas déranger svp de Ralph Levy, La Blonde défie le F.B.I. et Opération Caprice Frank Tashlin, Le Ranch de l’injustice de Andrew V. McLaglen, Que faisiez-vous quand les lumières se sont éteintes de Hy Averback et Il y a un homme dans le lit de maman de Howard Morris. En 1968, au moment de la mort soudaine de son deuxième mari, le producteur Martin Melcher, elle apprend qu’elle est complètement fauchée et qu’elle devra honorer son contrat pour une série télé, « Doris comédie », qui sera finalement à l’antenne pendant cinq saisons.

Un pyjama pour deux © Universal Studios Tous droits réservés

Doris Day a été nommée à l’Oscar de la Meilleure actrice en 1960 pour Confidences sur l’oreiller. Elle a été nommée à six reprises aux Golden Globes et avait reçu le prix honorifique de la presse étrangère d’Hollywood, le Cecil B. DeMille Award, en 1989 des mains de Clint Eastwood, qui avait été quelques années auparavant le maire de la ville de Carmel, son lieu de résidence et d’engagement en faveur des animaux. Les critiques de Los Angeles lui avaient donné également leur prix honorifique en 2011.

Ne m’envoyez pas de fleurs © Universal Studios Tous droits réservés

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Tobias Dunschen

Cet article a été rédigé par Tobias Dunschen, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles