La Femme aux 5 éléphants
Après une vie bousculée par l’Histoire et transportée par la littérature, Sweltana Geier s’attelle depuis 1992 à la traduction des cinq œuvres de Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski : Crime et Châtiment, L'Idiot, Les Démons, L'adolescent et Les Frères Karamazov. Ces 5 éléphants l’accompagnent tout au long de ce récit qui dessine les traits de sa mémoire. Un voyage dans le texte et les mots qui nous apprend que la traduction doit atteindre au cœur de l’œuvre le souffle de son inspiration.
Test DVD : Madame Hyde
Conte initiatique tantôt brillant tantôt complètement à l’Ouest, Madame Hyde permet à Serge Bozon d’adapter le récit classique de Robert Louis Stevenson à son univers, bizarre et surréaliste, évoluant sur un film très ténu entre une espèce de philosophie sociale et une poésie tirant vers le fantastique le plus cruel.
Exclu VOD : To write love on her arms
To write love on her arms prend le parti d'évoquer une vie d'excès, marquée par les traumatismes et la violence, sans passer par la case « choc ». De la « première » vie de Renée Yohe, on ne verra finalement à l'écran que des fantasmes enfantins, des terreurs nocturnes ou des mises en scène symboliques volontiers bondieusardes, mais également souvent brillantes d'un point de vue formel (toutes les séquences « oniriques » sont vraiment puissamment orchestrées),
Test Blu-ray : Officer Downe
Si le nom de Shawn Crahan ne dira probablement rien à la plupart d’entre vous, les lecteurs adeptes de gros son métal reconnaitront immédiatement le patronyme du percussionniste et fondateur, avec le bassiste Paul Gray, du groupe de nu-métal Slipknot. Crahan portait, au sein du groupe, le numéro 6 et arborait fièrement un masque de clown. Adapté du comic book éponyme et ultra-violent signé Joe Casey et Chris Burnham, Officer Downe est donc son premier film en tant que réalisateur.
Test DVD : Les sirènes d’Atlantis
Les sirènes d’Atlantis est réputé pour avoir eu un tournage compliqué, s’étant étalé sur plusieurs mois et ayant occasionné plusieurs sessions de « reshoots » ; le film a par ailleurs vu plusieurs cinéastes se succéder à la barre : après Arthur Ripley, John Brahm et –selon la légende– Douglas Sirk, c’est finalement le monteur Gregg G. Tallas qui sera crédité en tant que réalisateur. Et de façon assez paradoxale, c’est peut-être finalement la patte du monteur que l’on retrouvera de la façon la plus nette au cœur de ces Sirènes d’Atlantis, dans le sens où le film s’avère un véritable petit trésor de rythme et d’efficacité, passant comme une lettre à la poste et ne laissant pas au spectateur voir le temps passer.
Test DVD : Hope
Hope. En français : l'espoir. L'espoir d'une vie meilleure, lorsqu'on est nigérienne, lorsqu'on est camerounais. Ce qui se passe actuellement en Méditerranée nous interpelle tous les jours sur l'horreur de ces tentatives de traversée effectuées par des migrants et qui, trop souvent, se terminent par des drames. Le film de Boris Lojkine décrit ce qui se passe en amont, des épisodes d'une grande dureté qui réunissent ces migrants pleins de rêves et tous ceux, des compatriotes le plus souvent, qui les rackettent, qui les volent, qui les prostituent. Sans parler, bien sûr, de la peur de la police.
Test DVD : Dans la forêt
Repéré dans les années 90 à l’occasion de Harry, un ami qui vous veut du bien, un film étrange, à la fois un acte manqué et la promesse, au détour d’une séquence ou deux, de la volonté de créer un cinéma fantastique « à la française », différent et ambitieux, le duo Gilles Marchand / Dominik Moll écrit et réalise, à tour de rôle et selon une série de rituels de travail très curieux, des films pour le moins singuliers dans le paysage cinématographique français.
Test Blu-ray : Hold up
Court, ramassé, dégraissé de toute notion de psychologie, Hold up (Nokas) est la reconstitution fidèle du plus gros casse de l’histoire norvégienne, ayant eu lieu en 2004 à Stavanger. Froid, stressant et tristement réaliste, le film d’Erik Skjoldbjærg met dos à dos une équipe de braqueurs et un groupe de policiers tous deux dépassés par les événements
À voir en VOD : Todos os mortos
Même si le côté théâtral de la mise en scène peut dérouter, "Todos os Mortos" est un film passionnant qui permet de mieux comprendre le Brésil d'aujourd'hui et l'opposition profonde entre Bolsonaro et Lula.
Test Blu-ray : Ballerina
Ballerina nous fait découvrir les coulisses de la danse classique, même les moins glorieuses, tout en nous dévoilant comment vivre pleinement sa passion. Nous sommes emportés dans cette compétition dynamique grâce aux musiques très rythmées et retravaillées qui mêlent le classique aux courants musicaux actuels, les rendant ainsi accessibles à tous. Pour finir l’année sur une pointe de poésie, accompagnons Félicie et Victor pour vivre nos rêves dans l’une des plus belles villes du monde.
Test Blu-ray : Normandie nue
Depuis de nombreuses années maintenant, Philippe Le Guay est parvenu à s’imposer comme un des grands artisans français d’un certain cinéma populaire « à l’ancienne ». A ce titre, on pourra, peut-être à tort, le cataloguer au sein d’un certain registre, aux côtés de cinéastes tels que Pascal Thomas ou Jean Becker, comme les représentants d’un cinéma de qualité française dont les œuvres semblent avant tout destinées à un public de « séniors », et dont les ambitions formelles surpassent rarement celles d’un téléfilm tourné pour France 3. Qu’à cela ne tienne cependant – son dernier long-métrage en date, Normandie nue, est une œuvrette qui a, tout comme ses films précédents, parfaitement su trouver son public dans les salles (presque 600.000 entrées tout de même !) et qui ne déstabilisera à priori pas trop les amoureux de son cinéma. Car malgré son sujet « sulfureux » en apparence, cette comédie paysanne est avant tout une nouvelle occasion pour le réalisateur / scénariste de constater une nouvelle fois à quel point la France contemporaine va à vau-l’eau, et à quel point tout était beaucoup mieux avant, ma bonne dame.
Test Blu-ray : A l’ombre des potences
En 1954, la découverte de Johnny Guitar a littéralement fait exploser la popularité de Nicholas Ray, surtout dans le cercle – pas si fermé – des amateurs de westerns. Le film est d’ailleurs de nos jours toujours considéré comme l’un des plus grands classiques du genre, et constitue souvent même une « date » dans l’esprit des cinéphiles, dans le sens où il s’agissait du tout premier (du seul ?) western à proposer au public un discours ouvertement féministe, et que le film était une œuvre tellement originale et lyrique qu’elle contribuerait largement à faire « bouger les lignes » du genre dans les années qui suivraient. Ainsi, soixante-cinq ans après, on ne pourra que s’étonner à la découverte d’À l'ombre des potences : il s’agit en effet d’un western antérieur à Johnny Guitar, puisque Nicholas Ray l’a tourné en 1955, mais il ne possède aucunement le caractère « révolutionnaire » du long-métrage mettant en scène Joan Crawford et Sterling Hayden. Au contraire, À l'ombre des potences s’impose comme le représentant d’un classicisme absolu, ne débordant jamais réellement du genre qu’il aborde, et ne possédant pas du tout la portée sociale et quasi-politique de son film précédent.



















