C’était mieux demain
France, Belgique : 2025
Titre original : –
Réalisation : Vinciane Millereau
Scénario : Vinciane Millereau, Julien Lambroschini
Acteurs : Elsa Zylberstein, Didier Bourdon, Mathilde Le Borgne
Éditeur : UGC
Durée : 1h43
Genre : Comédie, Fantastique
Date de sortie cinéma : 8 octobre 2025
Date de sortie DVD/BR : 14 février 2026
Dans une petite bourgade française, Hélène, Michel, et leurs deux enfants, coulent des jours heureux dans l’insouciance des années 1950. Soudainement propulsés en 2025, le couple découvre un monde moderne à l’opposé de celui qu’ils connaissent. Pour Hélène, qui a toujours vécu comme il se doit dans l’ombre de l’époux, c’est une révolution. Mais, pour Michel, qui voit ses privilèges d’Homme voler en éclat, c’est un cataclysme. Entre vent nouveau et parfum d’antan, ce voyage dans le temps ne sera pas de tout repos…
Le film
[3,5/5]
C’était mieux demain s’inscrit dans cette longue lignée de comédies françaises qui, depuis un peu plus de vingt ans, triturent les relations parents / enfants, les familles recomposées, les beaux parents encombrants et les relations hommes / femmes à base de couples qui se demandent s’ils ont raté une mise à jour. Avec son pitch de départ en mode science-fiction light, le film de Vinciane Millereau joue avec ces codes, utilisant un portail temporel menant de 1958 à 2025 comme un moyen de confronter tout à la fois les sexes et les générations. Ces thématiques, déjà au cœur de films de « Body swapping » made in France tels que L’un dans l’autre ou Le Sens de la famille, trouvent ici une variation rétro futuriste qui permet au film de parler du présent en le regardant depuis les yeux d’Eric Zemmour un passé qui n’a jamais connu les réseaux sociaux, Netflix, l’IA générative ou les élections en continu.
C’était mieux demain s’ouvre donc comme une porte mal huilée entre deux époques, et cette porte grince avec une tendresse presque contagieuse. Le voyage temporel n’y est pas conçu comme un simple gadget scénaristique, mais comme un révélateur. Les personnages, propulsés de 1958 à 2025, se retrouvent face à un monde où les mœurs ont muté plus vite qu’un smartphone en attente de mise à jour. Les vêtements, les gestes, les mots — tout devient signe. Le film observe avec une douceur amusée la manière dont les corps s’adaptent (ou pas) à une époque où l’on parle climat, mobilité, égalité, football et réseaux sociaux dans la même phrase sans respirer. Cette collision entre les années 50 et aujourd’hui crée un terrain fertile pour une réflexion sur la transmission, la mémoire et la façon dont chaque génération croit détenir la vérité, avant de se rendre compte qu’elle n’a même pas lu les conditions d’utilisation du monde.
De fait, C’était mieux demain nous propose, l’air de rien, une réflexion sur la vitesse du monde. Le film rejoint ainsi une comédie telle que La Belle Époque, dans le sens où cette dernière utilisait déjà le passé comme miroir déformant du présent. Ici, la confrontation entre les valeurs de 1958 et celles de 2025 permet d’interroger la notion même de progrès. Le film souligne également le fait que la technologie n’est plus seulement un outil, mais est devenue un langage, et que ceux qui ne le parlent pas se retrouvent exilés, comme des vestiges du passé. A ce titre, C’était mieux demain s’amuse par moments aussi à détourner les codes visuels de la comédie : les cadres légèrement décentrés, les couleurs qui oscillent entre le sépia nostalgique et le néon moderne, les mouvements de caméra qui glissent comme un patineur hésitant… Tout cela raconte la désorientation des personnages, même si bien sûr le film reste toujours solidement ancré sur les rails de la comédie populaire.
Du côté des acteurs, on ne pourra en revanche que saluer la performance d’Elsa Zylberstein, qui apporte une chaleur particulière à l’intrigue de C’était mieux demain. L’actrice navigue entre naïveté d’époque et lucidité contemporaine avec une précision presque musicale. Son regard, souvent perdu mais jamais vide, devient le fil conducteur émotionnel du film. Elsa Zylberstein semble d’ailleurs avoir de la suite dans les idées, puisque son personnage et les enjeux qu’il développe sont finalement assez similaires à celui qu’elle interprétait déjà, quelques mois auparavant, dans Natacha (presque) hôtesse de l’air. Didier Bourdon, en contrepoint, offre une présence plus terrienne, plus bourrue, qui équilibre parfaitement le duo. Leur alchimie donne à C’était mieux demain une humanité rare dans les comédies temporelles, et c’est peut-être là que le film touche le plus juste : dans cette manière de rappeler que, malgré les décennies, les technologies et les modes, les relations humaines restent le seul terrain où le temps ne gagne jamais vraiment.
Le Blu-ray
[4/5]
Après avoir réuni presque 890.000 français dans les salles obscures, C’était mieux demain arrive au format Blu-ray sous les couleurs d’UGC, dans un boîtier simple, au visuel plutôt sage, presque trop discret pour un film qui joue justement sur le contraste entre les époques. Côté image, le Blu-ray surprend agréablement. Le master restitue avec précision les variations chromatiques voulues par la réalisatrice : les teintes rétro des scènes de 1958 conservent leur grain doux, tandis que les séquences contemporaines affichent une netteté plus clinique. Les détails sur les costumes, notamment les tissus d’époque, ressortent avec une finesse appréciable. Quelques plans nocturnes montrent un léger bruit vidéo, mais rien qui ne vienne gâcher l’expérience. Du côté des pistes sonores, on aura droit à deux mixages : le premier en DTS-HD Master Audio 5.1, le second en DTS-HD Master Audio 2.0. Le 5.1 offre une spatialisation modérée mais efficace, surtout dans les scènes urbaines où les bruits de circulation et de foule enveloppent subtilement le spectateur. Les dialogues restent clairs et bien centrés. La version stéréo, naturellement plus frontale, conviendra aux installations plus simples, avec une restitution propre et équilibrée. Les deux pistes respectent l’esprit du film : pas d’esbroufe, mais une présence sonore chaleureuse. Pas de bonus.





















