Cannes 2017 : le jury

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Le jury du 70ème est désormais au complet, grâce à une annonce intervenue cet après-midi. Alors que certains noms avaient déjà circulé de façon plus ou moins clandestine depuis quelques jours, nous disposons donc de la liste officielle des huit professionnels du cinéma, quatre femmes et quatre hommes, qui rejoindront le président du jury, le réalisateur espagnol (*1949), annoncé au mois de janvier. Les jurés fouleront le tapis rouge entre 17 et le 28 mai prochains et désigneront le successeur à la Palme d’or du jury de George Miller, I Daniel Blake de Ken Loach, lors de la cérémonie de clôture le dimanche 28 mai.

La réalisatrice allemande (*1976) aurait pu – et pour certains dû – repartir avec la Palme d’or l’année dernière, grâce à la réception très positive de son troisième film Toni Erdmann, présenté alors en compétition. Finalement, à Cannes, ce sont seulement les critiques internationaux de la FIPRESCI qui l’avaient plébiscité, ce qui n’a point empêche cette comédie absurde de conquérir la planète entière. Comme preuve, des nominations dans la catégorie du Meilleur Film étranger aux Oscars, aux Golden Globes, aux César et aux BAFTAs, l’Independent Spirit Award dans la même catégorie, trois European Film Awards, ainsi que six nominations pour le prix du cinéma allemand, dont la cérémonie n’aura lieu que vendredi prochain. Un remake américain est même prévu, avec Jack Nicholson et Kristen Wiig dans les rôles du père et de sa fille. Le deuxième film de la réalisatrice, Everyone else, avait remporté en 2009 au Festival de Berlin le Grand Prix du jury ainsi que l’Ours d’argent de la Meilleure actrice pour Birgit Minichmayr. Enfin, Maren Ade est également une productrice aguerrie, ayant notamment collaboré avec le réalisateur portugais Miguel Gomes sur Tabou et son triptyque Les Mille et une nuits, ainsi qu’avec le Chilien Sebastian Lelio sur Une femme fantastique, Ours d’argent du Meilleur scénario au dernier Festival de Berlin, qui sortira en France le 5 juillet prochain.

L’actrice américaine (*1977) a déjà effectué la mythique montée des marches à plusieurs reprises, notamment lors de la présentation de The Tree of Life de Terrence Malick, Palme d’or en 2011. C’est cette année-là qu’elle s’était vraiment fait remarquer, grâce à cinq films et rôles très divers : le Malick donc, L’Affaire Rachel Singer de John Madden, La Couleur des sentiments de Tate Taylor, Killing fields de Ami Canaan Mann et Take shelter de Jeff Nichols, présenté à Cannes dans le cadre de la Semaine de la Critique. Depuis, elle a certes légèrement ralenti son rythme de travail, mais a néanmoins collaboré avec une sélection fort éclectique de réalisateurs tels que John Hillcoat (Des hommes sans loi en compétition à Cannes en 2012), Kathryn Bigelow (Zero Dark Thirty), Liv Ullmann (Mademoiselle Julie), Christopher Nolan (Interstellar), J.C. Chandor (A Most Violent Year), Guillermo Del Toro (Crimson Peak), Ridley Scott (Seul sur Mars) et encore John Madden (Miss Sloane). Son dernier film, The Zookeeper’s Wife de Niki Caro, vient de sortir aux Etats-Unis. Elle a été nommée deux fois aux Oscars, en tant que Meilleure actrice dans un second rôle pour La Couleur des sentiments et comme Meilleure actrice pour Zero Dark Thirty. Ce dernier lui avait valu le Golden Globe de la Meilleure actrice dans un drame en 2013.

L’actrice chinoise (*1981) s’est surtout fait connaître auprès d’un public international à travers son rôle de Blink dans X-Men Days of Future Past de Bryan Singer. Alors que deux de ses films sortiront prochainement en France, I am not Madame Bovary de Xiaogang Feng le 5 juillet et The Lady in the Portrait de Charles De Meaux à la rentrée, elle mène une carrière florissante en Asie depuis le début du siècle. Elle était ainsi à l’affiche de films comme Flashpoint de Wilson Yip, Bodyguards & Assassins de Teddy Chan, Time Warriors La Révolte des mutants de Jing Wong, Chongqing Blues de Wang Xiaoshuai – présenté en compétition à Cannes en 2010 –, Stretch de Charles De Meaux et La Filature de Renny Harlin.

L’actrice et réalisatrice française (*1964) est, elle aussi, une habituée de la Croisette. Elle y avait notamment décroché le prix du Meilleur scénario pour Comme une image en 2004. C’est cependant auprès des César qu’elle est encore plus populaire, puisque elle y cumule à ce jour onze nominations et six trophées : pour les scénarios de Smoking/No smoking et On connaît la chanson de Alain Resnais, de Un air de famille de Cédric Klapisch, et de Le Goût des autres réalisé par elle-même, ainsi que comme Meilleure actrice dans un second rôle dans On connaît la chanson et pour le Meilleur Film Le Goût des autres en 2001. Ce dernier lui avait également valu une nomination indirecte aux Oscars dans la catégorie du Meilleur Film étranger. En tant que réalisatrice, on lui doit également Parlez-moi de la pluie et Au bout du conte. Devant la caméra, elle a joué pour Patrice Chéreau (Hôtel de France), Alain Corneau (Le Cousin), Laurent Bouhnik (24 heures de la vie d’une femme), Richard Dembo (La Maison de Nina), Carine Tardieu (Du vent dans mes mollets), Bruno Podalydès (Comme un avion) et Blandine Lenoir (Aurore qui sortira en France demain).

Tout comme sa consœur allemande, le réalisateur sud-coréen (*1963) était reparti bredouille du dernier Festival de Cannes, où il avait présenté en compétition Mademoiselle. Il avait eu plus de chance lors de ses deux passages précédents, grâce au Grand prix pour Old boy en 2004 et au prix du jury pour Thirst Ceci est mon sang en 2009. Park appartient à la génération de réalisateurs coréens qui se sont imposés sur la scène internationale depuis le début du siècle. Parmi ses autres films de genre globalement très appréciés en France, on peut citer Sympathy for Mister Vengeance, Lady Vengeance, Je suis un cyborg, ainsi que son premier film anglophone Stoker avec Mia Wasikowska et Nicole Kidman, sorti en 2013. Le Festival International du Film Policier de Beaune vient de lui rendre hommage fin mars. Il avait déjà siégé au jury d’un festival important, à Venise sous la présidence de Catherine Deneuve, dont le jury avait récompensé en 2006 Still life de Jia Zhangke.

L’acteur américain (*1968) est peut-être le moins habitué du tapis rouge cannois parmi les jurés de cette année. Il s’agit par contre du membre du jury le plus connu auprès d’un public mondial, grâce à ses débuts de chanteur dans les années 1990 et son règne presque sans partage sur le box-office mondial depuis une vingtaine d’années. Connu initialement comme rappeur et vedette de la série à succès « Le Prince de Bel-Air », Smith fait ses premiers pas au cinéma dans des films comme Made in America de Richard Benjamin et Six degrés de séparation de Fred Schepisi. Il enchaîne les succès commerciaux tonitruants au milieu des années ’90, grâce à Bad boys de Michael Bay, Independence Day de Roland Emmerich et Men in black de Barry Sonnenfeld. La suite de son parcours s’avère plus imprévisible, avec quelques succès (Ennemi d’état de Tony Scott, Hitch Expert en séduction de Andy Tennant, Je suis une légende de Francis Lawrence) aux côtés d’échecs plus ou moins cuisants (Wild Wild West de Barry Sonnenfeld, Hancock de Peter Berg, After Earth de M. Night Shyamalan). Depuis le début du siècle, il s’essaye de même dans des rôles plus exigeants, aux résultats là encore mitigés, par exemple dans La Légende de Bagger Vance de Robert Redford, Ali de Michael Mann, A la recherche du bonheur et Sept vies de Gabriele Muccino, Seul contre tous de Peter Landesman et Beauté cachée de David Frankel. En tant que producteur, il a entre autres participé à Showtime de Tom Dey, Harcelés de Neil LaBute, Karaté Kid de Harald Zwart, Target de McG et Annie de Will Gluck. Will Smith a été nommé deux fois à l’Oscar du Meilleur acteur pour Ali en 2002 et pour A la recherche du bonheur en 2007. Il a été nommé cinq fois aux Golden Globes et a reçu un César d’honneur en 2005.

Le réalisateur italien (*1970) doit beaucoup au Festival de Cannes, où il a présenté six de ses sept films en compétition. Après un accueil d’estime réservé à Les Conséquences de l’amour en 2004 et à L’Ami de la famille en 2006, il décroche le prix du jury avec Il divo en 2008. Les années 2010 sont moins couronnées de succès, malgré la présentation de This must be the place, La Grande bellezza et Youth. La Grande bellezza lui avait valu l’Oscar, le Golden Globe et le BAFTA du Meilleur Film étranger en 2014, ainsi qu’une nomination aux César dans la même catégorie. L’année dernière, Sorrentino a réalisé la série « The Young pope » avec Jude Law, produite par HBO. En 2009, il a été le président du jury de la section parallèle Un Certain regard qui avait attribué son prix principal à Canine de Yorgos Lanthimos.

Le compositeur libanais (*1949) mène depuis plus de vingt-cinq ans une carrière prolifique dans le cinéma français et international. En France, il a collaboré avec des réalisateurs aussi prestigieux que Jean-Luc Godard (Sauve qui peut [la vie]), Jean-Jacques Beineix (La Lune dans le caniveau et 37°2 le matin), Costa-Gavras (Hanna K.), Youssef Chahine (Adieu Bonaparte), Olivier Assayas (Désordre), Jean-Pierre Mocky (Agent trouble, Les Saisons du plaisir et Une nuit à l’Assemblée nationale), Etienne Chatiliez (Tatie Danielle), Philippe De Broca (Les Mille et une nuits), Jean-Jacques Annaud (L’Amant, IP 5 et Les Ailes du courage), Claude Zidi (Profil bas), Jean-Paul Rappeneau (Bon voyage), Cédric Kahn (L’Avion), Michel Ocelot (Azur et Asmar), Maïwenn (Le Bal des actrices), Jan Kounen (Coco Chanel & Igor Stravinsky), Christian Vincent (Les Saveurs du palais), Patrice Leconte (Une promesse) et Roschdy Zem (Chocolat). Il compose également de plus en plus pour des réalisateurs étrangers tels que Robert Altman (Beyond therapy et Vincent et Théo), Anthony Minghella (Le Patient anglais, Le Talentueux Mr. Ripley, Retour à Cold Mountain et Par effraction), Brad Silberling (La Cité des anges), Luis Mandoki (Une bouteille à la mer), Neil LaBute (Possession), Peter Chelsom (Shall we dance ?), Mikael Hafström (Chambre 1408), Paul Schrader (Adam resurrected), Mira Nair (Amelia), Angelina Jolie (Au pays du sang et du miel et Vue sur mer), Nikolaj Arcel (Royal affair), Xavier Dolan (Tom à la ferme et Juste la fin du monde – Grand prix du jury au dernier Festival de Cannes) et Terry George (The Promise). Gabriel Yared a été nommé trois fois à l’Oscar de la Meilleure musique originale pour ses trois premières collaborations avec Anthony Minghella. Il l’avait gagné en 1997 pour Le Patient anglais. Il a été nommé sept fois au César de la Meilleure musique originale et l’avait gagné en 1993 pour L’Amant.

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