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15 films d’horreur inédits à découvrir sur Paramount+

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À chaque géant de la SVOD ses inédits, et Paramount+ ne fait pas exception. Si la plateforme est surtout identifiée pour ses franchises maison (Mission Impossible, Scream, Sans un bruit…), elle abrite aussi un petit territoire plus discret, presque clandestin : celui des films d’horreur jamais sortis en France, ni en salles, ni en vidéo. Des œuvres qui, il y a quinze, vingt ans, auraient fait le bonheur des vidéoclubs ou des amateurs de DTV, mais qui, de nos jours, n’auraient sans doute jamais traversé l’Atlantique sans un service de SVOD pour les accueillir.

Et c’est précisément ce qui les rend passionnants. L’horreur est un genre qui prospère dans les marges : budgets serrés, idées tordues, expérimentations formelles, coups de poker narratifs, le tout parfois même agrémenté de véritables éclats de génie. Dans cette sélection d’inédits de Paramount+, on trouve des slashers qui mordent plus fort que prévu, des folk horrors qui sentent la terre humide, des films de possession bricolés mais sincères, des créatures improbables, des scénarios qui partent en vrille, et des surprises qui rappellent pourquoi on aime tant se faire peur.

Dans ce catalogue, on croisera donc de tout, des réussites réjouissantes (Heart Eyes, Alma & le Loup…) aux tentatives plus fragiles (Vicious), en passant par les ratages totalement éclatés au sol (The Bayou). Mais d’une manière générale, on ne peut que se réjouir d’avoir accès à toute une gamme de curiosités qui méritent au moins un regard. Voici donc un tour d’horizon des films d’horreur inédits disponibles sur Paramount+ au printemps 2026 !

Credo

Royaume-Uni : 2008
Titre original : –
Réalisation : Toni Harman
Scénario : Alex Wakeford
Acteurs : Vanessa Zachos, Rhea Bailey, MyAnna Buring
Durée : 1h27
Genre : Horreur

Note : 3/5

Cinq amis se voient contraints de réévaluer leurs croyances lorsqu’ils sont piégés dans un bâtiment abandonné par un démon déterminé à les détruire…

Film d’horreur britannique à très petit budget, Credo a déjà presque vingt ans, mais n’a traversé la Manche qu’à l’automne 2025. Le film adopte une structure classique mais efficace : après s’être fait virer de leur logement, cinq colocataires se retrouvent à devoir squatter un bâtiment abandonné, mais quelque chose dans les murs de cet immeuble va s’en prendre à eux. Isolement, couloirs labyrinthiques, croyances occultes, tensions entre les protagonistes… L’ambiance est chargée, et le film fait le choix de ne proposer quasiment aucun effet horrifique : la force mystérieuse qui menace les personnages du film ne tue jamais directement. Elle manipule leurs perceptions, leur montre des visions, les pousse à affronter leurs peurs les plus profondes, jusqu’à les convaincre de se donner la mort. Visuellement, Credo assume son côté fauché : image granuleuse, éclairages minimalistes, ambiance nocturne permanente. Le film reste modeste, parfois maladroit, mais en misant davantage sur l’atmosphère et la suggestion que sur les effets spectaculaires, il fait preuve d’une vraie cohérence d’ambiance. À noter la présence au casting de l’excellente MyAnna Buring, vue dans The Descent, Doomsday ou encore Hyena….

Where the Skin lies

Royaume-Uni : 2017
Titre original : –
Réalisation : Michaël Boucherie
Scénario : Michaël Boucherie, David Boucherie
Acteurs : Tristan Beint, Amelia Bennett, Simon Rivers
Durée : 1h31
Genre : Horreur

Note : 3/5

Six personnes liées par une expérience traumatisante décident de terminer en beauté une année de thérapie de groupe. Ils se rejoignent une fois de plus et se rendent dans les Lowlands écossais pour un week-end de retrouvailles dans une location de vacances des années 1970. Bientôt, un certain nombre d’événements mystérieux et horribles commencent à révéler les failles de leurs relations, et un par un, ils découvrent que la confiance n’est que superficielle. Une nuit de fermeture s’avère bien plus définitive que ce à quoi ils auraient pu s’attendre…

Where the Skin lies est l’un des seuls de cette sélection à dater d’avant la période dite du « Grand Confinement », mais le fait est qu’il n’avait jamais été distribué chez nous en salles où en vidéo. Le film prend la forme d’un huis clos horrifique, dans lequel six patients d’un même groupe de thérapie se retrouvent dans un cottage des Lowlands. Alors bien sûr, comme dans tous les films jouant la carte de la réunion d’amis, des tensions enfouies et des secrets mal dissimulés referont surface, mais là ne se situe pas le cœur du film. En effet, dès ses premières minutes, un élément surnaturel fait son apparition, lié à des tatouages mystérieux en forme de « 6 » que tous les personnages se sont fait faire sans se concerter. Ces tatouages sont liés à leur passé commun, mais feront également office de compte à rebours vers un destin funeste, les chiffres se réduisant au fil de leurs tentatives pour sortir de la maison. Les tatouages font le compte de leurs « points de vie » : une fois arrivé à 0, on meurt. Passée la première victime, les tensions commencent évidemment à s’exacerber, l’élément surnaturel agissant comme un révélateur des failles du groupe. Les tensions sont encore amplifiées par le fait que les « points » peuvent être transférés d’une personne à une autre si elles se blessent une autre, ou l’amènent à se blesser. Si on pourra s’étonner du calme relatif conservé par les personnages en dépit des évènements, le récit, qui avance par petites touches, finira par nous révéler progressivement ce qui les lie vraiment les uns aux autres, jusqu’à un twist final nous permettra de comprendre que ce week-end ne pouvait que mal finir. Intéressant !

The Owners

Royaume-Uni : 2020
Titre original : –
Réalisation : Julius Berg
Scénario : Julius Berg
Acteurs : Maisie Williams, Rita Tushingham, Sylvester McCoy
Durée : 1h32
Genre : Horreur

Note : 4/5

Une jeune femme se retrouve au milieu d’une situation qui la dépasse après que son petit ami et le meilleur copain de ce dernier aient décidé de cambrioler une maison. Quand les propriétaires âgés de la villa reviennent plus tôt que prévu, les jeunes voleurs se livrent au jeu de chat et de souris car le couple semble moins gentil qu’il n’y paraît…

Comme son titre ne l’indique pas forcément, The Owners est adapté de la bande dessinée « Une nuit de pleine lune » signée Hermann et Yves H., et sortie en 2011. Le drame de ce film, tout comme du roman graphique dont il s’inspire d’ailleurs, est que le retournement de situation s’avérant la principale originalité de l’intrigue est largement éventé par tous les résumés que l’on peut en lire un peu partout sur le Net. De fait, il n’aura probablement échappé à personne que The Owners est un « Home Invasion » inversé, qui commence comme un cambriolage improvisé par un groupe de jeunes persuadés d’avoir trouvé une maison facile à dépouiller. Mais les propriétaires, un couple âgé en apparence inoffensif, se révéleront bien plus dangereux qu’eux… La surprise n’est donc pas tout à fait de la partie quand à mi-metrage, les rôles s’inversent : les cambrioleurs deviennent les proies, et la maison, avec ses pièces verrouillées et ses secrets, devient un gros piège mortel. Le couple de petits vieux, quant à lui, oscille entre fragilité feinte et cruauté méthodique. Pour autant, même en connaissant la direction dans laquelle il nous emmène, le film conserve une efficacité redoutable. Extrêmement brutal, développant une violence aussi radicale que glaçante, The Owners bascule progressivement vers le cauchemar, physique et psychologique. La tension la plus sourde y côtoie l’humour le plus noir, et au final, on a droit à une œuvre tendue, malsaine, qui joue sur la manipulation, la domination et la perte de contrôle, avec un dernier acte qui renforce sa tonalité cruelle.

Gliitch

France : 2023
Titre original : –
Réalisation : Hugo König
Scénario : Hugo König
Acteurs : Clarence Cassard, Lila Messiliti, Mariel-Louise Compain
Durée : 1h28
Genre : Horreur

Note : 2,5/5

Des vidéastes amateurs choisissent d’aller dans une forêt réputée hantée pour y tourner un film. Mais ce qu’ils vont y trouver va bientôt les dépasser…

Found footage français, Gliitch suit une petite équipe de vidéastes qui décide de tourner dans une forêt réputée hantée, perdue au milieu de nulle part. La forêt, un lac, des bâtisses abandonnées, une barque, une guide mystérieuse… Le film prend son temps, installe d’abord le côté “expédition entre potes”, puis glisse progressivement vers quelque chose de plus étrange, presque hallucinatoire, où l’on ne sait plus très bien si ce que l’on voit est “capté” ou “altéré”. Cette idée de dérèglement de l’image et du réel est d’autant plus claire que le film abandonne occasionnellement le found footage pour adopter une mise en images traditionnelle (avec musique et montage). De ce fait, Gliitch joue volontairement sur la désorientation et les zones d’ombre, notamment dans son dernier acte, certes chaotique mais comptant une poignée de scènes marquantes et donnant enfin l’impression que quelque chose se passe à l’écran.

Strange Darling

États-Unis : 2023
Titre original : –
Réalisation : JT Mollner
Scénario : JT Mollner
Acteurs : Willa Fitzgerald, Kyle Gallner, Madisen Beaty
Durée : 1h36
Genre : Thriller, Horreur

Note : 4,5/5

The Lady, une jeune femme joue au jeu mortel du chat et de la souris avec The Demon. L’histoire se déroule en 6 chapitres non linéaires, révélant les couches sombres de leur vie et de leur passé…

Un thriller horrifique nerveux, construit autour de la course poursuite entre une femme en fuite et un tueur qui la poursuit. Le film adopte une structure éclatée, mélangeant volontairement son découpage en chapitres, alternant les points de vue et les temporalités pour brouiller les certitudes du spectateur. La mise en scène est sèche, tendue, brutale, avec une violence qui surgit sans prévenir. Le film repose beaucoup sur son montage, qui recompose progressivement la vérité derrière la traque de l’héroïne. Pour autant, le montage alambiqué de Strange Darling n’est pas là pour camoufler un scénario trop simpliste ou linéaire : l’histoire et les rebondissements sont solides, mais le montage en mode aléatoire permet au film de maintenir un peu plus longtemps une des surprises du récit, et de maintenir pendant presque toute la durée du film le mystère sur l’identité réelle des protagonistes, présentés comme « The Lady » et « The Demon ». La tension et la violence qui règnent au cœur du film n’empêchent pas non plus à JT Mollner de nous livrer une poignée de séquences très amusantes, notamment celle mettant en scène les « montagnards ». Les deux acteurs principaux, Willa Fitzgerald et Kyle Gallner (Smile) sont assez exceptionnels, et parmi les seconds rôles, on notera la présence d’Ed Begley Jr. (Les Rues de feu) et de Barbara Hershey (Boxcar Bertha). Une œuvre coup de poing, stylisée, intense, qui joue autant sur la forme que sur le fond.

Bone Lake

États-Unis : 2024
Titre original : –
Réalisation : Mercedes Bryce Morgan
Scénario : Joshua Friedlander
Acteurs : Maddie Hasson, Marco Pigossi, Alex Roe
Durée : 1h34
Genre : Thriller, Horreur

Note : 3,5/5

Un couple, Sage et Diego, loue une belle maison isolée au bord d’un lac pour un week-end romantique. Ils voient ça comme un moment de détente et de renouveau avant de faire des changements importants dans leur vie. Mais dès leur arrivée, ils découvrent qu’un autre couple, Will et Cin a aussi réservé la maison. Plutôt que de renoncer, les deux couples décident de cohabiter le temps du séjour…

Si Bone Lake commence à la manière d’un slasher dégénéré, avec une scène d’ouverture bien gratinée nous montrant une flèche traversant une paire de couilles en gros plan, le film prend ensuite une direction très différente. Passée cette première séquence, le film prend en effet plutôt les atours d’un thriller horrifique et érotique, centré sur les relations entre deux couples réunis dans un manoir isolé. Le film prend soin d’installer une ambiance de malaise, où les frustrations sexuelles, les gestes ambigus et les regards insistants créent un certain trouble, renforcé par les pièces verrouillées du manoir, les secrets qu’elles renferment et les interactions de plus en plus étranges entre les protagonistes du film. Le récit glisse ensuite vers un jeu sanglant de sexe, de mensonges et de manipulation, le tout restant globalement ancré dans les relations toxiques et les révélations progressives, avant de basculer dans un troisième acte jouant clairement la carte de l’horreur frontale, monstrueusement gore et gentiment hystérique. Une proposition tordue, psychologique et complètement barrée, se terminant sur un plan mémorable.

Spin the Bottle

États-Unis : 2024
Titre original : –
Réalisation : Gavin Wiesen
Scénario : John Cregan
Acteurs : Ryan Whitney, Kaylee Bryant, Tony Amendola
Durée : 2h00
Genre : Horreur

Note : 3/5

Lorsqu’un groupe d’amis joue à « la bouteille » dans une maison marquée par un massacre brutal, ils libèrent sans le savoir un esprit maléfique et commencent à mourir de manière terrifiante. Désormais, les survivants doivent rester unis pour découvrir les sombres secrets de la maison et mettre fin à l’effusion du sang…

Variation horrifique sur le thème du fameux jeu adolescent du « bottle flip », avec la bouteille qui tourne, qui tourne… Et la situation qui tourne au drame. Le film commence comme une soirée banale entre lycéens, avec ses jalousies, ses non‑dits et ses humiliations à peine voilées, avant que rapidement, chaque nouveau tour de bouteille déclenche un événement de plus en plus violent. Film d’horreur à « concept » à la Action ou vérité, Spin the Bottle joue sur la dynamique de groupe : les alliances se font et se défont, les rancœurs enfouies remontent, et même si le déroulement du film s’avère extrêmement classique et balisé, il se laisse suivre sans déplaisir. Avec son scope très écrasé et ses effets de montage rappelant Easy Rider, le film cherche à se créer une personnalité au-delà de la simple efficacité, et s’impose au final comme une petite série B honnête. À noter la présence au casting d’Ali Larter et Justin Long.

L’Appartement 7A

États-Unis : 2024
Titre original : Apartment 7A
Réalisation : Natalie Erika James
Scénario : Natalie Erika James, Christian White
Acteurs : Julia Garner, Dianne Wiest, Jim Sturgess
Durée : 1h44
Genre : Horreur

Note : 3,5/5

New York, 1965. Une jeune danseuse confrontée à une grave blessure se retrouve entraînée par des forces obscures lorsqu’un couple de personnes âgées étrange et influent lui promet gloire et célébrité…

L’Appartement 7A est un film d’horreur psychologique réalisé et coécrit par Natalie Erika James, conçu comme un préquel officiel de Rosemary’s Baby. Le film se déroule bien entendu à New York, en 1965, et comme dans le classique de Roman Polanski, il suit une jeune femme (Julia Garner) se voyant manipulée psychologiquement et physiquement par un couple de petits vieux habitant dans son immeuble. Le film ne fait pas de mystère autour du fait que l’héroïne sera le premier “vaisseau” sacrificiel du culte satanique, avant que Rosemary ne prenne sa place trois ans plus tard. Le film adopte une esthétique rétro, avec une mise en scène qui évoque le cinéma des années 60‑70 : couleurs désaturées, cadrages anxiogènes, paranoïa rampante… L’horreur est plus suggestive que frontale, jouant sur la fragilité mentale de l’héroïne et sur l’emprise de la communauté qui la manipule. La montée en tension est lente, centrée sur la perte de contrôle du corps et du destin, mais le film comporte tout de même son lot de visions cauchemardesques et de séquences vraiment réussies. L’ensemble est de plus tout à fait cohérent avec ce que l’on sait du personnage dans le film de 1968. Une proposition élégante, atmosphérique, qui renoue avec l’esprit du film de Polanski sans en faire une simple imitation. À noter la présence au casting de Dianne Wiest et Kevin McNally (surtout connu pour son rôle de Gibbs dans la saga Pirates des Caraïbes), dans la peau des époux Castevet. Ils étaient incarnés par Ruth Gordon et Sidney Blackmer dans Rosemary’s Baby.

Fear Below – Plongée sous pression

Australie : 2025
Titre original : Fear Below
Réalisation : Matthew Holmes
Scénario : Matthew Holmes
Acteurs : Hermione Corfield, Jake Ryan, Josh McConville
Durée : 1h25
Genre : Horreur

Note : 3/5

Australie, 1940. Une équipe de plongeurs professionnels est embauchée pour retrouver une voiture immergée au fond d’une rivière, qui se trouve aussi être la maison d’un requin-bouledogue particulièrement dangereux. Quand les plongeurs découvrent que leurs employeurs sont des criminels sans pitié à la recherche de lingots d’or volés, leur situation se complique encore…

A la découverte de l’affiche du film, on pourrait croire que Fear Below est un produit calibré “Nu Image / Asylum / requin en CGI fluo”… Mais il joue finalement une toute autre partition. Film d’horreur australien qui prend tout le monde à revers, Fear Below n’a en effet rien du “shark movie” industriel façon Nu Image ou Syfy. Pas de mégalodon en CGI, pas de surenchère numérique, pas de second degré involontaire : le film choisit au contraire une approche période + atmosphère, en situant son récit dans les années 40, dans un pays appauvri par la guerre. L’intrigue suit une petite équipe de plongeurs chargée de récupérer des caisses d’or appartenant à des gangsters au fond d’une rivière. Film de personnages, habile et plutôt bien écrit, le film compense son manque de budget en jouant sur la tension, la claustrophobie et la peur de l’invisible : alors certes, on ne voit quasiment pas le requin, mais le film fonctionne bien ainsi. De plus, l’esthétique et les technologies d’époque (scaphandres lourds, communication limitée) permettent au film d’éviter les facilités modernes et renforcent son originalité. Intéressant !

Alma et le loup

États-Unis : 2025
Titre original : Alma and the Wolf
Réalisation : Michael Patrick Jann
Scénario : Abby Miller
Acteurs : Ethan Embry, Li Jun Li, Mather Zickel
Durée : 1h24
Genre : Horreur

Note : 4,5/5

Après une violente attaque par un animal, la paranoïa s’installe à Spiral Creek. Mais quand le shérif adjoint Ren Accord s’en rapproche trop, son fils disparaît, et la réalité commence à se fissurer…

Film fantastique aux allures de conte horrifique, Alma et le loup s’impose d’entrée de jeu, dès ses premières minutes, grâce à une série de personnages attachants et à des dialogues extrêmement soignés. Le film s’articule autour de Ren et Murphy, deux flics avec un sacré penchant pour l’alcool, et d’Alma, une femme dont le chien aurait été bouffé par un loup, dans la petite ville de Spiral Creek. Très vite, le film commencera à multiplier les évènements et apparitions étranges, le tout semblant lié à une ancienne légende locale. La force du film réside dans son ambiance : multipliant les visions surréalistes à base de boucs et de loup-garou, toujours sur le fil entre le réel et le cauchemar éveillé, le film mélange drame intime et fantastique, avec pas mal d’humour et une approche de l’horreur à la fois émotionnelle et occasionnellement gore. Le loup, qu’il soit réel ou métaphorique, y est le symbole d’un passé que l’on tente d’enterrer, mais qui continue de rôder. Alma et le loup est une belle réussite d’œuvre atmosphérique, originale, inattendue, mélangeant l’horreur frontale à une certaine poésie sombre.

Vicious

États-Unis : 2025
Titre original : –
Réalisation : Bryan Bertino
Scénario : Bryan Bertino
Acteurs : Dakota Fanning, Rachel Blanchard, Mary McCormack
Durée : 1h38
Genre : Horreur

Note : 3,5/5

Polly reçoit une mystérieuse boîte d’un visiteur surprise, tard dans la soirée, accompagnée d’une consigne : y placer une chose dont elle a besoin, une chose qu’elle déteste et une chose qu’elle aime. Ce rituel étrange se transforme vite en cauchemar, et Polly se retrouve confrontée à une série de choix impossibles. Alors que le temps s’écoule, elle doit affronter les ténèbres, non seulement autour d’elle, mais aussi en elle, avant qu’elles ne consument tout, y compris ceux qu’elle aime…

Vicious est un film d’horreur psychologique et atmosphérique écrit et réalisé par Bryan Bertino (The Strangers), avec Dakota Fanning dans un rôle quasi‑solo. Le film suit Polly, une jeune femme un peu paumée dans sa vie. Un soir, une vieille femme frappe à sa porte et lui remet un petit coffret noir contenant un sablier, en lui annonçant froidement qu’elle va mourir cette nuit. Passée cette entame, le film bascule dans un huis clos nocturne où Polly est confrontée à une entité invisible qui lui impose trois sacrifices à déposer dans la boîte : une chose qu’elle déteste, une chose essentielle, et une chose qu’elle aime. À partir de là, Vicious devient une descente aux enfers intime, où Polly doit affronter ses traumatismes, ses regrets et ses contradictions. Le film joue sur la répétition, la confusion mentale, les hallucinations, et une menace qui semble omniprésente sans jamais se montrer clairement. Comme tous les films de Bryan Bertino, Vicious laisse l’horreur et la bizarrerie s’insinuer dans le quotidien, et joue essentiellement sur la vulnérabilité émotionnelle et la solitude extrême du personnage principal. Quasiment seule à l’écran pendant les trois quarts du film, Dakota Fanning s’avère vraiment impeccable dans la peau de Polly. Elle porte littéralement sur ses épaules la réussite du film, qui ressemble à un cauchemar cyclique, où chaque tentative de s’échapper aggrave la situation.

Rob1n

Royaume-Uni : 2025
Titre original : The Companion
Réalisation : Lawrence Fowler
Scénario : Lawrence Fowler
Acteurs : Leona Clarke, Michaela McCormick, Victor Mellors
Durée : 1h32
Genre : Science-fiction, Horreur

Note : 2/5

Après la perte de son fils de 11 ans, un expert en robotique tente de se consoler en concevant Robin, une poupée robotique entièrement fonctionnelle. Mais une série d’événements terrifiants révèle bientôt que Robin est prêt à tout pour garder son créateur rien que pour lui…

Pour ceux qui ne l’auraient pas compris, Rob1n est une série B horrifique évoquant sans vergogne le techno-thriller M3gan. L’histoire nous présente Aiden, un vieux monsieur qui, 34 ans après la mort de son fils, alors âgé de 11 ans, a mis à profit ses talents d’expert en robotique afin de construire Robin, une poupée androïde conçue pour reproduire l’enfant disparu. Cela serait mignon tout plein si la séquence d’ouverture nous avait pas montré que le petit ange disparu était en réalité un vrai psychopathe, s’étant fait flinguer le jour de son anniversaire après avoir massacré ses invités et assassiné sa mère. De fait, il semble bien que le robot reprenne le flambeau de son modèle, tentant d’éliminer toute personne perçue comme une menace pour son créateur : le chat, l’infirmière, et même ce petit fumier de neveu qui réapparaît dans la vie d’Aiden pour essayer de mettre la main sur son coffre fort. Visuellement, Rob1n prête régulièrement à sourire, principalement en raison de la poupée animatronique au centre du film : mouvements limités, visage figé… Le robot ne parle pas, bouge à peine, seuls ses yeux vont vaguement de gauche à droite. En deux mots comme en cent, il semble moins sophistiqué que n’importe quelle peluche électronique VTech, et s’avère assez grotesque, même si son apparence “cheap” ajoute parfois au film une forme d’étrangeté involontaire. Rob1n compense en partie par des meurtres graphiques parfois inventifs ; pour autant, le rythme de l’ensemble demeure très lent, et il faudra attendre les dix dernières minutes du film pour enfin avoir droit à une ou deux petites choses qu’on n’avait pas vues venir.

Heart Eyes

États-Unis, Nouvelle-Zélande : 2025
Titre original : –
Réalisation : Josh Ruben
Scénario : Phillip Murphy, Christopher Landon, Michael Kennedy
Acteurs : Olivia Holt, Mason Gooding, Devon Sawa
Durée : 1h37
Genre : Horreur, Comédie

Note : 4/5

Lorsqu’un insaisissable tueur avec un masque aux yeux en forme de cœur frappe Seattle, deux collègues qui font des heures supplémentaires le jour de la Saint-Valentin sont pris pour un couple par le tueur chasseur de couples. Pour espérer survivre, ils vont devoir fuir, et ce pendant la nuit la plus romantique de l’année…

Le slasher 2.0 par excellence : influenceurs, applis de rencontre, narcissisme algorithmique… et un tueur masqué qui tranche dans le vif. Heart Eyes détourne les codes du genre pour les injecter dans l’écosystème numérique contemporain, avec un humour noir assumé et une brutalité réjouissante. Drôle, rythmé et malin, le film joue la carte de la satire, de la surenchère gore, avec des personnages volontairement insupportables et une mise en scène qui s’amuse à dynamiter les attentes. C’est méchant, barré, mais on rit beaucoup et on se dit que ça aurait clairement mérité une sortie dans les salles. À noter la présence au casting de Devon Sawa et Jordana Brewster, qui incarnent les inspecteurs Hobbs et Shaw (sic).

The Bayou

Royaume-Uni : 2025
Titre original : Gator Creek
Réalisation : Taneli Mustonen, Brad Watson
Scénario : Ashley Holberry, Gavin Cosmo Mehrtens
Acteurs : Elisha Applebaum, Athena Strates, Madalena Aragão
Durée : 1h27
Genre : Horreur

Note : 2/5

Kyle et ses amis se rendent dans le bayou de Louisiane pour disperser les cendres de son frère, mais leur avion s’écrase dans le marais. Coincés, ils découvrent que la zone est contaminée par des produits chimiques toxiques provenant d’un laboratoire de méthamphétamine voisin, qui ont muté les alligators en prédateurs agressifs. Le groupe doit lutter pour survivre, tout en tentant de s’échapper…

Sur le papier, The Bayou nous promettait un survival moite et intense : un groupe de survivants paniqués, des marécages hostiles, une menace tapie dans l’eau stagnante, et un folklore local qui laisse espérer un alligator balafré prêt à bouffer tout le monde. Le film tente de jouer la carte du cauchemar sudiste, mais dans les faits, l’ensemble ressemble davantage à un patchwork de bonnes intentions mal assemblées. Le film souffre de son manque de budget manifeste, s’embourbe dans un rythme très mal géré, et finit par se diluer dans son propre marécage, sans jamais se révéler convaincant. Mais c’est aussi ça, les inédits : des prototypes, des tentatives, des films qui n’auraient jamais trouvé leur place ailleurs. Et parfois, c’est fascinant pour de mauvaises raisons — ce qui, en horreur, est déjà une forme de plaisir.

Tous les démons sont ici

États-Unis, Royaume-Uni : 2025
Titre original : All the Devils are Here
Réalisation : Barnaby Roper
Scénario : John Patrick Dover
Acteurs : Sam Claflin, Eddie Marsan, Burn Gorman
Durée : 1h27
Genre : Thriller, Horreur

Note : 3,5/5

Après un braquage audacieux, quatre criminels s’exilent dans une planque isolée au cœur de la campagne anglaise. Alors que l’attente des ordres se prolonge, la paranoïa s’installe et la menace la plus dangereuse paraît surgir… non pas de l’extérieur, mais bien de l’intérieur de leur groupe…

Huis clos criminel paranoïaque, Tous les démons sont ici suit quatre braqueurs réfugiés dans une maison isolée après un casse, au fin fond de la campagne anglaise. Si le récit évolue à priori loin de toute dimension surnaturelle ou fantastique, Barnaby Roper utilise néanmoins les codes du film d’horreur afin de mettre en évidence la tension psychologique constante entre les quatre protagonistes. Le film repose entièrement sur la cohabitation forcée entre ces quatre personnages, avec des rapports de force qui se déplacent en permanence. De ce fait, ce qui devait être une simple attente devient un jeu de suspicion, où chacun commence à douter de la loyauté des autres. Les conversations s’enveniment, les alliances se font et se défont, et la maison devient un espace clos où la moindre parole peut déclencher une explosion de violence. Les quatre acteurs (Eddie Marsan, Sam Claflin, Burn Gorman et Tienne Simon) sont exceptionnels et portent totalement le film sur leurs épaules, jusqu’à un final inattendu et abrupt qui fait subitement basculer Tous les démons sont ici aux limites du mystique.

Paramount+ ne propose certes pas une flopée de films d’horreur inédits, mais ceux qui sont là ont pour la plupart une vraie personnalité, et à priori, l’offre que nous propose le service est sujette à être régulièrement renouvelée – ce qui nous permettra peut-être de vous proposer un nouveau dossier dans un avenir proche. Pour l’heure, pour l’arrivée des beaux jours, ce qui nous est proposé ici compose un catalogue modeste mais unique, qui rappelle que l’horreur vit aussi — et surtout — dans les marges. Et que parfois, les meilleures surprises viennent de films dont on n’attendait rien…

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