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Test Blu-ray 4K Ultra HD : Gods of Egypt

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Gods of Egypt

États-Unis, Australie : 2016
Titre original : –
Réalisation : Alex Proyas
Scénario : Matt Sazama, Burk Sharpless
Acteurs : Nikolaj Coster-Waldau, Gerard Butler, Geoffrey Rush
Éditeur : M6 Vidéo
Durée : 2h07
Genre : Aventures, Fantasy
Date de sortie cinéma : 6 avril 2016
Date de sortie 4K : 2 juin 2026

Dans une époque ancestrale, les Dieux vivaient parmi les hommes et la paix régnait en Egypte. Mais Seth, Dieu du désert, assassine le roi et condamne Horus à l’exil, plongeant le royaume d’Egypte dans le chaos. C’est l’intervention d’un jeune voleur, Bek, qui va sortir Horus de sa prison. Ensemble, ils se lancent dans une aventure épique qui va donner lieu à une guerre sans précédent…

Le film

[3,5/5]

Formellement ambitieux, proposant au spectateur des idées scénaristiques folles et des séquences vraiment jamais vues (pas forcément toujours mises en images de la meilleure des façons cela dit !), Gods of Egypt est de ces films « fun » et 100% plaisir, nécessitant du spectateur qu’il lâche complètement prise et se laisse immerger par l’histoire telle qu’elle nous est racontée, sans recours excessif à la raison ou à la rationalité. Ce qui ne pose généralement pas le moindre problème dans la bande-dessinée, le comic-book ou l’animation est néanmoins plus difficile à admettre de la part des spectateurs de cinéma, qui ont facilement la dent dure à l’encontre de films proposant de les plonger dans des univers colorés et ouvertement fantaisistes : on pense notamment à Wild Wild West, John Carter ou encore Les trois mousquetaires 3D, souvent qualifiés de nanars par la critique internationale. Afin de tempérer l’ardeur de ces critiques un peu trop prompts à sortir les plumes acerbes, on aurait tendance à sourire en leur répétant juste le leitmotiv des dialogues du Grand saut des frères Coen : « You know… For kids ! ».

Évoquant un peu tous les films cités quelques lignes plus haut, avec également une petite touche de Terry Pratchett pour les délires galactiques autour des Dieux d’Égypte, le nouveau film d’Alex Proyas s’est donc royalement vautré au box-office américain, ne récoltant que 30 millions sur un budget pharaonique (ah ! ah ! ah !) de 140 millions de dollars. Quand on découvre Gods of Egypt, on se dit que cela n’est point étonnant du tout : trop fou, trop différent, trop brillant et trop coloré, le film était voué à diviser et à se vautrer suite à un bouche-à-oreille forcément catastrophique. Heureusement, l’exploitation du film dans le reste du monde et sa sortie en vidéo ont finalement permis à Gods of Egypt de rentrer dans ses frais, en récoltant au final un peu moins de 149 millions de dollars de recettes. En France, le film avait réuni presque 430.000 curieux dans les salles, même si l’accueil qui lui fut réservé par la presse fut très mitigé : le film fut qualifié de kitsch, de tape-à-l’œil, voire même de « nanar » par Télérama, mais quelques critiques ont lutté afin de réhabiliter les qualités du film sur les réseaux sociaux, ce qui amènerait même le réalisateur Alex Proyas à déclarer son amour de la France sur Facebook en avril 2016.

Sur critique-film, on ne considère Gods of Egypt ni comme le navet intersidéral qu’y voient les uns, ni comme le chef d’œuvre loué par les autres. On y voit plutôt un objet cinématographique mutant, un peu comme si un gamin surdoué avait mis la main sur un coffre rempli de jouets mythologiques et avait décidé de tout mélanger dans un élan d’enthousiasme incontrôlable. Dans cette perspective, le film d’Alex Proyas devient presque un manifeste en faveur du cinéma ludique, celui qui ne cherche pas à convaincre mais à émerveiller, quitte à trébucher parfois sur ses propres ambitions. Avec ses dieux géants, ses transformations improbables et ses envolées cosmiques, le film prend des allures de fresque dessinée au marqueur fluorescent sur un mur trop blanc : ça déborde, ça clignote, ça n’a pas peur du ridicule, et c’est précisément ce qui le rend attachant.

Ce qui frappe surtout, c’est la sincérité du geste. Gods of Egypt ne cherche jamais à se cacher derrière une ironie facile ou un cynisme de façade. Le film croit à son univers, à ses créatures, à ses temples suspendus dans le vide, et cette foi naïve finit par contaminer le spectateur qui accepte de jouer le jeu. On retrouve là un écho lointain du Proyas de Dark City, ce cinéaste qui aime construire des mondes entiers comme d’autres montent des maquettes, avec une précision parfois bancale mais toujours passionnée. Et même lorsque les effets spéciaux tirent un peu la langue (surtout remasterisés en 4K !), Gods of Egypt conserve cette énergie de grand spectacle qui refuse de s’excuser d’exister.

En prolongeant cette logique, on pourrait presque voir dans Gods of Egypt une réflexion involontaire sur la place du merveilleux dans un cinéma contemporain obsédé par le réalisme. Le film rappelle que l’imaginaire n’a pas besoin d’être « crédible » pour être puissant, et que la fantaisie peut encore être un terrain de jeu fertile lorsqu’elle est assumée sans retenue. En cela, Gods of Egypt rejoint cette famille de films mal aimés mais précieux, ceux qui osent trop, qui brillent trop, qui rêvent trop haut — et qui, pour cette raison même, méritent d’être défendus. On espère surtout qu’Alex Proyas, qui n’a signé depuis 2016 qu’une poignée de courts-métrages, pourra prochainement retrouver le chemin des studios pour donner vie à ses délires avec un nouveau long.

Le Blu-ray 4K Ultra HD

[4/5]

Après une première édition Blu-ray sortie en 2016, Gods of Egypt arrive enfin au format Blu-ray 4K Ultra HD, toujours sous les couleurs de M6 Vidéo. Si l’on en croit le site de référence IMDb, le film a été tourné en 6K, mais n’avait finalement bénéficié lors de sa sortie que d’un master 2K, ce qui limite forcément l’upgrade en termes de définition. Pour autant, ce Blu-ray 4K Ultra HD tire pleinement parti de son étalonnage HDR10, qui redonne un peu de majesté à l’univers démesuré imaginé par Alex Proyas. Les hautes lumières gagnent en éclat, notamment sur les armures dorées, les reflets métalliques et les ciels saturés qui composent ce monde hybride entre mythologie et jeu vidéo. Les contrastes, souvent mis à rude épreuve par les effets numériques omniprésents, s’avèrent mieux tenus que sur le Blu-ray, avec des rouges flamboyants, des noirs plus profonds et une lisibilité accrue dans les séquences nocturnes. Certes, la définition reste tributaire du DI 2K, mais le passage en HDR10 apporte une respiration visuelle bienvenue, donnant parfois l’impression que les textures numériques se stabilisent et gagnent en cohérence. On ne parle pas d’un miracle, mais d’un vrai petit coup de polish qui rend l’expérience plus agréable, plus homogène, et surtout plus proche de l’ambition visuelle initiale du film.

Côté son, Gods of Egypt en Blu-ray 4K Ultra HD nous est proposé dans des mixages VF et VO en DTS-HD Master Audio 7.1, tous deux particulièrement généreux en termes d’ampleur et de spatialisation. La version originale profite d’une dynamique légèrement plus large, notamment dans les scènes de transformation des dieux ou les affrontements titanesques, mais la version française s’avère également explosive : elle offre une présence frontale solide, des dialogues clairs et une gestion des effets arrière très convaincante. Les deux pistes exploitent efficacement les canaux surround, avec des déplacements précis et une scène sonore ample, presque enveloppante, qui sied parfaitement à ce blockbuster décomplexé. À noter également la présence de mixages VF et VO en DTS-HD Master Audio 2.0, utiles pour les installations plus modestes ou pour une écoute nocturne. Dans l’ensemble, Gods of Egypt bénéficie d’un traitement audio équilibré, puissant sans être agressif, et suffisamment détaillé pour mettre en valeur la démesure sonore voulue par Proyas.

Dans la section suppléments, le Blu-ray nous propose un ensemble très complet de featurettes thématiques. Ces featurettes forment un making of de 75 minutes environ, s’avèrent très intéressantes. On y revient pêle-mêle sur la conception des effets numériques et sur la création d’un monde vraiment très original, assez unique dans les blockbusters actuels, rappelant un peu le travail d’un Terry Gilliam par exemple, sur le choix des comédiens, les maquillages, les costumes, les lieux de tournage, l’expérience de tournage sur fond bleu, les cascades… Bref, c’est très complet et souvent vraiment passionnant, on sent les différents techniciens et artistes investis par leur tâche et vraiment motivés à tourner un film réellement différent de ce qui se fait généralement à Hollywood. On terminera avec deux scènes coupées sous forme de story-boards animés.

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