L’invitation
Etats-Unis : 2026
Titre original : The Invite
Réalisation : Olivia Wilde
Scénario : Rashida Jones, Will McCormack d’après D’après l’œuvre de Cesc Gay
Interprètes : Seth Rogen, Olivia Wilde, Penélope Cruz, Edward Norton
Distribution : Maverick Distribution
Durée : 1h47
Genre : Comédie
Date de sortie : 16 septembre 2026
3.5/5
Synopsis : Angela et Joe invitent leurs mystérieux nouveaux voisins du dessus à dîner. La soirée va alors rapidement faire voler en éclats toutes leurs certitudes.

Vous n’avez peut-être pas encore vu L’invitation et, pourtant, si on vous dit que ce film parle d’un couple marié depuis une vingtaine d’années et qui bat de l’aile, de l’épouse qui a invité le couple voisin du dessus à diner au grand dam de son mari qui n’a que du négatif à dire sur ce couple mais qui, par contre, compte bien profiter de cette invitation pour faire part de son exaspération de devoir très souvent subir, en pleine nuit, l’important volume sonore engendré par ce qu’il croit être les ébats amoureux du couple, vous avez peut-être l’impression de l’avoir déjà vu. Pas étonnant si vous avez déjà vu Sentimental, le film du réalisateur espagnol Cesc Gay sorti en 2021, ou Et plus si affinités, le film français de Olivier Ducray et Wilfried Meance, sorti en 2024. En effet, ces 3 films sortent plus ou moins du même moule, la pièce de théâtre « Los vecinos de arriba » (« Les Voisins du dessus ») écrite par Cesc Gay. Il existe même 3 autres adaptations cinématographiques de cette pièce, l’une venant d’Italie, une autre d’Allemagne et la dernière de Corée du Sud, mais elles ne sont jamais sorties dans notre pays. Mais alors, si vous avez vu Sentimental et/ou Et plus si affinités, y a-t-il un quelconque intérêt à aller voir L’invitation, qui reprend peu ou prou la même histoire ? Eh bien, oui. Et même, 2 fois oui. Tout d’abord parce que être confronté dans un film aux problèmes que rencontrent des couples est toujours intéressant et, ensuite, parce que, selon les pays, ici l’Espagne, la France, les Etats-Unis, il y a forcément des différences d’ordre culturel dans ce qui construit un couple et dans ce qui peut l’amener à vaciller, des différences aussi d’ordre purement cinématographique, ce qui fait que la « même histoire » ne sera pas tout à fait la même histoire. En fait, à la vision de L’invitation, loin d’être gêné par le fait de déjà connaître l’histoire que raconte le film, on en arrive, au contraire, à regretter de ne plus avoir, à des fins de comparaison, un souvenir précis de l’atmosphère dégagée dans les différentes étapes que traversent les autres films.
L’invitation, film réalisé par l’actrice et réalisatrice américaine Olivia Wilde commence par une citation percutante de Oscar Wilde (C’est en hommage à Oscar que Olivia Jane Cockburn a adopté le nom Wilde comme nom de scène) : « on devrait toujours être amoureux. C’est la raison pour laquelle on ne devrait jamais se marier ». Il est ensuite relativement facile de déceler 4 étapes dans la suite du film : ce qui se passe entre les 2 membres du couple qui reçoit, Angela, femme au foyer dont on sent que sa vie routinière ne lui convient pas, et Joe, ancien membre d’un groupe de rock qui n’a pas vraiment réussi à percer, professeur de musique dans un petit conservatoire et éternel frustré, avant l’arrivée de Pina, psychothérapeute et sexologue d’origine espagnole, et Hawk, pompier à la retraite, le couple de voisins ; le début de l’invitation ; ce qui se passe à partir du moment où est révélée par Pina et Hawk l’origine du volume sonore qui indispose tant Joe ; la conclusion du film. Dans les deux premières étapes, on sait qu’on est dans un film US, un film qui, dans sa mise en scène et dans ses dialogues, lorgne vers les séries que produit le pays mais aussi vers certains films de Woody Allen (On notera que le film est dédié à Diane Keaton) il va donc sans doute vous arriver de trouver qu’il y a de la lourdeur et de l’exagération dans certains propos tout en reconnaissant un côté subtilement comique et pétillant à d’autres moments. La troisième étape pourrait avoir pour titre « Tout ce que vous voulez savoir sur le libertinage sans oser le demander » dans une version soft. Quant à la dernière étape, elle glisse petit à petit vers quelque chose qui s’apparente, de façon furtive, à une comédie de remariage. Avec ce film, Olivia Wilde apporte la preuve que, en plus d’être une excellente comédienne (c’est elle qui interprète à la perfection le rôle d’Angela), elle est en train de devenir une réalisatrice de talent qui arrive même, en sachant bien utiliser l’apparence de labyrinthe de l’appartement dans lequel se déroule l’action, à éviter que son film soit perçu comme n’étant que du théâtre filmé. A ses côtés, que du beau monde, Penélope Cruz dans le rôle de Pina, Seth Rogen dans celui de Joe et Edward Norton dans celui de Hawk. Il se dit que, en amont du tournage, les 4 interprètes et les scénaristes ont été réunis pendant 8 jours afin de peaufiner le scénario, chacune et chacun pouvant y apporter des anecdotes personnelles. En tout cas, malgré le côté parfois agaçant de la façon de lancer les répliques inspirée des séries américaines, le résultat s’avère globalement réussi et souvent très drôle avec des répliques comme « On t’invite pour une orgie et toi tu sors ton agenda » ou celle, désabusée, que lance Angela : »Même une orgie, on la foire ! ».


















