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Test Blu-ray 4K Ultra HD : Mars Attacks! – Édition Collector Limitée 30ème Anniversaire

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Mars Attacks!

États-Unis : 1996
Titre original : –
Réalisation : Tim Burton
Scénario : Jonathan Gems
Acteurs : Jack Nicholson, Glenn Close, Pierce Brosnan
Éditeur : Warner Bros.
Durée : 1h46
Genre : Science-Fiction, Comédie
Date de sortie cinéma : 26 février 1997
Date de sortie DVD/BR/4K : 19 août 2026

Effervescence sur la planète Terre. Les petits bonshommes verts ont enfin décidé de nous rendre visite. Ils sont sur le point d’atterrir dans leurs rutilantes soucoupes. La fièvre des grands jours s’empare de l’Amérique dans une comédie de science-fiction nostalgique des années cinquante…

Le film

[4/5]

Quelques mois à peine après le phénomène Independence Day, qui écrasa le monde entier avec son invasion alien beaucoup trop premier degré, les Martiens de Mars Attacks! ont débarqué avec leurs soucoupes volantes old school, leurs gros cerveaux verts comme des salades de laboratoire et sa galerie d’Américains suffisamment sûrs d’eux pour expliquer à des extraterrestres qu’ils devraient être gentils. Le problème, évidemment, c’est que les Martiens de Tim Burton n’ont pas lu le manuel du savoir-vivre de Mme de Rothschild : le cinéaste de Burbank transformait ainsi l’invasion extraterrestre en une gigantesque fête foraine sous acide – mais une fête foraine dont les attractions principales seraient la Maison-Blanche, Las Vegas, le Pentagone et quelques centaines de figurants promis à une vaporisation instantanée. Mars Attacks! puisait son inspiration dans les cartes à collectionner Topps de 1962, elles-mêmes héritières de la science-fiction populaire, des comics et de cette imagerie atomique où l’Amérique contemplait avec fascination la possibilité très concrète de finir en tas de cendres. Là où Roland Emmerich construisait une mythologie héroïque et patriotique, Tim Burton prenait quant à lui la bannière étoilée à bout de bras, lui faisait faire trois tours sur elle-même et l’envoyait directement dans le broyeur. La plaisanterie n’est donc pas seulement dirigée contre les films de science-fiction des années 1950. Mars Attacks! se moque aussi d’une société persuadée que son pouvoir, son argent, sa technologie et ses beaux discours devraient forcément fonctionner sur tout le monde, y compris sur des créatures venues d’une planète située à des millions de kilomètres.

Cette mécanique devient particulièrement réjouissante lorsque Mars Attacks! observe les différentes strates de la société américaine comme autant de petites planètes condamnées à entrer en collision. Le président James Dale veut négocier, le général Decker veut bombarder, le professeur Donald Kessler veut comprendre, les médias veulent du spectacle et les citoyens veulent surtout savoir si les Martiens ont prévu quelque chose pour le programme télé du soir. Personne n’est véritablement stupide, mais chacun est prisonnier de son propre système de pensée. Tim Burton ne cherche donc pas à opposer les intelligents aux idiots : il montre plutôt une humanité incapable de concevoir l’inconnu autrement qu’à travers ses propres réflexes. Le pacifisme devient communication politique, la science devient une affaire de prestige, l’armée répond à l’incompréhensible par une ogive nucléaire et la télévision transforme une catastrophe planétaire en programme de divertissement. Même le président, joué par un Jack Nicholson délicieusement cabotin, semble davantage préoccupé par la bonne formulation de son discours que par la survie de son pays. Mars Attacks! retrouve ici quelque chose de Docteur Folamour, mais aussi de Plan 9 from Outer Space ou des vieux films d’invasion qui voyaient derrière les soucoupes volantes une inquiétude beaucoup plus terrestre : la peur de l’Autre, la paranoïa technologique et la fragilité d’un monde persuadé de contrôler son propre destin. Le film pousse simplement le bouton « ridicule » jusqu’à ce que le voyant explose.

Visuellement, Mars Attacks! constitue probablement l’un des objets les plus joyeusement déglingués de la filmographie de Tim Burton. Peter Suschitzky photographie cette Amérique avec des couleurs volontairement artificielles, des rouges éclatants, des verts radioactifs, des bleus électriques et des intérieurs qui semblent avoir été dessinés par quelqu’un ayant passé une nuit blanche devant des affiches de science-fiction des années 1950. La photographie épouse ainsi parfaitement le principe du film : le monde paraît familier, mais quelque chose cloche constamment. Les décors de Wynn Thomas, les costumes de Colleen Atwood et surtout le design des Martiens prolongent directement l’esthétique des cartes Topps de Norman Saunders et Wally Wood. Même les effets numériques, aujourd’hui forcément marqués par leur époque, participent à cette étrangeté. Les Martiens ne cherchent pas à être réalistes : ils sont volontairement faux, raides, caoutchouteux et grotesques, avec leurs énormes crânes et leurs yeux globuleux. Et c’est précisément ce qui leur permet de rester aussi drôles. Trente ans après sa sortie dans les salles, force est de constater que Mars Attacks! ne vieillit pas comme un film qui aurait raté son pari technique, mais comme une bande dessinée qui aurait été branchée sur le secteur. Les rayons désintégrateurs, les explosions et les corps réduits en squelettes lumineux prolongent le langage graphique du film jusque dans la violence. Tout est excessif parce que tout est pensé comme une image de carte à collectionner : une catastrophe doit être immédiatement lisible, spectaculaire et légèrement grotesque. Même le fameux « Ak Ak Ak » des Martiens participe à cette logique. Le langage devient bruit, le bruit devient menace et la menace devient gag. Il y a quelque chose de presque enfantin dans cette manière de transformer la destruction du monde en langage universel du cartoon.

Et puis Mars Attacks! possède cette qualité assez rare qui consiste à refuser obstinément de devenir sympathique au sens classique du terme. Tim Burton massacre ses personnages avec une égalité démocratique admirable : politiciens, militaires, scientifiques, journalistes, vedettes, milliardaires, vedettes de télévision et simples citoyens passent tous dans le même gigantesque grille-pain cosmique. Quelques personnages échappent toutefois à cette folie, notamment Taffy Dale et la famille Williams, dont la présence introduit une forme de simplicité humaine dans ce carnaval de vanités. La résolution, surtout, est un formidable pied de nez aux récits hollywoodiens où la civilisation triomphe grâce à une arme secrète élaborée dans un laboratoire militaire. Ici, l’humanité est sauvée par Slim Whitman et son « Indian Love Call ». La technologie extraterrestre la plus avancée de l’univers se révèle incapable de résister à une chanson country. Il fallait tout le mauvais goût délicieux de Mars Attacks! pour faire d’une vieille mélodie le bouton « extinction » de l’Armée martienne. Derrière cette absurdité se cache pourtant une idée assez jolie : l’humanité ne survit pas grâce à sa supériorité, mais grâce à quelque chose qu’elle ne considère même plus comme une arme. Après avoir passé tout le film à brandir missiles, discours, dollars et gadgets scientifiques, elle gagne avec une chanson. C’est idiot, évidemment. C’est aussi parfaitement logique. Mars Attacks! reste ainsi une formidable machine à dégonfler les certitudes, un film culte qui préfère le rire à la solennité et qui, trente ans après, continue de regarder notre besoin maladif de tout contrôler avec deux grands yeux extraterrestres et un sourire plein de dents.

Le coffret Blu-ray 4K Ultra HD – Édition Collector

[5/5]

Mars Attacks! avait déjà tout du candidat idéal pour une édition Collector complètement excessive, et Warner Bros. semble avoir pris la chose très au sérieux. Cette Édition Collector Limitée Blu-ray 4K Ultra HD 30ème Anniversaire nous arrive dans un étui rigide particulièrement réussi, suffisamment imposant pour donner immédiatement l’impression qu’une petite délégation martienne vient de déposer un colis devant la porte. À l’intérieur, le SteelBook est accompagné d’un fourreau transparent imprimé qui constitue probablement l’une des idées les plus amusantes de l’ensemble : Lisa Marie apparaît sous son apparence humaine sur le fourreau, tandis que son véritable visage martien se révèle lorsque celui-ci est retiré. Le procédé colle donc directement à l’un des meilleurs gags visuels de Mars Attacks!, et transforme un simple emballage en petit objet ludique. Le SteelBook lui-même reprend l’imagerie du film avec une générosité graphique qui lui va comme un cerveau énorme sous un casque spatial. Mais Warner Bros. ne s’arrête pas là : la pochette de goodies ajoute deux posters recto/verso au format A3 ainsi que dix cartes recto/verso de 16,7 x 13,2 cm reproduisant photographies du film, images de tournage et visuels promotionnels. Le résultat donne réellement l’impression d’une petite boîte à souvenirs consacrée à l’univers du film plutôt que d’un simple emballage destiné à protéger deux disques. C’est exactement le genre de soin qui fait plaisir à voir pour un anniversaire de ce calibre.

Et une fois le coffret ouvert, le disque Blu-ray 4K Ultra HD apporte enfin à Mars Attacks! le traitement technique qu’il méritait. La restauration 4K, proposée en HDR10 et Dolby Vision, offre une image 2160p au piqué sensiblement supérieur à celui du précédent Blu-ray. Les détails des décors, des costumes, des maquillages, des maquettes et des effets visuels gagnent considérablement en précision, tandis que le grain argentique reste présent sans donner l’impression d’avoir été passé au papier de verre numérique. Surtout, le HDR respecte la folie chromatique du film sans transformer chaque couleur en néon sous caféine. Les verts martiens, les rouges des costumes, les bleus des décors et les lumières de Las Vegas retrouvent une profondeur et une intensité remarquables, tandis que les noirs se montrent suffisamment denses pour donner du relief aux scènes nocturnes. Les effets visuels des années 1990 affichent évidemment leur âge, mais c’est presque une bonne nouvelle : le transfert ne cherche pas à cacher les coutures de Mars Attacks!, il permet simplement de les voir avec davantage de précision. Côté son, la piste française Dolby Digital 5.1 conserve une belle efficacité, une bonne intelligibilité des dialogues et une spatialisation très convaincante. Face à elle, l’éditeur nous propose un nouveau mixage de la version originale en Dolby Atmos, qui apporte naturellement une ampleur supplémentaire avec ses canaux verticaux. Les tirs martiens, les explosions, les vrombissements des soucoupes, les mouvements d’appareils militaires et les foules paniquées bénéficient d’une circulation particulièrement spectaculaire dans l’espace sonore, tandis que la partition de Danny Elfman profite d’une assise remarquable. La VF reste donc parfaitement agréable pour une séance confortable et dynamique, quand la VO Dolby Atmos pousse simplement plus loin l’immersion et la démonstration home cinéma. Pour un film qui passe une bonne partie de son existence à désintégrer des bâtiments, Warner Bros avait intérêt à ne pas faire les choses à moitié : mission accomplie.

La partie consacrée aux suppléments de Mars Attacks! est en revanche beaucoup plus modeste, même si les deux modules proposés ont le mérite d’être entièrement nouveaux et directement consacrés à la fabrication du film. On commencera avec un court making of rétrospectif (7 minutes) réunissant plusieurs membres importants de l’équipe : Jonathan Gems revient sur l’écriture, Chris Lebenzon sur le montage, Peter Suschitzky sur la photographie, Michael Fink, Patrick Sweeney et David Andrews sur les effets visuels et les prises de vues miniatures. Le module mélange témoignages contemporains et quelques images de tournage, permettant de remettre en perspective la fabrication de ce gigantesque bazar cinématographique. C’est court, parfois forcément synthétique, mais suffisamment dense pour rappeler que derrière les cerveaux martiens et les explosions rouges se cachait une mécanique de production particulièrement complexe. Le second module consacré à l’esthétique du film (11 minutes) va davantage s’intéresser au cœur visuel de Mars Attacks!, en donnant la parole à Mark S. Miller, Wynn Thomas, James Mitchell et Randy Thom, auxquels viennent s’ajouter plusieurs intervenants déjà présents dans le premier module. Production design, effets visuels, accessoires, trucages et conception sonore sont ici davantage développés, avec notamment quelques aperçus de props originaux. Le supplément permet surtout de comprendre comment Tim Burton et son équipe ont réussi à faire cohabiter une esthétique volontairement rétro avec les technologies numériques encore relativement jeunes de l’époque. Le paradoxe est amusant : Mars Attacks! se moque des vieux films de science-fiction à effets approximatifs tout en utilisant lui-même des techniques qui, trente ans plus tard, portent les rides numériques de leur époque. Si Warner Bros aurait pu envoyer davantage de soucoupes dans la section bonus, le coffret compense largement cette relative parcimonie par son packaging absolument superbe et par un Blu-ray 4K Ultra HD qui constitue, techniquement, une très belle mise à niveau pour le film de Tim Burton. Indispensable !

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