
Le réalisateur américain Mark Rydell est décédé avant-hier à Los Angeles. Il était âgé de 97 ans. De sa carrière plutôt sporadique, riche de seulement une dizaine de films entre 1967 et 2006, on retiendra surtout son film le plus populaire, le drame de vieillesse La Maison du lac, qui avait valu respectivement à ses vedettes Katharine Hepburn et Henry Fonda l’Oscar de la Meilleure actrice et du Meilleur acteur en 1982.
Or, Rydell avait tourné son film peut-être le plus vif et percutant juste avant : le portrait à fleur de peau d’une chanteuse The Rose dans lequel Bette Midler avait brillé dans son premier rôle au cinéma. En parallèle de son travail derrière la caméra, Rydell avait parfois accepté des rôles de comédien, notamment dans Le Privé de Robert Altman.

C’est également en tant qu’acteur que Mark Rydell avait fait ses premiers pas dans le monde du cinéma. Ce fut à une époque lointaine, aux balbutiements de la télévision au début des années 1950. Alors qu’il apparaissait dans de nombreuses séries pendant une dizaine d’années, il n’avait qu’un seul titre de film sur son CV – quoique pas des moindres – avant son passage à la mise en scène. En effet, dans le drame social Face au crime de Don Siegel, il partageait l’affiche en 1956 avec John Cassavetes et Sal Mineo. Son autre rôle mémorable devant la caméra n’allait intervenir qu’une vingtaine d’années plus tard, sa carrière de réalisateur ayant pris son envol entre-temps, dans le polar par excellence de Robert Altman Le Privé en 1973.
Plus tard, Rydell n’avait que très rarement joué pour d’autres cinéastes, par exemple pour Sydney Pollack (Havana) et Woody Allen (Hollywood Ending).

Avant de tourner son premier film en tant que réalisateur en 1967, Le Renard avec Sandy Dennis et Keir Dullea, Mark Rydell s’était d’ores et déjà exercé à la télévision depuis cinq ans. Ses films suivants avaient rencontré un certain succès, Les Reivers avec Steve McQueen, Les Cow-boys avec John Wayne et Permission d’aimer avec Marsha Mason. Mais son cinquième long-métrage, Deux farfelus à New York avec James Caan et Elliott Gould, avait été un cuisant échec. Qu’à cela ne tienne, Rydell allait brillamment rebondir en 1979 grâce à The Rose, d’emblée le meilleur rôle dramatique de Bette Midler, connue jusque là uniquement en tant que comique.
Or, c’est avant tout pour son film suivant que la postérité allait – tant soit peu – se souvenir de lui. En 1981, La Maison du lac faisait plutôt exception dans un paysage cinématographique dominé cette année-là par des films comme Les Aventuriers de l’arche perdue de Steven Spielberg, Les Chariots de feu de Hugh Hudson et Reds de Warren Beatty. Pourtant, ce drame intimiste sur un couple de vieux, campé par Katharine Hepburn et Henry Fonda dans leurs ultimes rôles majeurs, qui retourne un dernier été dans leur résidence secondaire allait remporter un succès commercial hors pair. Ainsi, au box-office américain, il allait rapporter près de 120 millions de dollars – en valeur ajustée pour inflation l’équivalent en 2026 serait près de 420 millions de dollars ! – et être nommé à dix reprises aux Oscars en 1982.

Fort d’un tel succès, on aurait pu supposer que Mark Rydell allait tourner sans relâche au cours des années ‘80, non ? Rien de tel, puisqu’il allait réaliser un seul autre film pendant la décennie, le drame écologique La Rivière avec Mel Gibson et Sissy Spacek. Les années ‘90 n’allaient guère se montrer plus prolifiques pour Rydell, puisqu’elles n’étaient ponctuées que de deux autres films : ses retrouvailles avec Bette Midler pour For the Boys Hier aujourd’hui et pour toujours et l’assez mal reçu Intersection avec Richard Gere et Sharon Stone, le remake américain en 1994 du classique de Claude Sautet Les Choses de la vie avec Michel Piccoli et Romy Schneider.
Après une dernière incursion sur le petit écran par voie de la biographie filmique « Il était une fois James Dean » qui allait lancer en 2001 la carrière en dents de scie de James Franco, Mark Rydell avait réalisé son dernier film Even Money avec Kim Basinger et Forest Whitaker en 2006. Il n’est jamais sorti sur les écrans de cinéma en France, ni ailleurs dans le monde, une sortie limitée aux États-Unis mise à part.

Mark Rydell a été nommé à l’Oscar du Meilleur réalisateur en 1982 pour La Maison du lac. Le même film lui avait valu des nominations comme Meilleur réalisateur aux BAFTAs et chez ses confrères de la Directors Guild of America. L’année précédente, en 1981 donc, The Rose avait été nommé au César du Meilleur Film étranger qu’il avait perdu à Kagemusha L’Ombre du guerrier de Akira Kurosawa.
Pour son travail à la télévision, Mark Rydell a été nommé à trois reprises à l’Emmy. En tant que Meilleur réalisateur d’un téléfilm ou d’une mini-série pour « Le Crime du siècle » avec Stephen Rea et Isabella Rossellini en 1997 et pour « Il était une fois James Dean » en 2002, ainsi que comme producteur de ce dernier, nommé comme Meilleur téléfilm.
















